Dimanche 27 juillet, corrida de Escolar Gil à Saint-Vincent-de-Tyrosse

Six toros d’Escolar gil (encaste Saltillo Albaserrada) pour José Pedro Prados « El Fundi », Rafael Rubio “Rafaelillo”, Julien Lescarret

Cette année, nous avons vu cet élevage à Vic et Céret : à chaque fois l’émotion était présente. Certes, cette arène proche de l’océan n’est pas une plaza aussi « toriste » que celles citées plus haut, mais Robert Piles et la famille Gélez font de gros efforts depuis trois ans pour amener toros et matadors dignes des lieux mythiques du sud-ouest (Céret compris). Si quelques difficultés persistent (une partie du public ne comprend toujours rien au déroulement de la course), le résultat est plus que probant, dans un ruedo très attachant, aux platanes sublimes.
La musique n’a pas été à l’honneur : dès que la présidence la réclamait, les matadors en demandaient l’arrêt car ils considéraient que leur adversaire interdisait le moindre relâchement (surtout lorsque les bandas confondent fête locale et art tauromachique !)

En ce dimanche de juillet, le temps magnifique nous fit rechercher l’ombre salutaire d’arbres séculaires.

Contrairement aux autres années, les deux piques règlementaires ont été exigées, ce qui est très louable dans un lieu de cette catégorie. Nous avons été un peu déçu par le comportement de deux matadors ; devant ces animaux, il faut s’employer entièrement ; seul « El Fundi » l’a fait et il s’en est sorti plus qu’honorablement.

Son premier a pris deux piques, dont l’une trop en arrière. Les banderilles ont été posées par les aides (cela est la conséquence de la « cornada » subie à Pampelune). La faena débuta au centre, elle permit de belles séries des deux côtés, mais le toro devint avisé et un pinchazo et ¾ d’épée ont permis à José Pedro Prados de saluer au tiers.

Son 2° Escolar gil était particulièrement bien présenté. Les deux piques furent poussées, en revanche les banderilles ne resteront pas dans les mémoires !
De belles séries ont été effectuées des deux côtés et une entière légèrement en arrière permit au maestro d’obtenir une oreille ; sa saison est remarquable, il reste un chef de lidia hors pair, il est aujourd’hui difficilement remplaçable.

« Rafaelillo » eut affaire à son premier très bien armé. La première pique en arrière, la deuxième mal posée et reprise, fait ressurgir le problème de ce tercio : que faut-il faire ? Pourtant certains « piqueros » sont ovationnés à Vic et Céret !
Lescarret effectue un très bon quité.
La faena débuta par « doblones », à gauche en particulier, très réussis. La droite permit de belles séries, deux passes de poitrine pour finir ; un pinchazo, un tiers de lame et cinq autres coups d’épée ont achevé le travail.

Le cinquième était difficile à la cape. Les deux piques , mal données, précédèrent une troisième légère.
Les séries à gauche ont été correctes  mais le matador a perdu du terrain ; en revanche une épée entière fut foudroyante ! L’animal a été applaudi.

Le premier de Lescarret avait une corne gauche très belle. Les piques moyennes ont précédé des séries à gauche et à droite mais l’Escolar devint difficile.
Un pinchazo puis une entière ont entrainé quelques applaudissements (Julien a été en dessous du toro).

Le six, très bien présenté, dans le type. Deux piques,  puis deux magnifiques paires de banderilles ont permis à Chano de saluer.
Le matador est dépassé à droite et ne se croise pas assez à gauche.
Une entière termine cette course très sérieuse.

El Fundi a été supérieur. Les trois toreros ont été très applaudis à leur sortie (le public est peut-être indulgent mais il a mesuré la difficulté de la tâche).
Le vent vient de la mer, les platanes en témoignent. Il existe aujourd’hui des raisons d’espérer !