Le
samedi après-midi,
cette feria, torista sur le papier, avait mal débuté ; certes
les novillos de Pablo Mayoral étaient très corrects
de présentation, mais, hélas !, leur comportement fut loin de satisfaire
l'aficionado car il y avait de la faiblesse et une grande dose de noblesse chez
ces novillos. Résultat : l'émotion ne passa pas
la rampe. Ils furent piqués avec les puyas stipulées par le règlement
andalou, la plupart prirent deux piques mais sans trop forcer ! Et le
soir la déception était au rendez-vous, heureusement les jours s'ils
se suivent, ne se ressemblent pas. Dimanche
matin, changement radical, six beaux exemplaires de l'élevage
Monteviejo de Victorino Martin, d'origine BARCIAL,
et on ne pouvait pas se tromper à voir la couleur des robes. ils furent
presque tous très correctement piqués (le 5° à l'excès),
ils allèrent au cheval sans se faire prier et ensuite, ils furent loin
d’être des faire-valoir et donnèrent du fil (ou plutôt
de la muleta) à retordre aux trois novilleros.
Camille JUAN sembla limité dans la lidia de ses deux opposants, même s'il
fut vaillant il ne domina aucun de ses novillos, Enrique
GUILLEN quant à lui ne sut ou ne put donner une lidia à ses deux exemplaires
et ce n'est pas ainsi que l'on décroche des contrats. Heureuse
surprise, Alberto LAMELAS qui avait des difficultés lors
de ses dernières sorties à retrouver le sitio, nous a paru avoir
récupéré et il réalisa une excellente faena à
son premier sur la corne droite et eut le mérite de nous montrer que la
gauche n'était guère fréquentable, il coupa d'ailleurs la
seule oreille de la matinée, de plus il fit passer le frisson à
la cape et banderilla très correctement particulièrement au cours
d'un excellent quiebro. Les six novillos
furent également piqués avec la puya andalouse. Dimanche
après midi : Après cette excellente matinée
de toros, on rêvait déjà d'autres Victorinos,
ceux d'origine Saltillos. Disons que si ceux du jeudi 24 juillet à
Mont-de-Marsan parurent sucrés, car ils prirent chacun deux piques plutôt
gentiment et possédaient de bonnes doses de noblesse, les exemplaires sortis
cette après-midi étaient plutôt pimentés !
Quoique inégaux de présentation, ils furent des combattants très
intéressants, des toros âgés de 5 à presque 6 ans,
le plus lourd le 4° étant annoncé à 725 kg. Iils allèrent
au cheval sans rechigner avec souvent de la violence, ils furent en général
correctement mis en suerte et piqués, la palme pour les piqueros
revenant à Rehabi GABIN, aux ordres d'Alberto Aguilar
, qui obtiendra le prix du meilleur piquero. Face à ces toros il fallait
des toreros style gladiateur pour les affronter et à des degrés
divers la terna du jour fit honneur au costume de lumière.
Fernando Robleño, habitué des corridas difficiles,
sut tirer profit du difficile premier auquel il coupera une oreille, à
son second le plus lourd de l'envoi, il fut très digne devant les difficultés
rencontrées. Luis BOLIVAR,
qui lui est un habitué des Victorinos fut intéressant à son
premier auquel il coupa une oreille mais fut, par contre dépassé,
par son second, très mobile, peut-être lui manquait-il une rencontre
avec la cavalerie. Alberto Aguilar
fut plus guerrier des trois. Nous l'avions aimé novillero et, s'il a peu
toréé depuis son alternative, il a gardé intactes ses qualités
de vaillance. Il fut à la hauteur de l'événement, même
si l'oreille de son second opposant fut plus difficile à obtenir. Il réalisa
de très bonnes réceptions à la cape et banderilla efficacement.
Ses picadors furent les seuls à accepter d'utiliser les puyas du règlement
andalou. L'organisation avait annoncé que celles-ci seraient utilisées
avec l'aval de l'U.V.T.F. et qu'à l'issue de la course des vétérinaires
analyseraient les incidences de ces puyas. Vu le refus des piqueros des autres
compagnons de cartel, ils pourront peut-être faire une étude comparative.
Seul bémol, cet état de fait ne nous a pas été communiqué
avant la course. Ceci dit, saluons Beaucaire,
l'organisation et les aficionados de cette ville qui se sont impliqués
dans cette journée dédiée aux Victorinos, le public était
au rendez-vous (presque le plein) et il était ravi à la sortie des
arènes, du comportement des toros, ce n'est pas toujours fréquent
pour le signaler. De plus il n';y avait
pas inflation sur les prix en effet le premier prix de l'abono pour les deux novilladas
et la corrida était proposé à 45 euros !
Enhorabuena ! Et à " l'an que ven ! " |