Dimanche 17 août, corrida de Miura

Ciel ensoleillé, pas de vent. Quelques places vides. Présidence de Michel Daudé.

6 toros de MIURA homogènes en âge ( 4, 5 ans ). Les poids annoncés variant de 630 Kg à 720 kg. Armures diverses : playero (le 1°), veleto (le 2°, le 4°), astigordo ( le 5°). Leurs extrémités finiront vite par s’éclater en particulier les 1°, 3°, et 4°.
Charpentés, lourds, hauts et de pelages variés ( sardo, cárdeno, colorado, negro ) ils ont bien une enveloppe de Miuras. Le 5° trop gras et l’énorme 6° trop lourd.
Le 3° relativement faible ne prendra que deux piques sans s’employer. Tous les autres prendront trois piques, la première en restant généralement collé au peto mais pour les autres en chargeant le cheval sans réelle allegria et en poussant sans la hargne rageuse qui faisait la réputation de l’élevage.
Ce manque d’envie, de punch, se retrouvent dans le dernier tiers ou les bestiaux certes toujours dangereux ( cornes chercheuses) s’éteignent progressivement.

"El Fundi" passe un après-midi à 50%. Pour le côté « obscur » il banderille moyennement son premier avec son compagnon de cartel Padilla et ne banderillera pas son second.
Après un brindis à notre ancien premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, il ne voudra pas voir son premier adversaire qu’il expédiera d’une estocade un peu basse. Sifflets.

Pour le côté plus favorable, on retiendra la faena technique au 4°, réalisée au centre du ruedo, où il finit par régler la tête de l’animal et réalise des naturelles isolées à mi-hauteur avec temple. Il a dominé son taureau. Salut au tiers après 2 pinchazos, 1 avis, ½ lame en place et 3 descabellos.
Présent et actif dans son rôle de chef de lidia, il exécute la dernière mise en suerte au cheval du 6°, soulageant son compagnon de cartel, Javier Valverde.

Juan José Padilla  profite de la charge de son premier adversaire. Réception par deux largas de rodillas prés des planches, trois véroniques et une larga en regardant le public ravi. Série de navarraises. Le taureau répète dans le dernier tiers, Padilla arrive à baisser la main et réalise une bonne série à droite. Le taureau devenant tardo il abrège la faena d’un vilain bajonazo efficace. 1 oreille.

A son second malgré un tercio de banderille et un début à la muleta assis sur l’estribo qui transmettent au public, il reste très distant par rapport à un adversaire qui se retourne vite. 1 épée tombée en avant, 1 avis et 5 descabellos. Salut au 1/3

Javier Valverde fait preuve de sérieux et d’application. Il tente de profiter de la corne gauche de son premier faible adversaire avec des séries vaillantes mais sans pouvoir réellement allonger la charge. 1 mete y saca suivi d’une superbe estocade engagée et bien placée. Le taureau meurt debout, bouche fermée, au milieu du ruedo et sans puntilla. 1 oreille. ( Sans doute l’estocade de la feria )

Il met bien en suerte l’ énorme sixième. Il débute le dernier tiers de façon méritoire sur la corne gauche. Mais si son adversaire part bien, il a tendance à s’arrêter au milieu de la passe. 1 pinchazo, ¼ lame, 1 entière contraire engagée, 5 descabellos. Applaudissements sporadiques.

A noter que le président ordonne le changement du deuxième tiers alors que le taureau n’a reçu qu’une seule banderille !

En résumé, après 3 saisons d’absence, Béziers attendait de pied ferme le retour du légendaire élevage andalou. Il faut admettre l’évidence : ce fut une course de Miura qui en avait l’allure, le tonnage, mais qui a cruellement manqué de goût.
" Miuras décaféinés " remarquait un excellent aficionado après la course.

Voir le reportage vidéo de Corrida Tv