Dimanche 8 février 2009, ouverture de la temporada française à Samadet
Nous publions successivement, dans l'orde où elles nous sont parvenues, deux reseñas.
Côté toros et tonalité générale, nos deux revisteros sont à peu près d'accord mais ils divergent sur l'appréciation de la présidence, l'un l'ayant vu résister à l'inflation des trophées, l'autre laisser aller les premier et deuxième tiers à vau-l'eau.
Preuve, s'il en était besoin, que la critique taurine n'est pas une science exacte et que deux parfaits aficionados peuvent avoir des points de vue différents et pas forcément contadictoires.
Ce qui est tout à fait heureux et confère beaucoup d'intérêt et de charme à nos courtoises confrontations.
1) Décevante novillada d’ouverture à Samadet
Dans l’ensemble bien présentés avec du trapio, les novillos de Camino de Santiago de Jean-Louis Darré ont été affligés de problèmes de pattes ; le premier, invalide dut être remplacé. Dans la lidia ordinaire les 2me et 4me perdirent un sabot quant au 1er et au 6me, ils connurent eux aussi des problèmes de pattes ; ces difficultés étant sans doute dues à l’humidité persistante du campo. Quant aux cornes, plusieurs étaient gachos ; le second était astillado ; le 6me avait de gros pitones courts.
La plupart prirent une seule pique à l’exception du 3me qui en prit deux comme le 6me qui était le plus noble ; qualité dont fit preuve également le premier et le second. Les 3me, 4me et 5me furent querenciosos, cherchant les planches et restant sur la défensive, ce qui ne facilita pas la tâche des novilleros.
Roman Perez montra son métier et sa maturité, mais aussi une certaine superficialité. Il sut tirer profit de son premier opposant qui venait bien des deux côtés et fit étalage de sa maestria ; mais à l’épée ce fut l’échec ( silence ).
Au quatrième novillo, manso et qui cherchait l’abri des planches, il fit preuve de volonté pour lui arracher des passes sans grand succès ; il l’acheva d’une estocade sur le côté avec hémorragie buccale.
Tomasito reçut le second novillo de la soirée par de jolies véroniques et le mena ensuite au centre .A la muleta son travail , de qualité fut gâché par les problèmes de pattes de son adversaire qui devint figé . Unpinchazo et une entière contraire en arrière eurent raison du novillo ( salut ).
Au cinquième , il fit également preuve de ses qualités de capeador. Il commença la faena de muleta au centre par des cambios ; puis le toro se réfugia aux planches et devint difficile ; malgré cela Tomasito réalisa de réels efforts pour lui arracher des passes . Une estocade entière efficace lui permit d’obtenir une oreille bienveillante récompensant sa volonté de plaire.
Quant à Mario Guirao, dont c’était la présentation en novillada piquée, il fit une assez bonne impression. Au troisième novillo, fuyard, il s’efforça de le retenir sans y parvenir, tant son attirance aux planches était grande. Les peones connurent des difficultés aux banderilles dont aucune ne parvint à être plantée. Mario Guirao commença la faena au centre par des passes circulaires mais le toro ne permettait pas beaucoup et il s’en défit par une épée et de nombreux descabellos ( applaudissements ).
Son second adversaire était le meilleur du lot, très noble à droite, mais moins facile à gauche et Mario eut moins de succès . En dépit de sa jeunesse il fit de son mieux pour tirer de l’animal une assez bonne faena terminée par un pinchazo et une entière delantera ( une oreille ).
La présidence s’est montrée à juste titre ferme ; quant à la musique(1), elle fut excellente et très applaudie.
2 ) Mauvais novillos et mauvaise présidence
1 Le Ganado :
De présentation brocho, gacho, acapachado (bien sûr, nous sommes en novillada, mais piquée tout de même); faibles à invalides les 1, 1bis et 2 ; mansos le 4ème et le 5ème, plus intéressant le 6ème.
Sur la présentation physique, on peut quand-même se demander comment, à partir de Santafé Martón et Jandilla, on sort des têtes aussi pauvres ?
La perte de plusieurs sabots est probablement due comme le ganadero et l'aficion le disait après la course, aux fortes pluies et à l’humidité ambiante cet hiver dans le campo gersois, mais quand-même, n'y a t’il pas aussi un éventuel problème de nutrition ?
Bien sûr la tarde était importante pour le ganadero, nous le comprenons. Le rencontrant après la course, nous lui disions combien l'espoir repose dans l'autre branche de son élevage, Astarac (origine Guardiola), qui doit tout de même confirmer après sa sortie de Vic en août 08 et qui est déjà annoncée en corrida de nouveau à Vic en août 09.
2 La présidence
Dirigée par un, aficionado de Mont-de-Marsan bien connu, elle fût plus que laxiste. Je ne mets pas en cause l'attribution des trophés (les oreilles respectives de Tomasito au 5ème et de Mario Guirao au 6ème ne furent pas usurpées, bien au contraire).
Par contre, la conduite (ou plutôt l'absence de conduite de la lidia) par le dit palco fut critiquable : accord de toute demande de changement aux piques et aux banderilles exprimées par les toreros, qui étant des jeunes peu expérimentés (sauf Román Pérez) et pas toujours bien conseillés, le changement de tercios aux banderilles au 3ème alors qu'aucune paire n'avait été plantée sur le dos de l'animal, les piques données n'importe comment et n'importe où : à mi-chemin entre les toriles et le côté qui leur est opposé, oui car les arènes de course landaise ne sont pas rondes, etc...
Enfin même si la musique fut excellente, le président la fit donner hors de propos, même quand elle était incompatible avec le contexte de la lidia.
Román Pérez n'a pas convaincu, mais il devait se réserver pour l'avalanche de contrats qu'il aura cette année en France après les résultats de sa bonne temporada espagnole de l'an dernier; il était mis devant le fait accompli au 4ème de devoir lidier un manso, ...et il ne fit rien ou presque...
Pour conclure en positivant, n'oublions pas que le premier plaisir était de revenir aux arènes après le long hiver encore en cours et de rencontrer cette imposante proportion d'aficionados du Sud-Ouest, le plaisir encore plus fort d'entendre la musique taurine(1) jouée par une harmonie remarquable, la bonne surprise en piquée du toréo de Tomasito (capote, estocades de verdad, contraires à ses deux novillos), l'estocade de Guirao au 6ème.
Donc vive les Novillada piquées, en particulier celles du Sud-Ouest, mais sachons raison garder et rester lucides en fonction de ce que l'on nous présente.
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(1) Nos deux distingués mélomanes se retrouvent pour louer la qualité de la musique.