Samedi 22 mars après midi, corrida de Domingo Hernández

Cinq toros de Domingo Hernández et un de Garcigrande pour Julián López "El Juli", Jean-Baptiste Jalabert "Juan Bautista" et José María Manzanares

Temps très frais mais relativement ensoleillé, arènes pleines

Les taureaux de Domingo Hernández (1er, 2ème, 3ème, 5ème, 6ème) modestement armés, furent braves aux piques, les deux premiers en particulier. Ils eurent tendance à baisser de rythme au troisième tiers, le dernier s'avérant particulièrement faible. Le sobrero de Garcigrande, laid, vilainement armé, manqua de peu, sur une charge violente, de faire passer le groupe équestre par dessus la barrière. Après cet exploit, il se réserva et raccourcit sa charge.

"El Juli" administra deux leçons de tauromachie. Il reçoit son noble premier adversaire par véroniques magistrales et signe, entre les deux piques, un quite par chicuelinas millimétrées. Imposant sa domination, il construit au troisième tiers une faena intelligente qui va a mas tant à gauche qu'a droite avec de superbes changements de main. Final par circulaire inversée, un pinchazo, un entière tombée, une oreille. Applaudissements à l'arrastre.
Son deuxième taureau, le Garcigrande, en remplacement d'un joli Domingo Hernandez, resté inédit puisque, par faute de la peonesque, il s'était cassé un corne contre la barrière dès les premiers tours de chauffe, bénéficia d'un traitement tout différent, "cada toro tiene su lidia". Réservé et ayant tendance à se défendre sur place, il fallut toute la science du jeune maestro, installé dans les cornes, pour l'obliger à obéir à une impérieuse muleta. Faena, courte, juste, vibrante et prenante. Une estocade caida et néamoins une oreille. Sifflets au taureau.

"Juan Bautista" reçut convenablement de cape son premier taureau qui alla chercher sa deuxième pique au picador de réserve comme souvent dans ces arènes. La faena, offerte au public, fut très correcte mais trop morcelée par les charges de plus en plus retardées du taureau.
Entière tombée, digne salut au tiers.
Pas grand chose à espérer du 5ème taureau qui, après avoir procuré quelque illusion au premier tiers, s'effondra de faiblesse et devint irrémédiablement tardo. Estoconazo, descabello sans bavure, digne salut au tiers.

José María Manzanares loupe le coche avec son premier adversaire, un animal qui prend sa première pique au réserve en poussant bien et sortant seul et qui répéte le même comportement avec le picador de turno. Après un deuxième tiers vite et bien fait, la faena débuta de manière classique et allurée mais tous se gâte après un désarmé. Le taureau mobile et incisif prend le dessus et la fin est pas mal torchonnée. Bonne estocade en bonne place. Le taureau est gratifié de palmitas. Le maestro salue au tiers.
Son dernier s'écroule après une mauvaise pique et un simulacre. Début en musique vite interrompue par la faiblesse d'un bicho insignifiant, le pire de l'après midi. Pinchazo, avis, entière caidita provoquant une longue agonie. Sifflets au taureau, silence.