Regard circulaire d'un Biterrois sur sa feria

Une histoire de toros

Depuis longtemps, les cartels annoncés pour BEZIERS n’avaient parus aux aficionados, aussi sympathiques et les gradins des arènes déjà copieusement garnis eurent à supporter le poids de cette attente.
Hélas, encore une fois dans leur immense majorité, les toros n’ont pas servis.

Bien sûr, il y a eu le vent, ce fameux moral du toro qui ne prend aucune forme visible, il y a eu, je ne sais quoi encore pour justifier un bémol où il n’a pas sa place tant la partition a sonné faux, côté bétail.

Le jeudi 14 août,
les toros d’El Pilar sans force n’ont pas permis le triomphe escompté :

EL JULI n’a eu aucun geste capable de tirer le meilleur possible de ses deux exemplaires.

MANZANARES a sauvé son après-midi avec deux belles séries templées et dominatrices à son deuxième.

PERERA le plus décidé à faire montre de son talent, a réellement construit deux faenas de qualité, malheureux à la mort. Il sort a hombros avec les deux oreilles de son second.

Le vendredi 15 août
portait la même espérance, avec CASTELLA décidé à mettre le feu aux arènes et TALAVENTE qui se présentait pour la première fois à BEZIERS dans un cartel de haut niveau. Les MARQUES de DOMECQ ont eu la même pâleur que leurs congénères de la veille.

SEBASTIEN CASTELLA ne doit son salut d’avoir pu honorer ses intentions qu’à la pression mise sur la présidence pour obtenir le remplacement de son deuxième toro (tout aussi chaotique que son premier) au troisième tiers (excusez du peu !), accusé à raison d’un handicap sur l’une des pattes arrière. Son sobrero, meilleur de l’après midi, lui a permis par une excellente faena de montrer l’étendue de sa maîtrise : deux oreilles méritées.

ENRIQUE PONCE n’a pas voulu voir son premier, pâle et compliqué qui a été rapidement exécuté. A son second, il doit ses deux oreilles d’avoir déployé une tauromachie thérapeutique dont lui seul a le secret et qui a produit une étonnante efficacité devant une exemplaire frôlant l’invalidité morale : une seule oreille aurait suffit à cet exploit.

ALEJANDRO TALAVENTE a été appliqué, rigoureux avec ses deux exemplaires moins timorés que les autres. Lidia sans reproche, mais la mort à son premier et un public peu convaincu de l’efficacité de son toreo, ne lui ont pas donné la récompense qu’il méritait.
Ce garçon s’applique à corriger cette tauromachie de la verticalité et d’un sitio raccourci à l’extrême de ses débuts et est effectivement en recherche d’un recentrage plus classique. Ceci pouvait expliquer les questions silencieuses que le public s’est posées.

Le samedi 16 août : corrida mixte

Diego VENTURA débute avec des toros venus on ne sait d’où et qui n’étaient pas particulièrement vaillants. Spectacle affligeant d’un cavalier qui n’a eu qu’un seul moyen pour montrer ses qualités et celle de ses chevaux, que de toréer le public qui d’ailleurs, s’en est réjoui au point de réclamer deux oreilles complaisamment accordées.
Que faisait-on dans ces arènes !
Mais, il fallait boire le vin jusqu’à la lie.

EL FANDI recruté pour sa maestria aux banderilles, nous a montré de solides jambes, mais la plupart des harpons ont été posés effectivement hors des cornes. Nous l’avons vu à la dérive, muleta en main à son deuxième VALDEFRESNO plus avisé  qu’au mièvre premier et qui pourtant n’était pas à la hauteur de sa réputation.

CESAR JIMENEZ a hérité d’un lot dans la même tonalité et n’a pas emporté l’adhésion massive du public, avec une faena trop déhanchée et profilée qui s’éloigne de la douce tauromachie qui lui était familière.

Ces VALDEFRESNO 2008 n’ont décidément pas été aussi flamboyants que ceux des années passées. A méditer !!!!!!! pour un éventuel renouvellement.

Le dimanche 17 août :
Les MIURA sont à nouveau présents et le public s’est déplacé en nombre pour les revoir.
A l’exception du troisième plus doux, leur comportement s’est avéré être celui que l’on attendait, fidèle à leur réputation, mais peu enclin à bousculer la cavalerie. Le sixième  le plus avisé de tous.

EL FUNDI qui a expédié son premier, qu’il a banderillé avec PADILLA, a réalisé à son second une lidia bien conduite avec aguante et autorité. Il a laissé à ses subalternes le soin des banderilles

JUAN JOSE PADILLA a été égal à lui-même mariant astucieusement maîtrise des opérations et clin d’œil au public. Il était à sa place dans ce cartel.

JAVIER VALVERDE a hérité du sixième qui lui a donné des sueurs. Mais il a été à la hauteur du combat que lui a imposé cet adversaire. Quant à son premier, le troisième de l’après-midi, il s’est avéré presque noble ! et ne lui a posé aucun problème particulier.

 

Nous sommes tous conscients de l’alchimie particulière qu’il faut maîtriser pour composer quatre plateaux de feria et des efforts développés par l’empressa, pour réussir l’impossible mayonnaise taurine.
Mais en est-on pour autant réduit à cette alternative : des toreros ou des toros ?
Le constat réaliste et désabusé est que quel que soit l’alternative, les arènes se remplissent……
Où est l’erreur ?