Six novillos de Robert Margé pour Camille Juan, Miguel Angel Delgado, Roman Perez
Beau temps, environ 4000 spectateurs.
Lot très homogène. Novillos, bien faits, bien présentés, avec de belles têtes, mobiles, vifs, pourvus d’une noblesse de bon aloi, ils se prêtaient à tous les succès.
Braves, ils ne prirent vaillamment que 8 piques car, seul petit bémol, quatre sur six montrèrent les signes d'une relative faiblesse.
Camille Juan, carmin et or, reçoit le n°102, un negro listón, qui révèle sa vibrante noblesse à la cape. Véroniques en gagnant le centre.
Première longue pique unique sur laquelle le novillo pousse avec style et vaillance. Camille avait mis en suerte pour la seconde puis se ravisa, demanda et obtint le changement.
Entame au centre, pieds joints et collés à la montera. Cambios puis bons derechazos, sereines naturelles profilées, le novillo suit avec alegria.
Camille bascule bien pour laisser une entière contraire. La puntilla relève l’animal qui, après un avis, retombe pour ne plus se relever. Applaudissements à l’arrastre.
Oreille majoritaire.
Le quatrième, n° 26, encore un nego listón magnifique, part de loin pour la première pique et s’engage sous le cheval qu’il soulève un instant sur son dos. S’étant dégagé, il recharge spontanément avec vaillance. Deuxième pique très bien « citée », placée et administrée. Le picador Pimpi est applaudi.
Brindis au public. Le novillo est mobile et noble. Camille allonge bien les derechazos, déclenche la musique, poursuit par naturelles de bonne facture. La faena est entretenue.
Un pinchazo, un quart d’épée bien placée, descabello.
Le public qui n’a eu d’yeux que pour le novillo demande sa vuelta et l’obtient.
Camille Juan salue au tiers.
Le deuxième, n° 104, noir, est bien reçu dans la cape de Miguel Angel Delgado, lilas et or. La pique unique est trop en arrière mais dosée car l’animal est faible.
Heureusement la noblesse et la mobilité sont bien présentes. Miguel Angel Delgado fils de Pablo Delgado, troisième banderillero de Sébastien Castella, montre qu’il bénéficie de séances d’entraînement à coté du maestro, il possède planta torera et élégance. Manquant de « temple » à droite où la muleta est souvent accrochée, il se rattrape à gauche par de longues et superbes naturelles. Conclusion par jolies manoletinas.
Une estocade entière à peine desprendida. Deux oreilles.
Applaudissements au novillo.
Le cinquième, n°30, retinto d’un respecable tamaño, pousse fort sur un mono-pique trop en arrière. Belles chicuelinas.
Cambio dans le dos long à déclencher suivi de derechazos en rond qui entraînent la musique. Puis l’utrero pend querencia aux planches, réserve un peu sa charge et ça baisse d’un ton.
Miguel Angel en termine par un estoconazo, suivi d’un descabello au 3° essai. Silence
Le troisième, n° 122 est un colorado retinto. Roman Perez, rouge et or, enchaîne sans solution de continuité, véroniques, chicuelinas et revolera terminale.
L’animal prend deux piques dont il sort seul.
Tercio de banderilles désordonné.
Brindis au public.
Roman « double » vers le centre, puis dessine de bonnes naturelles non sans s’empêcher de les accompagner en hurlant de manière déplaisante. Ensuite il ne parvient pas à allonger la charge un peu courte du novillo (sans doute le moins propice) et la faena n’est pas très relevée.
Deux pinchazos en s’engageant une entière portée avec foi.
Applaudissements au novillo, salut au tiers.
Le dernier novillo, n° 106, un autre beau retinto est accueilli par de bonnes véroniques. Il supporte avec courage une pique « carioquée », placée dans l’épaule. Après des navarraises enlevées, le changement de tercio est demandé et accordé.
La faena sera imposante, Roman pesant de tout son poids sur l’animal en alternant la gauche et la droite sous la sonore cadence des ses irrépressibles hurlements.
Il a le très grand mérite d’aller changer d’épée à l’instant exact ou le novillo menaçait de baisser de ton. Bravo ! Cette pertinence est rare chez un novillero !
Une grande estocade. Applaudissements au novillo. Deux oreilles.
Miguel Angel Delgado, Roman Perez et Olivier Margé sortent en triomphe.
Cette novillada restera comme l’un des plus heureux moments de cette feria passablement médiocre.
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