Six
toros de Samuel Flores pour Enrique Ponce, Manuel Jesús Cid «El Cid», Joselito
Adame Ciel couvert,
température très fraîche, trois quarts d'arène. Toros
de trapío homogène (530 à 580 kg), à peu près
encornés les premier et quatrième, les autres vilains ou suspects.
Bravitos au premier tiers mais sans force, ils supportèrent chacun
deux piques à la mode actuelle, la première très mal portée,
la seconde plus ou moins symbolique. Tous nobles, très faibles et sosos
les premier, quatrième et cinquième. Enrique
Ponce fut, comme à son habitude, très à son aise devant
ce genre de bétail noble et très faible. Il divise l'opinion. Il
en est qui s'extasient devant sa prodigieuse technique, sa capacité à
tirer soixante-quinze passes de taureaux qui vacillent, il en est d'autres qui
ne pensent pas que la finalité de notre fiesta est là et que Ponce
galvaude ses immenses talents. Maintenir debout son premier taureau constitua,
c'est sûr, un exploit. Il lui permit de couper,
après profonde estocade tombée et avis, une oreille dont la demande
n'était peut être pas majoritaire. Mais que refuser à "
l'homme de Chiva qui, comme nous l'expliquait le programme, fait l'effort
d'être présent à la corrida d'ouverture de la feria de Pâques
alors qu'il va tout bientôt (sic) être papa ? "
Olé ! Nous n'avions rien vu ! Le quatrième taureau, très
probablement en état de coma dépassé, demanda encore plus
de soins. Il necessita une longue dispensation de toutes les ressources de la
prodigieuse médecine vétérinaire ponciste. Nous finîmes
à gauche et à tous petits pas précautionneux dans une sorte
de bégayant ralenti de cinéma, jusqu'à entendre un autre
avis ! Quelques obtus, il faut de tout pour faire un monde, se permirent de lancer
d'inconvenants lazzis. L'épée ressortant sur le flanc n'arrangea
pas les choses ! Salut au tiers tout de même ! Dieu
que pour certains ces deux faenas furent longues, longues, longues... !
L'allongement du troisième tiers coûte que coûte devient
la plaie de notre fiesta !
"Le
Cid" eut la chance d'obtenir le moins flageolant du lot, le deuxième,
et de lui appliquer, en musique, une faena allègre, liée
et agréable. Estocade du premier coup et à peine delantera.
Une oreille. Il ne tira rien
du grassouillet et faiblissime cinquième qu'il eut le bon goût de
tuer rapidement des deux tiers d'une épée tombée. Heureusement,
n'est pas Ponce qui veut ! Salut au tiers. Joselito
Adame n'était pas dans le coup. Au cours d'une tertulia après
la corrida, il expliquait très simplement et très franchement qu'au
retour d'une longue période américaine, il avait besoin de retrouver
ses marques devant du bétail européen.
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