Dimanche 23 novembre, fiesta campera à Rion des Landes - FSTF

La temporada dans le Sud-Ouest a été clôturée par une fiesta campera à Rion des Landes qui réunissait une grande partie du mundillo du Sud-Est et du Sud-Ouest.
Tôt dans la matinée, tous les aficionados étaient accueillis devant les très charmantes petites arènes pour un petit déjeuner landais avec du café, du vin, des carcasses et des cœurs de canards. Bonne idée pour se mettre en forme puisque une pluie fine et glaciale perdura tout le long de la journée.

Les novillos de cornes commodes mais de trapio parfois imposant provenaient d’élevages différents pour André Viard (novillo de Sepulveda, salut aux planches), Juan Bautista (novillo de Sepulveda, une oreille), Julien Lescarret (novillo de Camino de Santiago, deux oreilles), Mehdi Savalli (novillo de Meynadier, deux oreilles), Marco Léal (novillo de Colombeau, une oreille), Mario Guirao et Matthieu Guillon se sont partagés un novillo de Jalabert, une oreille chacun.

André Viard a fait une bonne prestation à la cape à un novillo noble mais qui pesait sur les côtés, sa faena de muleta se résuma à quelques derechazos. Le novillo posant des problèmes à gauche, le torero abrégea sa faena. Salut aux planches.

Juan Bautista a été très esthétique tant à la cape qu’à la muleta, et a démontré avec facilité sa maîtrise du placement, des gestes et du temple à un novillo noble mais vite éteint. L’assurance et l’élégance de la faena lui permettront d’obtenir une oreille.

Julien Lescarret qui a été sans contestation le plus convainquant de la matinée a toréé un novillo de Camino de Santiago, manso sous la pique mais attaquant de loin et noble dans la muleta.
Le torero  a su exploiter les qualités du toro pour donner une faena animée avec des cites de loin.
Les longues charges de l’animal ont mis de l’émotion dans une faena empreinte de domination par un torero connaissant son sujet parfaitement. Ce n’est pas tout, l’estocade a été portée de façon très engagée avec une assurance implacable mais nécessitera toutefois un descabello. Si Julien Lescarret démontre les mêmes qualité à l’avenir il conviendra de compter sur lui d’avantage. Deux oreilles.

Mehdi Savalli a manifesté beaucoup de transmission auprès du public en accueillant son novillo pas quatre largas afaroladas de rodillas et en assurant lui même le tercio de piques. Il sollicitera son novillo, pique en main, à une distance de plus en plus éloignée, qui attaquera le cheval à quatre reprises avec bravoure. Le tercio de banderilles a été assuré avec Marco Léal. Le novillo brave y aura laissé des forces et la faena en deviendra très vite terne et longue. Une oreille.

Marco Léal a également montré de l’envie face au novillo imposant de Colombeau qui est sorti en piste en semblant boiter. Ce défaut n’a visiblement pas gêné le cours de la lidia ni le tercio de banderilles au cours duquel il avait invité Mehdi Savalli. Lors de sa faena, le novillo s’est montré querencioso, pesant, et décidant des terrains. Le novillero a réussi toutefois à couper une oreille.
 
Mario Guirao et Matthieu Guillon se partagèrent le dernier novillo de Jalabert. Mario Guirao a commencé par le toréer à la cape, et quite par colleras assuré par les deux novilleros. La faena débute avec les derechazos suaves de Mario Guirao, et continue avec la détermination de Matthieu Guillon. Sur la dernière série Mario Guirao s’est fait accrocher, et en raison de l’ancienneté a porté l’estocade. Une oreille pour chaque novillero.

On retiendra la présence d’El Chano et ses poses de banderilles, les adieux du banderillero El Andaluz qui a servi longtemps dans la cuadrilla de Richard Millian (présent dans le callejon), ainsi que l’absence de paseo et de présidence. Celle-ci était assurée par les toreros eux mêmes et les trophées attribués par les toreros entre eux, sans excès de générosité mais avec justesse et convivialité. Les puristes pourront évidemment regretter cette absence qui laissait libre cours a beaucoup de liberté et des tercios parfois démesurés. N’oublions pas qu’il s’agissait d’une fiesta campera à l’atmosphère d’entraînement ou de corrida « entre amis ».