LES
TOROS d'ESCOLAR GIL ILLUMINENT LA TARDE
La clôture de la féria de Vic a été particulièrement réussie en raison de la très
forte présence des toros d'Escolar Gil, très typés, dans l'ensemble braves,
puissants, encastés ; ils prirent quinze piques, certaines bien mauvaises ; leur
noblesse rugueuse exigeait des toreros lidiadores confirmés ce qui dans l'ensemble
fut le cas même s'il y eût peu de trophées en raison d'échecs à l'épée. El
Fundi a de nouveau montré son talent et son dominio. A son premier qui serrait
à gauche, il réalisa une faena dominatrice, d'abord sur la droite, puis à gauche
en arrachant les passes. Ensuite il reprit la main droite. Il fit preuve de toute
sa maestria à la muleta mais à l'épée un mete y saca et une demie-lame, le tout
achevé d'un descabello ne lui permirent que de saluer aux tercios. Son second,
plus difficile encore, chargeant pattes en avant et donnant des coups de tête,
El Fundi le conduit au centre en le toréant la main basse, puis effectue un travail
de domination remarquable en améliorant la charge du bicho sur le côté droit par
des redondos . Une tentative à gauche se solde par un échec du fait de l'animal,
le torero le reprend à droite. Une fois de plus l'épée compromet le succès, plusieurs
lames ne parviennent pas à coucher le toro qui meurt debout. Le Fundi sera récompensé
d'un salut aux tercios. Sergio
Aguilar eut un premier adversaire très brave lors de deux piques très poussées.
Aux banderilles il coupe des deux côtés et sème le désordre dans l'arène. Le toro
récupère et Sergio le conduit au centre puis le torée sur la droite, les passes
étant souvent accrochées ; le toro se retourne violemment et a tendance à prendre
le dessus ; le torero l'entreprend à gauche par des séries risquées et méritoires
qui finissent par prolonger la charge du toro ; plusieurs épées, certaines ratées
gâchent son succès. Deux avis ne privent pas Aguilar d'une vuelta après que la
dépouille de son coriace adversaire ait été applaudie. C'est à son second adversaire
qu'Aguilar a connu sa plus grande réussite ; l'animal serre à droite et prend
deux piques poussées, la seconde carioquée. Aux banderilles c'est la déroute des
péons. Aguilar prend en main son adversaire en le conduisant au centre par
des passes basses ; la faena débute à gauche dans des séries calmes à mi-hauteur
en dépît des coups de tête du toro. Une tentative sur la droite conduit à un accrochage
sans conséquences. Aguilar porte une grande estocade d'effet lent suivie de deux
descabellos ; un avis, et le toro meurt debout. Une oreille. Fernando
Cruz reçut à la cape son premier adversaire avec style, qui prit trois piques
sans trop pousser administrées de bien mauvaise façon. La faena débute par doblones
vers le centre ; ce sont ensuite des séries à droite de qualité, le toro venant
bien ; et sur la gauche c'est différent et le travail est sans réussite ; aussi
Cruz reprend la main droite. Le combat s'achève par deux pinchazos, une entière
tombée et un avis.Cruz salue depuis les tiers. Son dernier adversaire, de charge
courte se retourne vite ; il pousse fort dans trois piques et se rend maître de
l'arène aux banderilles. Menacé d'être débordé, Fernando
Cruz, avec beaucoup de courage, fait face à droite à un adversaire encasté qui
ne pardonne rien et cheche à se rendre maître du ruedo. Le torero affronte la
difficulté sans céder, même si à gauche il n'a pas de réussite. Rapidement le
toro est décomposé et Fernando Cruz a du mal à l'occire ; un pinchazo, une demie
lame et une entière tombée avec un avis mettent fin à la tarde. Belle
occasion pour fêter la culture taurine que cette course, la plus réussie de la
féria de Vic, avec un lot de toros bien dans la tradition locale qui a obtenu
le prix de la meilleure corrida. Elle s'acheva par une vuelta du mayoral d'Escalar
Gil. Avant le début de
la course une grande toile de l'Observatoire des Cultures Taurines avait été présentée
dans l'arène par six jeunes de moins de seize ans tandis que le public chantait
"Se canto que canto ..."

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