Dimanche 12 avril, 17 h, corrida de Miura
Six toros de Miura pour Juan José Padilla, "Rafaelillo, Julien Lescarret
Ici les deux regards convergent.
1 ) D'un deuxième socio arlésien
Toros de Miura tous différents aussi bien physiquement que de comportement.
Malgré des poids affichés impressionnants (de 620 à 680kg comme souvent avec cet élevage), les toros furent loin d’être inoubliables à la pique (faute de vraies mises en suerte) mais firent preuve d’une certaine « mobilité » et cela malgré la faiblesse de certains (au moins 3 se couchèrent sur le sable pendant le 3ème tiers)
Le 1er adversaire de J.J.Padilla trop lourd a proposé une charge molle et a rapidement manqué de moteur au 3ème tiers. Salut.
A son second adversaire, le maestro a offert un très bon tercio de banderilles. A la muleta, Padilla a profité de la bonne mobilité de son adversaire pour donner une prestation « padillesque » malgré un adversaire qui s’éteignit rapidement. A la suite d’une épée entière et efficace, le « show » fut récompensé par deux oreilles satisfaisant une partie du public.
Rafaelillo, malgré deux faenas au nombre de naturelles et derechazos impressionnants, a perdu par deux fois le fruit de son travail à la mort ; les nombreux coups de descabellos finirent de partager le public sur ses deux prestations. Salut avec division et salut mitigé.
Julien Lescarret a eu l’intelligence de laisser venir de loin son premier adversaire qui répondait à la moindre sollicitation ce qui lui a permis de ne pas se faire trop rapidement déborder par un toro qui se retournait aussi rapidement qu’un chat. A force de volonté, Lescarret réussit quelques enchainements sur les deux cotés. Après un pinchazo, une entière conclut une prestation honnête et franche. Oreille.
A son second adversaire, Lescarret tenta à nouveau de faire venir de loin son adversaire et offrit de longues naturelles malheureusement sans parvenir à les lier. L’échec à l’épée emporta tout espoir de trophée. Silence.
2 ) Toujours du même socio Nîmois
La miurada, cinqueña, a été ce que sont maintenant les miuradas : des toros sans trop de forces (1 & 2 carrément faiblards), presque braves, nobles, avisés mais sans plus.
Padilla a perdu l'oreille du 1er pour cause de
bajonazo ; il a forcé le succès « à la Padilla » à son second. Son moment
remarquable a été donné aux banderilles de ce second : le toro attendait,
attendait, puis se lançait en coupant quand il espérait attraper l'homme. A
ce petit jeu, Padilla a failli se faire clouer aux planches ; le toro,
difficile à placer, était finalement trop près des barrières. il a accentué
le problème en retardant sa charge. si bien que Padilla ne pouvait plus
arrondir le cercle de sa trajectoire pour devancer quand même le toro : il
n'a dû son salut qu'au quite majuscule (et majusculement discret !) de
Vicente Yesteras, sorti du burladero au 100e de seconde et dans un mouchoir
de poche, de façon à faire le quite sans empêcher Padilla de rentrer au
burladero. Chapeau ! M. Yesteras.
Rebelote à la paire suivante, de l'autre
côté de la piste ; mais cette fois, il y avait un peu plus de place pour
passer, et le susto a été moins fort.
Rafaelillo est d'un déplaisant parfait
avec sa façon de faire systématiquement assassiner ses toros à la pique :
vaya pundonor !
Son second était un grand toro tout court, juste un peu «
miura » : brave, noble, solide, inlassable ; un toro de vuelta d'une autre
valeur que la vuelta accordée au 3e de Castella ! Le fracaso à l'épée a tout
cassé, d'autant plus que la faena n'était pas tout à fait à la hauteur du
toro.
Et Julien Lescarret ?
Avec le peu de métier qu'il a encore, il a été
remarquable en dépit de quelques scories. Lui-même était conscient, en
sortant, des progrès qu'il lui reste à accomplir avec ce type de toros. Mais
il a osé, à mi-faena, faire venir de loin son magnifique et bon salinero
sorti pour lui en 1er : un régal. Une entière fulgurante, après un pinchazo
sincère, a libéré justement l'oreille. sauf aux yeux de ceux qui jugent
pareillement la figura confirmée et celui qui se bat pour 5 ou 6 contrats
par an : sans tenir compte de l'homme.
A son second, qui aurait été un
diable de Miura s'il avait eu des pattes d'acier ! Julien avait un peu épuisé son influx ; mais il a été fort digne. On lui doit quand même 2
naturelles somptueuses.
N.D.L.R. Selon la rumeur publique et le témoignage de plusieurs aficionados fédérés, présents à la course, les encornures de ces miuras étaient loin d'être irréprochables.
Les photos ci-dessous prises par un aficionado arlésien en portent témoignage :
