La
feria s'est terminée en " Céret " majeur ! Le
mano a mano étant annulé en raison de la malencontreuse blessure du Fundi à Pamplona,
ce fut une corrida classique. Longs
comme des trains, hauts sur pattes, les cornes aiguës grattant le ciel, les toros
d'Escolar Gil avaient été soigneusement tenus à l'écart des regards (floue,
en noir et blanc, la vidéo ne disait pas grand-chose…), comme si leur présentation
risquait de dévaloriser les autre lots. Mais la " toréabilité " de Vic et d'Istres
n'était guère au rendez-vous : les 4 premiers ne faisaient aucun cadeau, c'est
le moins qu'on puisse dire, et les toreros en ont bavé. Évidemment, il s'est
trouvé 2 ou 3 grincheux pour réclamer tel ou tel changement parce que le toro
avait une patte qui traînait un peu à la sortie : les toreros auraient sans doute
donné cher pour que ça dure, mais non ! Esplá,
très à l'aise physiquement à la différence de l'an dernier, nous a gratifiés d'une
première faena à l'ancienne : tout sur les jambes, la sortie donnée par le haut,
et vite à la queue en fin de passe en donnant du sitio pour plier le toro ; ce
n'étaient pas les douces effluves artistiques du Guadalquivir, mais quel combat
et quelle maîtrise ! Le public, habitué à une autre tauromachie, n'a pas semblé
goûter la performance à son juste niveau. Son
second était moins dur, il y eut quelques passes " modernes ", mais combat intense
d'un bout à l'autre. Public tout acquis au maestro et vraiment " cariñoso
", depuis le paseillo jusqu'à la sortie. Sergio
Aguilar arrivait auréolé de sa prestation vicoise. Il a montré à son premier
une aisance en piste et une autorité rares qui portaient immédiatement sur le
public, et à juste titre. Pourquoi son très bon, brave, " mais " très encasté,
second l'a-t-il fait douter à ce point ? Il n'est plus arrivé à lui trouver le
sitio après la 2e série de muleta, et cela s'est soldé par une multitude d'accrochages
de muleta qui, évidemment, n'arrangeaient pas les affaires. Dommage… La vuelta
au toro s'imposait-elle ? C'était un bon toro, mais pas un toro exceptionnel ;
à moins que la maladresse d'Aguilar ne l'ait empêché de s'exprimer vraiment après
les piques. David Mora,
lui, avait séduit la veille devant le seul Hernández Pla toréable. Après avoir
très honnêtement combattu son premier, aussi dangereux que ses frères, il a eu
la chance de tomber sur " le " toro du jour, doté d'une belle charge. Et il a
confirmé la qualité de son engagement comme de son toreo. Pourquoi diable le président
a-t-il tant rechigné à donner une oreille ?
Ah ! Tous les toros ont pris 3 vraies piques, quand ce n'était pas 4 ; 2 ou 3
ont poussé en braves, tête fixe et en bas. Si le saltillo était naturellement
plus puissant, on aurait vu des chutes monumentales. On a même vu un picador (allez
! deux…) piquer honnêtement. Et il serait injuste de ne pas signaler les 2
grandes paires de banderilles, aussi parfaites que périlleuses, de Chano,
invité à juste titre à saluer. Salut
du ganadero, et du mayoral. Les
3 maestros sont sortis sous les ovations, les areneros faisant la haie d'honneur
à Esplá pour ce qui était, probablement sa dernière corrida à Céret. Public
moulu, et ravi. |