Quand le ramage est très inférieur au beau plumage !
Le matin :
Quatre erales de Santafé Martón bien présentées, encastés qui ont dominé, en NSP, les apprentis toreros Thomas Dufau et Adrian de Torres, et un eral de Gallon pour le jeune rejoneador local Thomas Bacqué.
A 18 heures :
Six novillos des Frères Gallon, très bien présentés et encastés sur une mono-pique chacun mais hélas très faibles, pour Juan Belda, Mario Aguilar et Javier Cortés.
Les craintes exprimées par les aficionados sur le poder des pupilles de Gallon, après la novillada de l’an dernier ici-même puis celle de Garlin en avril, ont été hélas pleinement justifiées.
Dans un plaza de tradition torista comme celle de Roquefort, qui a encore présenté une bonne novillada de La Quinta le 29 juin, il est décevant de voir des Gallon qui n’ont pris que six piques, laissant peu de possibilités aux trois toreros obligés de jouer les infirmiers sans pouvoir couper aucun trophée. Mais il faut ajouter aussi que la présidence technique est rentrée dans le « système de la corrida moderne (…) » en n’ayant pas demandé une deuxième rencontre au cheval, même celle-ci devait être légère, et en abrégeant bien souvent le deuxième tiers après la seconde paire de banderilles !
La novillada commence par un hommage au vénérable alguacil Robert Soldeville, blessé à Parentis le samedi avant, et qui fait sa despedida.
Juan Belda reçoit le premier, très noble des deux côtés, par de belles véroniques, et à la muleta donne une série valable de la droite et de la gauche avant de tomber dans un tremendisme vulgaire et de tuer d’une entière haute.
Il conduit au cheval le quatrième, noble extrême qui fléchit dès le capote, par chicuelinas marchées de bon goût, et ne peut rien à la muleta si ce n’est un estoc dans le coin.
Au 2ème, listón, qui a le plus de moteur du lot, Mario Aguilar commence par des véroniques serrées, puis plus tard donne d’estimables naturelles valorisant la bonne corne gauche du novillo, mais tue d’un vilain bajonazo.
Le cinquième est une estampe de novillo qui se révèle un invalide dès le premier tiers, ne donne aucune option au sud-américain qui a du mal à tuer (comment le faire quand il n’y a pas eu de faena ?) avant d’administrer une estocade basse.
Le jeune Javier Cortés, découvert en NSP l’an dernier à Roquefort, était répété après sa prestation devant les La Quinta en juin. Le troisième ne permet rien de bien notable et la faena se prolonge dans l’indifférence du public, avant une estocade dans le coin, suivie d’une voltereta du novillero sans dommage, qui montre qu’un toro de caste peut s’avérer dangereux même s’il passe la meilleure partie du temps au sol…
Cortés se montre décidé devant le 6ème qui est splendide de présentation mais sans moteur, en deux belles véroniques et une revolera, puis par une faena essentiellement de la gauche au cours de laquelle il se bat pour arracher des naturelles de qualité devant un opposant figé, qui encore une fois, lui inflige une voltereta spectaculaire avec reprise au sol, heureusement sans conséquences. La fin est laborieuse, en un tiers de lame et une ribambelle de descabellos.
Après cette novillada, l’aficionado s’interroge, c’est un peu son travers, sur l’intérêt pour un ganadero français d’élever des novillos certes splendides mais tellement sélectionnés pour la seule noblesse qu’ils en résultent complètement invalides.
Quant aux organisateurs roquefortois, que l’on ne peut que féliciter d’avoir organisé une novillada supplémentaire cette année, on peut leur demander pourquoi ils n’ont pas inversé la programmation, mettant les Gallon, beaucoup moins prometteurs sur le papier, en juin et réservant les La Quinta de bien meilleure réputation et garantie pour la traditionnelle novillada du 15 août ?
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