Dimanche 17 h, temps ensoleillé, du vent, 1/2 arène.
Mr Gérald Mas préside la course, assisté de Mrs Varbédian et Juan.
Corrida concours avec par ordre de sortie :
Un Murube, n°8, 550 Kg, né en septembre 03, negro bagado. Bien fait, haut, tête forte, morrillo prononcé, cou court dans le type de l’encaste. Son armure va s’écorner dans le combat. Difficile à fixer.
1ère pique : part de loin, pousse bien, piqué au milieu du dos, tombe en sortant.
2ème : part de loin, pousse toujours, piqué au milieu du dos.
3ème : part avec moins d’envie, piqué au milieu du dos puis repris, se défend sur place.
Trois paires de banderilles sur la corne droite. Il n’a pas de longues charges, humilie peu et possède une corne gauche peu franche. Applaudi à l’arrastre.
Luis Francisco Esplá, rouge et or, finit par capter le Murube dans sa cape et réalise une bonne mise en suerte à la deuxième pique.
Il est facile aux banderilles.
A la muleta, petit round d’observation qui confirme que l’animal est difficile à gauche. Esplá se contente du minimum et va rapidement chercher l’épée de mort.
Il délivre une estocade entière, delantera et tendue, suivie d’un descabello au troisième essai. Quelques applaudissements.
Un Miura, n°9, 620 Kg, né en février 04. Bel exemplaire colorado retinto, listón, applaudi à sa sortie, aux cornes astifinas qui le resteront jusqu’à la fin malgré de nombreux remates avec destructions de planches !
1ère pique : part bien, pousse bien restant collé et actif au peto, piqué correctement.
2ème : part en marchant, pousse avec conviction, piqué correctement.
3ème : hésite longtemps, finit par s’élancer, met la tête et pousse, piqué un peu en arrière.
Charge peu franche et tendance à couper le terrain aux banderilles.
Sans défaut de tête au dernier tiers, part bien au début mais sa charge se raccourcie. Meurt debout aux planches.
Javier Valverde, rouge et or, muleta en main, débute à droite avec classicisme. Le miura met bien la tête mais aura tendance à raccourcir sa charge. Le gabarit est important et le berceau large, il est difficile de tirer le bras. Le matador s’auto encourage de la voix, essaie à gauche de manière peu convaincante.
Estocade entière, un peu tendue, longue à faire effet . Le miura agonise avec caste.
3 descabellos loupés avant que l’animal ne chute spontanément.
Il est très applaudi à l’arrasre.
Un La Quinta, n°11, 560 Kg, né en février 04, noir, bragado meano. Bien présenté, l’animal est un peu gras et lourd pour l’encaste.
1ère pique : part bien, pousse , piqué au milieu du dos, il met en difficulté le piquero qui ne semble pas habitué à monter une cheval en mouvement, ce dernier continue seul la lidia.
2ème : part bien, pousse moins, piqué façon marteau piqueur.
3ème : part toujours bien, mais se défend plus qu’il ne pousse, piqué au milieu du dos.
Il se révèle noble à la muleta mais charge sans alegria. Paraît mou. Meurt bouche fermée, applaudi à l’arrastre.
Après que le tercio de banderilles, fort mauvais et fort sifflé, ait été réduit à deux paires par la volonté présidentielle, Sergio Aguilar, bleu et or, entreprend calmement le troisième tiers. Le taureau s’avère court de charge et manque de vivacité. Sergio fait bien ce qu’il faut, il torée de près, se croise et « aguante ». Ainsi, il dessine d’excellentes naturelles en tirant bien la main.
Belles Manoletinas avant un pinchazo porté avec foi suivi d’une entière. Une oreille
Un Victorino Martin, n°3, 500 Kg, né en décembre 03, à la belle robe cárdena. Superbe estampe de Victorino aux proportions exemplaires, avec de splendides cornes veletos. Applaudi à la sortie du toril. Il charge fort.
1ère pique : échappé de la cape d’Espla, pousse bien, ne sort pas seul.
2ème : toujours difficile à fixer il part seul, pousse moins.
3ème : part bien, avec envie mais ne pousse plus.
4ème : part de loin, se défend en poussant un peu.
Se confie peu aux banderilles. Il possède du jus à la muleta, avec un bon galop. Se retourne vite à droite, il est plus « suave » à gauche. Meurt bouche fermée, applaudi à l’arrastre.
Luis Francisco Esplá a entamé à la véronique. Ses mises en suerte à la pique n’ont pas été à la hauteur et une certaine pagaille a régné dans la cuadrilla. Il lui laisse pourtant le soin de banderiller à la sauvette.
Mais ensuite, montera vissée sur la tête, il réalise, mi sérieux, mi comédien, un troisième tiers où nous retrouvons l’Esplá éternel.
Il allonge des derechazos profilés puis débouche le flacon avec de superbes naturelles « citées » muleta en avant et conduites en chargeant la suerte. Faena courte mais prenante.
Un tiers d’épée, suivi d’une entière qui permet au maestro de faire son numéro. Il écarte ses péons et s’éloigne du taureau qui s’écroule dans son dos.
Une oreille qui sera particulièrement fêtée par un public conquis et complice.
Un Guardiola Fantoni, n°26, 540 Kg, naît en novembre 04. Bien armé, charpenté avec un beau morillo, bien dans le type.
1ère pique : part de loin, galope fort mais dés la rencontre ne pousse plus.
2ème : hésite un moment puis part comme un boulet de canon mais ne pousse toujours pas.
3ème : après x sollicitations du picador il s’élance comme une brute, ne s’emploie toujours pas sous le fer. Pas de charge aux banderilles. Réservé à la muleta, alerte le matador, se retourne vite. Meurt bouche fermée.
Javier Valverde est discret à la cape.
A la muleta l’animal s’avère très difficile avec un tête chercheuse. Javier essaye d’insister à gauche avec son courage habituel, mais il se fait monter dessus et il prend le parti, avec l’assentiment du public, de conclure rapidement.
Pinchazo, une profonde un peu ida, descabello au premier essai.
Javier est très applaudi par un excellent public.
Un Escolar Gil, n°66, 535 Kg, naît en avril 04. Magnifique animal ensellé, long, tout en muscle. Cornes petites mais bien présentées.
Du punch dans la cape et une charge longue, le toro suit bien.
1ère pique : part bien, très bonne poussée : franche et forte.
2ème : part bien et vite, pousse un peu moins qu’ à la première.
3ème : part de loin et pousse fort.
Au dernier tiers il baisse bien la tête sur les deux cornes, charge avec envie. Il devient un peu tardo suite à un néfaste allongement de faena…Meurt bouche fermé. Applaudi à l’arrastre.
Sergio Aguilar, après un tercio de banderilles encore raccourci à deux paires, prend la muleta et donne quelques passes de tanteo. L’animal s’y montre noble mais vif comme un bon albaserada. Sergio fait une démonstration d’impavidité, d’aguante et de classe, C’est très bien à droite, c’est encore mieux à gauche. Seul petit reproche, pris par le jeu il prolonge un peu trop, péché moderne, une faena qui était déjà magnifiquement faite et l’animal tend à se réserver.
Une épée entière en bonne place, une oreille.
Les corrida concours se suivent mais ne se ressemblent pas. Celle de l’année dernière, à la même époque à Arles, avait été catastrophique avec trois des taureaux remplacés par des sobreros peu reluisants alors que le demeurant s’avérait du même tonneau.
Est-ce que ce mauvais souvenir à détourné trop d’aficionados de revenir cette année ?
Ces absents ont eu grand tort car tous les taureaux ont été intéressants ce qui est assez rare dans une corrida concours.
Toutefois, le Victorino et l’Escolar, tous deux magnifiques, émergèrent du lot. Ils auraient pu se partager le prix.
L’Escolar Gil bénéficia d’une lidia plus soignée et fut mieux présenté aux piques. C’est donc lui qui l’empota fort légitimement.
Le prix du meilleur picador fut attribué à Angel Rivas, monté sur le cheval Icône (Bonijol), pour sa lidia au Miura.
Luis Francisco Espla n’a pas manqué son adieu à Arles et le public lui a réservé une émouvante ovation.
Sergio Aguilar a montré, une fois de plus, qu’il était un très grand torero figurant trop rarement dans les cartels.
Espérons que son superbe triomphe arlésien lui ouvrira désormais de nombreuses portes.