Six
toros de PRIETO de la CAL pour Rafael RUBIO "Rafaelillo" (rose et
or), Julien LESCARRET (blanc et or) et Fernando CRUZ (blanc et argent
à parements jais). Lot
de présentation correcte pour ce type d'arènes. Même si la caste était bien présente
: remates en tablas, poursuites aux banderilles, noblesse jamais idiote
(sauf le 3ème), le manque de puissance général laisse un goût de déception. Triste
constat : grâce à des tercios de piques souvent à la limite du symbolique,
les toros ont pu conserver une mobilité intéressante ... 1er
: negro, trop lourd, pitones abîmés ; pousse sans plus sous
la mono-pique, suit aux banderilles et s'agenouille dès le début de la faena.
Celle-ci sera presque exclusivement gauchère, la tentative à droite faisant renoncer
de suite le matador. Le toro se fige assez vite, infligeant quand même un puntazo
à Rafaelillo (touché à la fesse). Estocade engagée pour une entière tombée ; pétition
minoritaire et oreille contestée.
2ème : negro, un peu fermé d'armure, remate aux planches.
Placé trop près pour une 1ère pique sans relief, 2ème en venant de plus loin mais
levée de suite.Suit au 2ème tiers,
mené correctement (Manolo de Los Reyes). Lescarret torée prudemment
un adversaire mobile, noble mais pas idiot, mais manque cependant de dominio.
2 pinchazos et une entière basse ramènent l'oreille qui se profilait
à une vuelta. 3ème
: negro, légèrement bizco, prend une pique anonyme et suit mollement
aux banderilles. Devant un toro noble, fade et faible, Cruz sert une
faena d'infirmier, propre et templée, qui porte sur le public (et sur la Sra Marquesa
!), conclue d'une entière engagée, un peu en avant et d'effet rapide, récompensée
généreusement de 2 oreilles. 4ème
: jabonero sucio (enfin !), bien armé, qui boîte du postérieur droit,
chute et, changé, doit être liquidé en piste par Rafaelillo. Entre
un autre jabonero, bien armé lui aussi et sans excès de poids. Il pousse
mais sort seul de la 1ère pique et se défend à la 2ème. 2ème tiers correct, avec
poursuite des hommes. C'est un animal mobile et noble sans bêtise, qui fait
la faena et domine l'homme, ce dernier finissant à la limite de l'accrochage.
Epée engagée, mais basse. Silence. 5ème
: beau jabonero sucio, lourd, qui fait une sortie calme et majestueuse.
Bien reçu par véroniques et demie, il s'échappe au cheval pour une pique trasera,
poussant puis sortant seul ; même comportement à la 2ème rencontre. Deux paires
de banderilles correctes de Cañada (plus une de …) avec poursuite. Encore
un adversaire noble et mobile, avec lequel Julien se confie progressivement,
sans vraiment le dominer. Quelques circulaires pour le bon peuple et difficultés
prévisibles pour cadrer le toro. Un tiers, puis deux tiers de lame en avant. Oreille
(pas scandaleuse dans le contexte …). 6ème
: jabonero sucio, bien armé, pitones abîmés. Il prend une pique
dans l'épaule, sans mise en suerte, sort de suite ; 2ème pique transparente.
Deux paires de banderilles correctes et une manquée d'une cuadrilla moins lamentable
qu'à Vic. Le toro arrive violent dans la muleta, saute et poursuit Cruz,
qui reprend le contrôle des opérations, puis de nouveau manque se mettre son adversaire
dessus par abus du pico ; je n'ai pas été le seul à penser qu'il manquait
une pique … Entière basse en avant. Oreille. Présidence
aux ordres et généreuse d'Alain Biec, assisté de Jean-Paul Delpech
et de Christian Grenier. Je
n'ai pas noté les âges, car entre le document du sorteo remis à l'entrée
et le panneau sorti en piste à chaque toro, rien ne correspondait ! A
noter la présence des anti-corridas, avec un effectif de 7 et demi (7 adultes
et un mineur en situation de danger puisqu'à 200 mètres des arènes). Le fait de
s'égosiller dans un mégaphone en tenant des tendancieux et filandreux n'empêchait
pas le public se rendant à la course ou à la fête foraine de passer avec une indifférence
royale. |