Cette
feria fera date, de toute manière, par les conditions météorologiques
épouvantables qui y prévalurent. Les aficionados, malgré
un empilement de pulls, de polaires et de bonnets, n'avaient jamais eu aussi froid
en pays d'Arles. Quelques souvenirs visuels ou sonores caractéristiques
: - les trompettistes de l'orchestre instrumentant munis de gants de laine, -
le peu de volume des applaudissements
car, ou bien le public gardait ses mains dans ses poches, ou bien applaudissait
mains gantées, - le dimanche soir, au paroxysme du froid, de nombreux
spectateurs, n'y résistant plus, quittent l'arène en catastrophe
dès le cinquième taureau, - l'avisé forain qui fit fortune
en proposant des vins chauds au sortir des arènes... Sur
le plan strictement taurin il y eut, comme toujours, des points positifs et des
points négatifs. Points
positifs : Un public
arlésien en progrès, plus sage et plus réfléchi
qu'a l'accoutumée, fut-ce l'effet du froid ? Mention spéciale au
public plus restreint mais toujours remarquable des novilladas matinales. Des
présidences dans l'ensemble très correctes. Côté
toros : de très beaux Miuras très intéressants
en dépit d'une certaine faiblesse qui semble devenir récurrente
dans cet élevage, de bons novillos de Palla, des erales
de Jalabert présentables et dignes. Côté
toreros, comportement général assez satisfaisant avec mention spéciale
aux trois gladiateurs des Miuras, El Fundi, Rafaelillo, Sánchez Vara. A mettre
en exergue et dans l'ordre : - "El Fundi" avec une uvre
quasi parfaite face au quatrième Miura, - Marco Leal qui, après
de longs mois d'interuption, réussit, silhouette affinée, un retour
éblouissant, - "El Juli" plus accompli et plus dominateur
que jamais, - l'entrega du bondissant Antonio Ferrera, -
la maîtrise du Cid, - pour ceux qui aiment ça, les alanguissements
de la muleta poncienne, - parmi les apprenti-novilleros, les promesses
de Cayetano Ortiz et de Luis Miguel Casares. Points
négatifs :
Ils se cantonnent du côté des
toros qui se montrèrent médiocres à diverses occasions
et exhibèrent parfois des cornes discutables. Le point irrémédiablement
négatif consista dans la faiblesse et la soseria des Samuel Flores.
Point hyper positif
: Cette feria pascale
arlésienne 2008 appartient désormais à notre histoire puisqu'elle
a abrité, samedi 22 mars à l'Hôtel de Ville, la naissance
de l' "Observatoire
National des Cultures Taurines ". |