Lundi 12 mai, corrida d'Escolar Gil

LES TOROS d'ESCOLAR GIL ILLUMINENT LA TARDE

La clôture de la féria de Vic a été particulièrement réussie en raison de la très forte présence des toros d'Escolar Gil, très typés, dans l'ensemble braves, puissants, encastés ; ils prirent quinze piques, certaines bien mauvaises ; leur noblesse rugueuse exigeait des toreros lidiadores confirmés ce qui dans l'ensemble fut le cas même s'il y eût peu de trophées en raison d'échecs à l'épée.

El Fundi a de nouveau montré son talent et son dominio. A son premier qui serrait à gauche, il réalisa une faena dominatrice, d'abord sur la droite, puis à gauche en arrachant les passes. Ensuite il reprit la main droite. Il fit preuve de toute sa maestria à la muleta mais à l'épée un mete y saca et une demie-lame, le tout achevé d'un descabello ne lui permirent que de saluer aux tercios.
Son second, plus difficile encore, chargeant pattes en avant et donnant des coups de tête, El Fundi le conduit au centre en le toréant la main basse, puis effectue un travail de domination remarquable en améliorant la charge du bicho sur le côté droit par des redondos . Une tentative à gauche se solde par un échec du fait de l'animal, le torero le reprend à droite. Une fois de plus l'épée compromet le succès, plusieurs lames ne parviennent pas à coucher le toro qui meurt debout. Le Fundi sera récompensé d'un salut aux tercios.

Sergio Aguilar eut un premier adversaire très brave lors de deux piques très poussées. Aux banderilles il coupe des deux côtés et sème le désordre dans l'arène. Le toro récupère et Sergio le conduit au centre puis le torée sur la droite, les passes étant souvent accrochées ; le toro se retourne violemment et a tendance à prendre le dessus ; le torero l'entreprend à gauche par des séries risquées et méritoires qui finissent par prolonger la charge du toro ; plusieurs épées, certaines ratées gâchent son succès. Deux avis ne privent pas Aguilar d'une vuelta après que la dépouille de son coriace adversaire ait été applaudie.
C'est à son second adversaire qu'Aguilar a connu sa plus grande réussite ; l'animal serre à droite et prend deux piques poussées, la seconde carioquée. Aux banderilles c'est la déroute des péons.
Aguilar prend en main son adversaire en le conduisant au centre par des passes basses ; la faena débute à gauche dans des séries calmes à mi-hauteur en dépît des coups de tête du toro. Une tentative sur la droite conduit à un accrochage sans conséquences. Aguilar porte une grande estocade d'effet lent suivie de deux descabellos ; un avis, et le toro meurt debout. Une oreille.

Fernando Cruz reçut à la cape son premier adversaire avec style, qui prit trois piques sans trop pousser administrées de bien mauvaise façon. La faena débute par doblones vers le centre ; ce sont ensuite des séries à droite de qualité, le toro venant bien ; et sur la gauche c'est différent et le travail est sans réussite ; aussi Cruz reprend la main droite. Le combat s'achève par deux pinchazos, une entière tombée et un avis.Cruz salue depuis les tiers.
Son dernier adversaire, de charge courte se retourne vite ; il pousse fort dans trois piques et se rend maître de l'arène aux banderilles. Menacé d'être débordé, Fernando Cruz, avec beaucoup de courage, fait face à droite à un adversaire encasté qui ne pardonne rien et cheche à se rendre maître du ruedo. Le torero affronte la difficulté sans céder, même si à gauche il n'a pas de réussite. Rapidement le toro est décomposé et Fernando Cruz a du mal à l'occire ; un pinchazo, une demie lame et une entière tombée avec un avis mettent fin à la tarde.

Belle occasion pour fêter la culture taurine que cette course, la plus réussie de la féria de Vic, avec un lot de toros bien dans la tradition locale qui a obtenu le prix de la meilleure corrida. Elle s'acheva par une vuelta du mayoral d'Escalar Gil.

Avant le début de la course une grande toile de l'Observatoire des Cultures Taurines avait été présentée dans l'arène par six jeunes de moins de seize ans tandis que le public chantait "Se canto que canto ..."