Fédération des Sociétés Taurines de France - Temporada 2009

Vendredi 10 avril, corrida de Domingo Hernández

Six toros de Dominguo Hernández pour "Juan Bautista" et Sebastien Castella mano a mano

Deux regards parallèles mais pas tout à fait convergents. Ils se sont fixés, à peu près, sur les mêmes taureaux mais n'ont pas vu le mêmes Castella.
Ces deux regards d'excellents aficionados estimés, nous les cautionnons également car en matière de tauromachie il n'y a pas de vérité scientifique.

1 ) De l'un de nos socios arlésiens

Vent glacial et gênant pour les toreros. Ciel nuageux. 9/10ième d’arènes. 

Toros de Domingo Hernández (encaste : pur Juan Pedro Domecq) , tout juste âgés de quatre ans. De trapíos convenables (mais tous bonitos), les toros présentaient un sérieux déficit au niveau des cornes. L’ensemble a été d’une faiblesse habituelle chez cet élevage, à l’exception du quatrième (le seul en pointe) qui a présenté par son caractère défensif des difficultés à Sébastien Castella. Il a été le seul toro à prendre deux piques et à défendre sa vie, malgré un fond de mansedumbre. Le reste s’est révélé "décasté", manso et d’une niaiserie affligeante, ce qui provoqua un ennuie de chaque instant dans les gradins.

Dans ce contexte, il est difficile de dégager un vainqueur pour ce mano a mano, ou les toreros ont rivalisé de fantaisies pour essayer d’intéresser le public. "Juan Bautista" et Castella ont coupé chacun trois oreilles offertes en grande partie par une présidence généreuse. Match nul au compteur conciliant. Bautista brinde son dernier toro à Castella. En fait, la seule lutte entre les deux toreros a été sur les quites au capote, les maestros se rendant coup pour coup !

Jean-Baptiste coupe deux oreilles à son premier toro ! Toro niais, qui suit la muleta quand sa faiblesse ne l’empêche pas de faire ce pour quoi il était venu ! Festival des deux mains et répertoire fleuri. Trop facile, aucun intérêt.
Son deuxième toro, aussi crétin que le premier verra Bautista livrer quelques belles naturelles. Seul enseignement de l’après-midi à mon goût : Bautista a vraiment une très bonne main gauche qu’il sait manier avec temple ! Une oreille.
Au troisième, énième manso très vite arrêté et sans moteur. Bautista essaie, mais la messe était dite !

Castella touche un premier toro d’une faiblesse affligeante. Nulle possibilité pour un toreo profilé de pueblo !
Face au quatrième, le seul toro valable (un peu moins niais et qui cherche à défendre sa vie !), Castella propose une lidia exécrable. Il met ainsi en danger ses banderilleros pour un deuxième tercio affligeant. A la déroute au capote, il mettra peu à peu le toro dans sa cape sur le terrain de celui-ci, le toril. Un beau travail qui ne saurait faire oublier l’échec lidiador.
On vit enfin Castella avoir de l’envie face au dernier. Mais face à rien, pas de combat et une faena classique du torero. Cambio dans le dos, et on tourne, et on tourne…. Deux oreilles pour une mort longue, pétition du rabo, demande d’indulto du petit castaño moche, non piqué et crétin. Vuelta au toro d’une présidence à la rue ! En fait rien de nouveau sous le ciel des cartels commerciaux !

On peut regretter que le ce duel inédit entre deux les toreros français se soit déroulé devant des toros  « faire valoir » ce qui lui a enlevé tout son intérêt !


2 ) De l'un de nos socios Nîmois

Il s'est dit qu'en ouverture, les jeunes avaient eu du cran face aux becerros de BARCELO (un excellent, un bon, un diable et trois divers).

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Pour le mano a mano entre Juan Bautista et Sébastien Castella, l'attente n'a pas été déçue, même s'il convient de modérer quelque peu les dithyrambes médiatiques.

Les toros pour vedettes de Domingo Hernández manquaient tout de même de qualité : pattes jetées en avant, cabeceo, charges hachées, forces limitées. encore qu'ils soient allés nettement a más au 3e tiers (miracle de la physiologie ? de l'alimentation ? de... ?). Le 1er n'était quand même pas trop mal. Mais sortaient du lot le difficile 4e (2e de Castella) : armé long, astifino et avec coup de crochet à la sortie de chaque passe ; ainsi que le 6e (3e de Castella) : un bonbon encasté et inlassable. pour qui pouvait le contenir ! ce qui est le cas de maître Castella.

Juan Bautista a été bon, et excellent par moments, mais dans l'ensemble ce n'était pas encore le grand Juan Bautista.

Sébastien a été souverain, avec la classe, le calme, la simplicité, l'évidence de la si difficile facilité.
Pourl'aficionado « le » monument de la course aura été la prise en mains, par doblones et autres, du diable de 4e toro : en moins de 10 passes, données dans la continuité, en avançant sans cesse sur le toro avec une tranquillité confondante, celui-ci a été dominé et « mis » dans la muleta. Quel régal !

Voir le reportage vidéo de Corrida Tv (accessible en fin de page)

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