Parentis : feria de San Bertomiu 2008
Samedi 9 août :
Novillada de Pablo Mayoral d’origine Santa Coloma
pour Alberto Lamelas,
Francisco Pajares qui remplaçait « El Payo » blessé
et Juan Luis Rodriguez (une oreille).
Les novillos de Pablo Mayoral, trois légers et trois mieux présentés, faibles dans l’ensemble, ont effectué, en chargeant de loin, treize rencontres avec les chevaux ce qui correspondait en réalité à six piques. Ils ont confirmé les craintes déjà formulées après la novillada de juillet à Beaucaire.
Alberto Lamelas a décroché deux contrats à Parentis cette année sur la base de son excellente prestation de l’an dernier. Il a choisi un répertoire tremendista que l’on peut qualifier de mauvaise copie de Juan José Padilla, si cela est encore possible….
Il a reçu ses deux novillos a porta gayola avant une larga à genoux et des tercios de banderilles engagés dont un quiebro au centre de la piste (…). Rien de bien notable à la muleta au premier qu’il tue d’une demi-lame, et deux séries de derechazos au quatrième, noble, terminées par un bajonazo. La présidence a justement refusé l’oreille de ce dernier novillo malgré la pétition d’un public festif.
Francisco Pajares sert trois véroniques de bonne facture au deuxième de la tarde qui était noble mais très faible, et ne peut faire qu’une courte faena d’infirmier conclue par une estocade a recibir dans le coin. Arrastre copieusement sifflé. Au cinquième, bien présenté et qui donnait de la tête, il servit une faena classique et sobre achevée par trois pinchazos et une demi-lame dans l’épaule en entendant sonner un avis.
Juan Luis Rodriguez ne peut briller au troisième, faible, si ce n’est un pour quite par demi-véroniques, et quelques derechazos au centre de la piste avant de tuer le novillo d’un pinchazo et de plusieurs descabellos. Un avis.
Le sixième, de trapío et haut, noble, permet à Rodriguez une faena classique essentiellement droitière qu’il conclut d’une estocade entière contraire en se jetant de manière spectaculaire. Une oreille méritée.
L’alguazil Robert Soldeville, 82 ans, qui fait sa despedida cette année, a été accroché et piétiné par l’arrastre du dernier novillo devant la porte du patio de caballos et transporté à l’hôpital de Mont de Marsan pour commotions à la tête, heureusement sans gravité.
Le prix au meilleur picador est attribué au 4ème de la tarde, de la cuadrilla d’Alberto Lamelas.
Mañana sera otro día ! Et il le fut !
Dimanche 10 août : grande novillada de Raso de Portillo
pour Alberto Lamelas, José Carlos Venegas et Carlos Guzman.
Les novillos du Raso de Portillo, élevage historique remontant au XIIIème et rafraîchi ces dernières années par du Santa Coloma de Dionisio Rodriguez, n’ont pas manqué leur retour à Parentis après la découverte de l’an dernier. Ils prirent quatorze piques, la plupart mises en suerte de loin et en poussant violemment le cheval parfois jusqu’aux tablas, en mettant les reins (contrairement à ce qu’a dit un cyber-journaliste) et gardèrent la bouche fermée jusqu’au 3ème tiers. Par leur caste et leur mobilité, ils dominèrent largement les trois novilleros ainsi que leurs cuadrillas respectives. A noter que tous les picadors ont joué le jeu.
Le premier qui a du trapío est accueilli par Alberto Lamelas en deux belles véroniques sur la corne droite. Il prit trois rencontres dont la première, une grande pique en poussant longuement. A noter le refus justifié de changement de tercio après la deuxième. Du tercio de banderilles de Lamelas on retiendra un quiebro aux planches. Le novillo domine largement le torero au troisième tiers qui s’achève par un pinchazo bas.
Le deuxième présente du trapío et un morrillo proéminent. Il vient de loin à la première pique mais le picador le rate, puis il prend une pique longue en mettant les reins et une troisième de laquelle il sort seul. D’une façon générale, J.C. Venegas et surtout sa cuadrilla se méfiant de ce novillo, comme du cinquième d’ailleurs, feront le service minimum. Une demi-estocade et un descabello déclenchent une bronca pour le novillero et de forts applaudissements à l’arrastre.
Le troisième, brocho de cornes et d’un beau trapío, prend trois rencontres, la première pique, bonne, la deuxième ratée et la troisième mal donnée.
Carlos Guzman commence par une série de passes très basses du meilleur goût. Comprenant que le novillo a une bonne corne gauche, il dessine deux séries de naturelles en tirant bien la main, puis les coups de tête verticaux du novillo conduisent rapidement à une estocade verticale, au son d’un avis et d’une nouvelle épée hors jeu.
Le quatrième, de trapío et brochito surprend par une sortie mansote et quelque peu freinée – véroniques de Lamelas près des planches -, puis il s’avère le meilleur novillo de la tarde. Il prit avec alegria, quatre rencontres dont deux grandes premières piques, en renversant la pièce montée, poussa très fort à la troisième et dans une dernière en chargeant de loin alors que la présidence avait demandé le régatón.
Deux belles paires de banderilles de Lamelas avant un incompréhensible quiebro au centre de la piste, qui lui vaut une volterera, un puntazo de 10 cm dans le genou et un traumatisme claviculaire. Lamelas blessé est forcément débordé par le novillo qui exprime sa caste par des charges longues, et il conclut difficilement d’une estocade entière dans le coin. Alors qu’il est évacué vers l’hôpital de La Teste, le novillo est honoré d’une vuelta posthume bien méritée.
Le cinquième, lourd, au pelage châtain et aux yeux de perdrix, appartient au deuxième fer de la ganaderia, « El Quinon ». J.C. Venegas lui sert deux véroniques bien "templées". Le fauve prend trois piques spectaculaires en soulevant la cavalerie chaque fois. Venegas ne sachant pas comment l’aborder, se contente d’un toreo sobre (…) et malmené parachevé par une demi-lame efficace. Arrastre fortement applaudi.
Le sixième est une estampe de novillo (toro ?) au poil châtain. Il prend une longue première pique, soulevant le cheval qu’il renverse de manière spectaculaire et blesse au cou. Ce dernier est remplacé sans effet car le novillo avait fléchi et la sonnerie retenti. Carlos Guzman est promené par l’exemplaire du Raso de Portillo qui avait vite récupéré et qui le bouscule, lui infligeant un accrochage à la pommette. La fin est laborieuse pour une demi-lame delantera et un avis.
Le jury attribue le prix du meilleur picador à l’ensemble des six cavaliers pour leur courage devant ces novillos "encastés" et mobiles.
Grande tarde pour conclure cette feria 2008 de Parentis en Born qui reste une étape incontournable pour les aficionados aimant le toro-toro, le respect du règlement taurin et la participation active des présidences.
Bravo à l’Association des Aficionados de Parentis et à l’année prochaine !
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