Une
demi entrée, un public peu connaisseur qui, souvent, applaudit ou se tait à contre
temps ; une présidence plutôt rigoureuse. Le
bilan " sec " (novillos de Pagès-Maillan. Alberto Lamelas, ovation
et deux vueltas al ruedo après pétition; Juan Luis Rodríguez, silence et
vuelta ; Fernando Tendero, silence et silence) est loin de refléter ce
qui s'est passé pour cette intéressante seconde novillada des fêtes de Lunel.
Les novillos, de présentation
supérieure, auraient pu sortir sans difficulté à Nîmes… en faisant de l'ombre
par leur tête à bien des lots de toros ! En plus, ils allaient volontiers au cheval
et avaient du jeu, à l'exception du 1er, très court. En gros, les hommes ont
été au-dessous des possibilités des novillos, mais ils auraient néanmoins tous
coupé des oreilles sans leur maladresse à l'épée. Lamelas
est aussi brusque que sans grâce, mais il ne manque pas d'aficion et finit par
acquérir un certain métier ; seul un bajonazo l'empêche de couper l'oreille de
son second, toréé avec enthousiasme. Rodríguez
a ressemblé à un becerrista a son 1er, à l'exception de 2 derechazos longs, templés
et liés de grande classe ; à son second, il a lié plusieurs séries du même tonneau,
très prometteuses. Tendero
a une planta torera hors du commun, et un velouté dans sa muleta qui est l'apanage
des plus grands ; ce poignet, ce temple, cette douceur impérieuse, ces détails
techniques décisifs qui passent inaperçus (cf. une façon de relever légèrement
le pico de la muleta en fin de passe pour alléger le toro et l'allonger quand
c'est nécessaire) donnent envie de le revoir et font souhaiter que ces germes
s'épanouissent : ojalá ! Le
lot de Pagès-Maillan et Alberto Lamelas ont gagné les prix ; celui au meilleur
piquero restant désert. |