Vendredi 21 mars, corrida de Samuel Flores

Six toros de Samuel Flores pour Enrique Ponce, Manuel Jesús Cid «El Cid», Joselito Adame

Ciel couvert, température très fraîche, trois quarts d'arène.

Toros de trapío homogène (530 à 580 kg), à peu près encornés les premier et quatrième, les autres vilains ou suspects. Bravitos au premier tiers mais sans force, ils supportèrent chacun deux piques à la mode actuelle, la première très mal portée, la seconde plus ou moins symbolique. Tous nobles, très faibles et sosos les premier, quatrième et cinquième.

Enrique Ponce fut, comme à son habitude, très à son aise devant ce genre de bétail noble et très faible. Il divise l'opinion. Il en est qui s'extasient devant sa prodigieuse technique, sa capacité à tirer soixante-quinze passes de taureaux qui vacillent, il en est d'autres qui ne pensent pas que la finalité de notre fiesta est là et que Ponce galvaude ses immenses talents.
Maintenir debout son premier taureau constitua, c'est sûr, un exploit. Il lui permit de couper
, après profonde estocade tombée et avis, une oreille dont la demande n'était peut être pas majoritaire. Mais que refuser à " l'homme de Chiva qui, comme nous l'expliquait le programme, fait l'effort d'être présent à la corrida d'ouverture de la feria de Pâques alors qu'il va tout bientôt (sic) être papa ? " Olé !
Nous n'avions rien vu ! Le quatrième taureau, très probablement en état de coma dépassé, demanda encore plus de soins. Il necessita une longue dispensation de toutes les ressources de la prodigieuse médecine vétérinaire ponciste. Nous finîmes à gauche et à tous petits pas précautionneux dans une sorte de bégayant ralenti de cinéma, jusqu'à entendre un autre avis ! Quelques obtus, il faut de tout pour faire un monde, se permirent de lancer d'inconvenants lazzis. L'épée ressortant sur le flanc n'arrangea pas les choses ! Salut au tiers tout de même !

Dieu que pour certains ces deux faenas furent longues, longues, longues... !
L'allongement du troisième tiers coûte que coûte devient la plaie de notre fiesta !

"Le Cid" eut la chance d'obtenir le moins flageolant du lot, le deuxième, et de lui appliquer, en musique, une faena allègre, liée et agréable. Estocade du premier coup et à peine delantera. Une oreille.
Il ne tira rien du grassouillet et faiblissime cinquième qu'il eut le bon goût de tuer rapidement des deux tiers d'une épée tombée. Heureusement, n'est pas Ponce qui veut ! Salut au tiers.

Joselito Adame n'était pas dans le coup. Au cours d'une tertulia après la corrida, il expliquait très simplement et très franchement qu'au retour d'une longue période américaine, il avait besoin de retrouver ses marques devant du bétail européen.