Pour la Feria de la Madeleine de MONT-DE-MARSAN, en 2007, il fut stipulé que systématiquement les toros devraient subir deux rencontres avec la cavalerie, ce qui en fait n’était que l’application du règlement taurin de l’U.V.T.F, association dont fait partie MONT-DE-MARSAN.
Si la feria ne fut pas une réussite, ce ne fut pas à cause de ce respect du règlement, mais parce que des toros ou toreros, ou parfois les deux, ne procurèrent pas l’émotion attendue.
Pour 2008, changement de municipalité donc de donneur d’ordre au prestataire de service et ce donneur d’ordre sans se soucier du règlement annonce que les deux piques ne sont plus obligatoires et l’on nous explique même que l’on peut voir la bravoure à la première rencontre !
L’aficionado de base un tant soit peu averti se rend compte qu’encore une fois on veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes.
Cette feria 2008 serait, soit-disant, la meilleure feria depuis 30 ans ! C ’est possible, mais arrêtons le triomphalisme et disons que cette feria fut intéressante surtout lorsque la présidence fit appliquer le règlement en ce qui concerne le tercio de varas.
Une analyse succincte va le démontrer :
En préambule, les problèmes d’embargo sur certains élevages ayant été levés, ceci a permis de mettre à l’affiche des élevages attendus par les aficionados et rappelons que ceux-ci avaient été sélectionnés par l’ancienne équipe, chaque chose à sa place donc, et rendons à César ce qui est à César !
Dimanche 20 juillet
Toros de MIURA inégalement présentés, deux paraissaient avoir des défauts physiques mais surtout, à l’exception du 6°, ils subirent des monopiques assassines, souvent carioquées, très en arrière du morrillo, et parfois très longues, l’exemple le plus frappant étant le 4°.
Seul le 6° échappe à ce processus car, ayant rapidement désarçonné le piquero dès la première rencontre, il y en eut une seconde.
RAFAELLILLO, plus inspiré que ses compagnons de terna fut très vaillant, et tua très bien d’où 2 oreilles dans un final qui faisait oublier la mauvaise prestation des 5 autres combats.
Le bon usage de la pique, deux piques relativement bien dosées, a, donc, permis à RAFAELILLO de triompher. .
Lundi 21 juillet
Toros de TORRESTRELLA.
Comme la veille, monopique de rigueur, mises en suerte n’importe comment sauf pour le 4°bis, en effet le 4° se tua en tapant violemment le burladero des matadors et fut remplaçé par un volumineux CHARRO DE LLEN de plus de cinq ans. Après qu’Enrique PONCE ait demandé et obtenu le changement de tercio, le toro fonça de fort belle manière sur le piquero…bien placé pour le recevoir !
Le toro paraissait intéressant et on s’attendait à une bonne faena de PONCE. Celle-ci débuta bien, puis après un accrochage de la muleta, le toro ne voulut plus rentrer dans le jeu d’Enrique et s’en alla aux planches. Enrique fit quelques efforts mais la messe était dite.
Daniel LUQUE jeune espoir au toreo artistique délivra une faena avec de beaux gestes et tua d’une épée, certes concluante, mais très en arrière qui ne justifiait pas la 2° oreille qui lui fut octroyée.
Juan BAUTISTA fut intéressant mais ses opposants ne lui permirent pas le triomphe.
Evidemment, côté triomphe, on retiendra la sortie à hombros de Daniel LUQUE, cependant le lot de TORRESTRELLA fut loin de donner l’émotion attendue, à part « l’explosion » du 4° sur un burladero.
Mardi 22 juillet, matin
Novillada de BUCARÉ
Bien présentée mais hélas très mal piquée, encore abus de la monopique ! Et des garçons en dessous des possibilités offertes par les novillos.
Et toujours du triomphalisme avec 2 oreilles pour Juan Luis RODRIGUEZ, la 2° donnée apparemment à contre-cœur par la présidence mais n’oublions pas justement que la concession de la 2° oreille est du domaine exclusif de la Présidence, et celle-ci n’est pas tenue au triomphalisme ou alors il faut assumer sans faire mine de rechigner !
Mardi 22 juillet, après-midi
Toros de LA QUINTA,
bien roulés, dans le type, et on assista à une grande tarde. Tous les acteurs jouèrent le jeu, 2 rencontres minimum avec la cavalerie, la meilleure course du cycle.
Un très intéressant lot de toros devant lequel João Antonio FERREIRA qui prenait l’alternative passa à côté d’un grand triomphe. Il coupa une oreille à son 1° et aurait pu couper les deux du dernier sans son manque de réussite à l’épée, car son toreo fut de très grande qualité, séries templées en donnant la distance et profitant des grandes qualités de son toro. Il y eut énormément de profondeur dans sa faena.
EL FUNDI fut un très bon chef de lidia et réalisa deux faenas en lidiant parfaitement ses toros et coupa une oreille à chacun.
Julien LESCARRET fut lui aussi à la hauteur de l’événement et démontra contrairement à ce qui s’était commenté cet hiver qu’il avait sa place dans cette feria.
Donc corrida entretenue, avec l’émotion des grands rendez-vous et une Présidence qui donna le tempo à cette course, en donnant en particulier une « vuelta al ruedo » méritée au premier toro très encasté de cet après-midi.
Mercredi 23 juillet
Toros de EL VENTORRILLO, très mal présentés, pauvre de cornes et anovillados pour certains.
Corrida sur mesure pour vedettes !
Bien sûr quelques beaux gestes de la part de MANZANARES Fils.
Miguel Angel PERERA semblait se réserver pour d’autres rendez-vous, avec en particulier des estocades dans le gilet, donc peu de choses à mettre à son actif.
EL JULI a encore une fois montré ses grandes qualités en inventant une faena à un ersatz de toro auquel il coupa deux oreilles mais à vaincre sans péril on triomphe sans gloire.
Une nouvelle sortie à hombros, mais compte tenu des opposants à nos « figuras » celle-ci ne laissera pas d’impérissables souvenirs.
Jeudi 24 juillet, matin
4 erales de Paul & Jérôme BONNET
Voilà un spectacle pour faire la promotion de l’afición a los toros, une arène bien garnie, des novillos avec beaucoup de mobilité. On pardonnera aux novilleros leurs erreurs, ils sont là pour apprendre et ont eu le mérite de nous montrer les excellentes qualités du lot envoyé par la ganadéria du LARTET.
Thomas DUFFAU hérita du plus compliqué, il s’appliqua beaucoup et coupa une oreille.
Cristian ESCRIBANO a bien appris le métier et profita des qualités de son novillo, il coupera 2 oreilles, sera déclaré vainqueur et aura ainsi le droit de lidier le 4° de la matinée auquel il livrera une faena correcte coupant une nouvelle oreille, mais que ce garçon paraît triste, pas un sourire, pourtant il aurait du être radieux…
Quand à Cayetano ORTIZ, il a déjà un toreo épuré et artistique. Il coupera une oreille et il fut certainement difficile de le départager avec Cristian ESCRIBANO, le nombre de trophées a joué !
Donc grande matinée particulièrement pour le LARTET , avec en prime une « vuelta al ruedo » pour le 3° novillo de cette matinée.
Jeudi 24 juillet, après-midi
Toros de Victorino MARTÍN
Corrida très attendue, les Victorinos ayant souvent sauvés des ferias ici. Les toros fuent correctement présentés, la présidence comme le mardi 22 juillet, fit respecter le minimum de rencontres face à la cavalerie et la tarde fut intéressante à des degrés divers de bout en bout.
L’incombustible alguacililo Robert SOLDEVILLE faisait son dernier paseo à MONT-DE-MARSAN après 60 ans de services et à l’issue du paseo il fut très fêté, il le sera également à la fin de la course au cours d’un dernier tour de piste, certes folklorique mais de très bon goût ( bravo Régis SONNES et sa peña ).
Pepín LIRIA faisait aussi sa despedida ( il arrête à la fin de la saison ) et il fut également fêté à l’issue du paseo. Il hérita des deux meilleurs toros de l’envoi, en fait les deux plus nobles, mais son toreo manqua de profondeur et il coupa une oreille à chaque toro sans convaincre totalement.
Antonio FERRERA toujours aussi bouillonnant toréa toros et public ! Toujours très spectaculaire aux banderilles, son toreo est toujours un peu trop électrique, certes il coupa une oreille à son premier mais ne parvint pas à s’imposer face à son second qui demandait une muleta dominatrice et non un donneur de passes, de plus après accrochage il se fit un garrot avec sa cravate mais on ne voyait pas de blessure apparente, alors cette manière un peu racoleuse d’essayer de porter sur le public paraît de mauvais goût.
Luis BOLIVAR, habitué des Victorinos fut le plus mal servi au sorteo, toreo appliqué mais à l’impossible nul n’est tenu.
Sans être un très grand cru ce fut une corrida intéressante avec sortie a hombros de Pepin LIRIA et du mayoral de l’élevage
En conclusion il y a eu des courses très intéressantes, corrida de LA QUINTA et corrida de Victorino MARTIN, et au cours de celles-ci les présidences firent respecter le règlement taurin de l’U.V.T.F par les deux rencontres minimum avec la cavalerie, les piqueros devant donc doser leurs piques.
Deux courses très attendues par les aficionados ont été gâchées par la monopique, la corrida de MIURA et la novillada de BUCARE, et pour les courses de figuras on en revint également à la monopique. Comme on dit, elles font partie du « package » !
En fait, quand on respecte le tercio de varas, le spectacle qui en découle fait plaisir à tous les aficionados et ce n’est ni les toristas ni les toreristas qui sont gagnants mais c’est la Fiesta Brava, celle que nous devrions défendre toutes « chapelles » confondues.
De plus mention spéciale à la N.S.P du LARTET du jeudi matin, les prix abordables permettent aux aficionados de venir en famille, le futur de la fiesta brava se trouve également là.
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