Dimanche 14 septembre, novillada de José Luis Marca

Dimanche 11 h : temps ensoleillé, un peu de vent, 1/3 d'arènes.

6 novillos de José Luis La Marca en remplacement des La Martellila initialement prévus.
Tous petitement armés ( cornicortos et brochos), les deux premiers laids et gras. L’ensemble du lot est très faible ( invalides les 2°, 5°) Seul le quatrième prend une deuxième pique à peine marquée, les autres une seule, au milieu du dos ou dans l’épaule ( le 5°) sans jamais pousser et sortant souvent seuls. Ils chargent de loin et humilient sans vices (excepté le 4°)

Marco Leal accueille correctement son premier dans sa cape volontaire, sur les deux cornes en gagnant le centre. Après une pique sans classe le novillo est banderillé par Marco exclusivement sur la corne droite. A la muleta il enchaînera quelques passes profondes en donnant la distance mais la faiblesse de son adversaire ne lui permettra pas d’atteindre des sommets. Il abandonne la corne gauche. Le novillo s’avère difficile à cadrer car il recule sans cesse, tout le contraire de l’arlésien qui s’élance pour une superbe estocade portée jusqu’à la garde.
Jean Louis Bianco présent en barrera et le public apprécient : 1 oreille.

Il accueille son second toujours dans son style puissant et volontaire avec des mises en suerte variées pour deux rencontres au cheval. Il exécute un meilleur tercio de banderilles qu’à son premier, mais toujours exclusivement sur la corne droite. Le novillo ayant un petit défaut de tête et le vent un peu gênant à cet instant lui compliquent la tâche : muleta souvent accrochée. Il réalise néanmoins une faena dominatrice sur un petit terrain. 1 entière engagé un peu basse mais efficace libère l’oreille « locale ».

Miguel Tendero temple bien à la cape. La faiblesse du novillo n’autorise qu’un minimum syndical lors des deux premiers tiers : 1 pique et 2 paires de banderilles. Au milieu des chutes de l’animal, le jeune espagnol montre une technique élégante à la muleta avec de beaux changements de mains. Il éternise inutilement la faena et après une épée entière contraire d’effet rapide il est invité à faire une vuelta fêtée.

Il reçoit joliment son deuxième adversaire de presque quatre ans avec des véroniques en tablier. Comme à son premier, simulacres des deux premiers tiers, puis de bonnes séries en donnant la distance, main basse et en se croisant font oublier l’invalidité de son adversaire. Il prolonge inutilement son travail mais après 1 pinchazo et une ½ de travers obtient une oreille.

Tomasito,  dix-huit ans, marche tête nue lors du passeillo: il se présente à Arles en novillada piquée. Son premier adversaire est sans doute le moins faible du lot et possède une grande noblesse : il part de loin, met bien le tête, charge allègrement et répète avec envie.
Le jeune homme ne laisse pas passer l’occasion de profiter d’un tel novillo. Très belles véroniques allurées au premier tiers, faena en donnant la distance, en templant et avec une élégance inspirée. Certes les passes sont souvent profilées…mais quelle allure ! Le garçon au visage « manoletesque » a une personnalité indéniable. Hélas il est incapable de tuer : trois avis après 2 pinchazos, 1 demie-lame et 11 descabellos. Le public pas méchant lui autorise même une salut au tiers. Pourquoi pas quand on sait que cette année une « figura » a coupé une oreille après avoir entendu les trois avis !

Il se fait désarmer à la cape par son second. Il débute à la muleta au centre de l’arène avec deux cambiadas. Première série à droite en allongeant bien, beau changement de main par devant. Série à gauche en citant de loin. Puis séries sur les deux cornes, enchaînées, relâchées et ponctuées de pechos profonds. Fin par des statuaires hiératiques, une naturelle et un pecho templés. Bref du bel ouvrage qui se gâte à la mort : 1 pinchazo à recibir, 3 pinchazos, ¼ de lame, 1er avis, ½ lame contraire et verticale, 2ème avis, l’animal s’écroulant enfin. Salut au 1/3.

En résumé : noble mais pitoyable bétail, jeunes combattants qui ont chacun leur personnalité sont à revoir face à des combattants plus « dignes ».