En revenant de la feria pascale arlésienne 2008

Cette feria fera date, de toute manière, par les conditions météorologiques épouvantables qui y prévalurent. Les aficionados, malgré un empilement de pulls, de polaires et de bonnets, n'avaient jamais eu aussi froid en pays d'Arles.
Quelques souvenirs visuels ou sonores caractéristiques :
- les trompettistes de l'orchestre instrumentant munis de gants de laine,
-
le peu de volume des applaudissements car, ou bien le public gardait ses mains dans ses poches, ou bien applaudissait mains gantées,
- le dimanche soir, au paroxysme du froid, de nombreux spectateurs, n'y résistant plus, quittent l'arène en catastrophe dès le cinquième taureau,
- l'avisé forain qui fit fortune en proposant des vins chauds au sortir des arènes...

Sur le plan strictement taurin il y eut, comme toujours, des points positifs et des points négatifs.

Points positifs :

Un public arlésien en progrès, plus sage et plus réfléchi qu'a l'accoutumée, fut-ce l'effet du froid ? Mention spéciale au public plus restreint mais toujours remarquable des novilladas matinales.

Des présidences dans l'ensemble très correctes.

Côté toros : de très beaux Miuras très intéressants en dépit d'une certaine faiblesse qui semble devenir récurrente dans cet élevage, de bons novillos de Palla, des erales de Jalabert présentables et dignes.

Côté toreros, comportement général assez satisfaisant avec mention spéciale aux trois gladiateurs des Miuras, El Fundi, Rafaelillo, Sánchez Vara.
A mettre en exergue et dans l'ordre :
- "El Fundi" avec une œuvre quasi parfaite face au quatrième Miura,
- Marco Leal qui, après de longs mois d'interuption, réussit, silhouette affinée, un retour éblouissant,
- "El Juli" plus accompli et plus dominateur que jamais,
- l'entrega du bondissant Antonio Ferrera,
- la maîtrise du Cid,
- pour ceux qui aiment ça, les alanguissements de la muleta poncienne,
- parmi les apprenti-novilleros, les promesses de Cayetano Ortiz et de Luis Miguel Casares.

Points négatifs :

Ils se cantonnent du côté des toros qui se montrèrent médiocres à diverses occasions et exhibèrent parfois des cornes discutables.
Le point irrémédiablement négatif consista dans la faiblesse et la soseria des Samuel Flores.

Point hyper positif :

Cette feria pascale arlésienne 2008 appartient désormais à notre histoire puisqu'elle a abrité, samedi 22 mars à l'Hôtel de Ville, la naissance de l' "Observatoire National des Cultures Taurines ".