Du 21 au 23mars, trois novilladas matinales à Arles

Vendredi 21 mars, novillada sans picador

Six erales de Luc et Marc Jalabert pour Fran González (Valencia), Sofiane Benabderrahmane "Sofianito" (Arles), Damián Castaño (Salamanque), Cayetano Ortiz (Béziers), Luis Miguel Casares (Valencia) et Steeven Groux-Leal "Juanito" (Arles)

Ciel couvert, température très fraîche. 1000 à 1500 spectateurs constituent cet excellent public qui caractérise les novilladas arlésiennes matinales.

Les erales Jalabert, de joli trapío, souvent armés larges, mobiles, hargneux, encastés, tous applaudis à l'arrastre, donnèrent du fil à retordre aux apprentis novilleros qui ne déméritèrent pas et ne manquèrent pas de panache. Eux aussi, comme leurs adversaires, furent tous applaudis.

Fran González, rouge et or, reçoit le premier eral, noir, d'apparence faible mais qui va se révéler infatigable et noblissime - ce sera le plus facile du lot - par une larga de rodillas. Faena très superficielle servie à un animal qu va a mas. Estocade dans tout le haut, longue agonie d'un torito qui montre sa caste. Applaudissements à l'arrastre. Le novillero salue au tiers.

Le deuxième eral, noir, costaud, bien présenté est salué par les applaudissements du public.
"Sofianito" , bleu nuit et or, se fait applaudir à la cape et Paquito Leal aux banderilles. L'apprenti novillero montre beaucoup d'envie mais top de verdeur. Il déclenchera la musique stoppée sur un désarmé. Demi échec à gauche où il reste top parallèle et perd un peu les papiers. Les conseils prodigués par Paquito Léal depuis la barrière ont des effets bénéfiques. Deux pinchazo et une entière en arrière mais efficace.
Applaudissements à l'arrastre. Le novillero salue au tiers.

Le troisième animal vif, se retournant vite, met en danger Damián Castaño, vermillon et or, qui après un brindis à Juan Bautista subira une voltereta. Le manque de domination va s'accentuer au cours de la faena. Estocade plate et atravesada et une seconde du même tonneau. Descabello au premier essai.
Applaudissements à l'arrastre. Le novillero salue au centre.

Le quatrième torito s'avère fort malcommode dans le cape de Cayetano Ortiz, blanc et or soutaché de noir,
Brindis au public. L'animal est vif, violent et souvent imprévu dans sa charge. Cayetano sait rester calme. La corne gauche est difficile mais le combat va a mas à droite avec de jolis gestes. Une entière légèrement atravesada.

Une oreille. Applaudissements à l'arrastre.
Voir le vidéo-reportage qu'Alain Garres a consacré à cette faena de Cayetano - CorridaTv

Le cinquième, eral, le plus petit du lot, est néanmoins vif et très mobile. Luis Miguel Casares, lie de vin et or, le dédie au public. En début de faena le novillero est pris de manière très spectaculaire mais heureusement sans conséquence fâcheuse. Imperturbable le garçon poursuit de manière très classique en rond sur la droite puis poursuit à gauche de belle manière malgré le vent qui devient gênant. Fin encimista dans les cornes. Le jeune homme est pris méchamment lors d'une première tentative à l'estoc et blessé à la main (bilan : neufs points de suture). Après quatre pinchazos, une belle entière au cinquième voyage.
Applaudissements à l'arrastre. Le novillero accomplit une vuelta méritée et fêtée.

Au deuxième Arlésien, "Juanito", rose et or, revient le dernier éral. Il fait une entrée tonitruante, arrache par deux fois la cape de Juanito et anime le deuxième tiers avec impétuosité. C'est un adversaire trop sérieux pour le jeune apprenti qui, au prix de plusieurs désarmés, fait face avec courage et s'applique du mieux qu'il peut. Il termine par manoletinas et conclue par une belle estocade.
Applaudissements à l'arrastre. Le novillero salue au tiers.

Cayetano Ortiz et Luis Miguel Casares sont à suivre. Très belle matinée en dépit du vent froid.

***

Samedi et dimanche matins, novilladas piquées

Les cartels des novilladas piquées de cette feria pascale présentaient l'intérêt de faite toréer les premiers de l'escalafón des apprentis matadors. La novillada du samedi fut intéressante pour l'aficionado, celle du dimanche très intéressante pour tous.

Samedi 22 mars 2008 : novillos des frères Gallon (origine Sanpedro), nobles et faibles en général, pour Pepe Moral, Oliva Soto et José Manuel Más.

Le premier, lourd, mansote et faible, prend deux piques courtes d'où il sort seul. Pepe Moral donna des passes sans engagement et tua d'une estocade entière.
Le 4ème était bien présenté (tête haute et cornes) et noble. Il reçut deux piques en faisant sonner les étriers. A noter un quite par revoleras d'Oliva Soto. Pepe Moral, élégant à la cape, signa à la muleta une série estimable de la droite, mais ne domina pas ce novillo. Il conclut d'une estocade entière habile et atravesada, entendit un avis. La dépouille du novillo fut justement applaudie.

Le 2ème était coiffé court, et mobile. Le premier tiers se résuma à une rencontre unique en fermant la sortie, la deuxième étant symbolique. Mal piqué, le novillo perdit son allant pendant la faena d'Oliva Soto, de laquelle on retient une " série droitière en citant à la distance, deux séries de naturelles serrées, des manoletinas risquées, précédant une estocade entière " dans le coin ". Un avis et applaudissements.
Le 5ème, negro bragado, était cornes effilées légèrement bizco. Il fléchit lors des deux rencontres et raccourcit sa charge. Rien de notable d'Oliva Soto si ce n'est une estocade habile et la sonnerie d'un avis.

Le 3ème avait un port de tête haut et du trapio. Il sonna les étriers lors de l'unique rencontre car la seconde fut ultra-courte et pour la forme. José Manuel Más qui avait été élégant à la cape, parut très en dessous du novillo au troisième tiers, plaça une estocade basse à l'encuentro. L'arrastre du novillo fut justement applaudi.
Le 6ème était lourd et encasté. Il prit trois piques, sortant seul de la première, renversant le picador à la suivante, la troisième étant appliquée après la sonnerie. Sa noblesse lui fit donner une vuelta de campana qui contribua davantage à raccourcir sa charge. Juan Manuel Mas commença par une tanteo engagé, mais ne put construire de faena en raison de la faiblesse du novillo. Une estocade atravesada et un avis conclurent la matinée.

Les aficionados se dirigèrent vers l'Hôtel de Ville pour la cérémonie de création de l'Observatoire National des Cultures Taurines.

***

Dimanche 23 mars 2008 : novillos D'Antonio Palla (origine Domecq), braves et nobles, pour Ruben Pinar (vuelta et salut), Marco Leal (deux oreilles et une oreille) et Roman Perez (vuelta et une oreille).

Le cartel comprenait deux novilleros originaires d'Arles. On retiendra la prestation de Marco Leal qui a dominé la matinée par son engagement et son toreo de verdad. Brillant au capote à son premier (2ème du lot) qui fut le meilleur de la matinée, Marco servit une série de chicuelinas serrées parachevées par une revolera du meilleur goût. Le novillo poussa lors de la seule pique significative. Après un tercio de banderilles allègre, Marco Leal commença la faena par deux passes " changées " spectaculaires. Averti par le novillo à droite, il construit, bien croisé, une faena faite de naturelles. Même s'il conclut d'une estocade un peu tombée, il coupa les deux oreilles fêtées par le public arlésien.
La vuelta posthume au novillo parachevait le succès.
Au cinquième, qui prit deux piques bien mises en suerte, la deuxième citée de loin, Marco Leal s'engagea aux banderilles, avec un poder a poder très volontaire et une paire " al violin " placée au milieu des cornes. Le début de faena est fait de passes très basses à genoux, puis Marco sut trouver la distance adéquate au novillo dont il tira le maximum, achevant d'une estocade entière " dans le coin " ; l'oreille était amplement méritée.

Ruben Pinar ne put faire grand-chose de notable devant le premier, haut, noble, mais faible à la pique. On retiendra deux séries de la droite et des difficultés à estoquer. Une vuelta récompensa sa volonté.
Le 4ème était castaño, avait " peu de tête " et s'arrêta après les piques. Ruben tenta de tirer des passes, en particulier en rond et paracheva par deux estocades en avant. Il salua.

Le premier (3ème du lot) de Roman Perez avec du trapio et noble, prit trois courtes rencontres sur le passage de la cavalerie. Brave aux banderilles, il s'avéra figé lors de la faena lors de laquelle Roman tira une belle série de chaque côté. Une estocade entière. Salut.
Au 6ème, noir chorreado, Roman fut élégant et efficace à la cape. Le novillo prit deux petites piques avant de s'agenouiller. Roman Perez sut le citer à la distance et put donner deux séries très " templées " de chaque côté avant de terminer par une demi estocade, le public obtenant une oreille justifiée.

Voir le vidéo-reportage de Corrida Tv