Une belle brochette de jeunes talents français
Cette année encore, la Feria de Béziers proposait ses 2 novilladas non piquées traditionnelles, en matinée. Les espoirs français y avaient la part belle : les résultats ont montré qu’elle n’était pas usurpée.
Vendredi 15, 11 h :
Les 5 novillos étaient de l’empresa : Robert Margé ; d’origine Cebada et Nuñez del Cuvillo, se disait-il. Tous étaient toréables par des apprentis, mais tous présentaient des difficultés à l’exception du dernier qui était un véritable bonbon au miel !
Les trois élèves des écoles espagnoles ont été assez quelconques, même si deux ont laissé percevoir des qualités.
On n’en dira pas autant de Mathieu Guillon, l’élève de Richard Milian. Conseillé de manière extrêmement précise et énergique par son maître, Mathieu s’est battu comme un lion avec le plus difficile et le plus armé du jour, qui en aurait « mis à la rue » plus d’un. Ce novillo demandait du savoir, du pouvoir et du courage : il en a trouvé ; quelques séries ont même été d’excellente qualité. C’est très justement que Mathieu a coupé une oreille.
Que dire de Cayetano Ortiz, de Béziers ? C’est un torero de sensibilité et de sentiment. Avec son novillo noble et doux, il s’est exprimé à merveille, transmettant bien au public cette « musica callada » du toreo… Deux oreilles. C’est très justement que la muleta mise en jeu a été offerte à Mathieu, tandis que le trophée allait à Cayetano : il fallait que ces 2 facettes de la tauromachie trouvent leur récompense et encouragent chacun dans son difficile parcours.
Samedi 16, 11 h :
Les 5 novillos venaient du Sud-Ouest : Jérôme et Paul Bonnet. Ils étaient plus difficiles que la veille et demandaient vraiment du recours, sauf le dernier, heureusement tombé sur le moins expérimenté des novilleros. Le Portugais n’a pas laissé un grand souvenir…
Tomas Cerqueira, de Béziers, faisait chez lui sa dernière non piquée, précédant d’une semaine son passage en piquée à Carcassonne ; son difficile novillo ne lui a pas permis de s’exprimer « a gusto » ni de triompher, comme il l’aurait souhaité. Mais il a montré une belle aisance technique : il semble mûr pour la catégorie supérieure.
Thomas Bournel, de Nimes, commence à avoir une tauromachie aboutie ; malheureusement, il pèche par ses attitudes corporelles qui ne « transmettent » pas : est-il heureux de toréer ? ou d’affirmer sa domination ? ou d’épurer ses gestes ? ou... ? On ne sait pas ! Quel dommage !
Thomas Duffau (autre élève de Richard), lui, respire le bonheur de toréer, et ses progrès techniques sont impressionnants : c’est très justement qu’il remportera le trophée.
Que s’est-il passé dans la tête de Juanito (Juan Leal, un cousin de la tribu torera d’Arles) ? Débutant encore très vert, il a eu la chance de toucher le seul novillo maniable ; sa personnalité n’est pas encore très affirmée, mais il a montré de réelles qualités sur un registre classique : passes bien tirées, liées, templées. Une belle oreille se profilait, mais il est entré a matar tout droit 4 fois , en insistant pour rentrer l’épée qui pinchait. Et 4 fois il a été cueilli, la 1ère fois de façon spectaculaire et dangereuse, sans jamais faire le 3e pas de côté qui permet d’éviter la corne. Quel courage ! Mais il faudra très vite corriger le tir, sous peine de sanctions autrement plus graves que les quelques somptueux hématomes que l’on pouvait deviner… En tout cas, ce n’est pas la volonté qui fera défaut.
Deux à trois mille personnes garnissaient les tendidos. Parmi elles beaucoup d’enfants, de jeunes, de familles. Tout le monde sortait enchanté. Ah ! la belle initiative pour la culture taurine !...
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