Lundi 13 avril, 17 h, corrida de Victorino Martin
Six toros de Victorino Martín pour Antonio Ferrera, "El Cid", Mehdi Savalli
1 ) Du socio arlésien n°2
Corrida de Victorino Martin décevante malgré un point de caste. 6 toros s’employant avec parcimonie et qu’il a fallut économiser systématiquement au cheval.
Antonio Ferrera face à ces deux adversaires peu enclins à se livrer s’est rapidement contenté de « péguer » des passes sans émotion, privilégiant la quantité à la qualité. Ces deux faenas se soldèrent pas deux épées basses fatales. Salut et oreille (que je ne comprends personnellement pas tant l’émotion était absente).
A noter que Ferrera a été mauvais aux banderilles au point de devoir écourter ce tercio face à son premier adversaire.
El Cid affronta le lot le plus compliqué de l’après-midi. Il a eu toutefois le mérite d’offrir une très bonne série à la cape face à son premier adversaire qui a poussé généreusement au cheval mais qui s’est rapidement avéré intoréable à la muleta. Deux pinchazos, une demie et un coup de descabello. Opinion divisée.
A son second, peu soutenu par le public, El Cid eu du mal à tirer parti d’un adversaire qui s’est imposé dans le ruedo semant la panique auprès de la cuadrilla au 2nd tiers.
Même si à la muleta, le toro présentait des difficultés importantes, on peut regretter que le maestro n’ait pas poussé au bout son effort laissant une grande déception s’installer sur les gradins.
Epée entière et opinions partagées.
2 ) Toujours du même socio Nîmois
Quant aux Victorinos, cinqueños eux aussi, ils n'avaient pas un gramme de graisse en trop. De bravoure relative et de peu de poder au cheval, comme souvent, ils ont été de comportements « distinctos », comme disent les espagnols.
Antonio Ferrera nous a gratifiés d'un bon nombre de muletazos
templés et longs ; il pourrait de dispenser de crier.
Il ne lui est sans
doute pas arrivé souvent de sécher aux banderilles ; c'est pourtant ce qui
lui est arrivé à son second.
En apodérant Mehdi Savalli, Denis Loré a conjuré le mauvais sort. qui s'est reporté sur le Cid : le haricot noir du jour et le toro le plus difficile sont tombés sur lui. La simplicité, le coulé, la douceur de ses mouvements, particulièrement au capote, y compris dans l'adversité, n'en ont pas moins été des moments lumineux.
On devait «
ne pas reconnaître Mehdi Savalli », on ne l'a pas reconnu !
D'accord, il a
eu le meilleur sorteo, dont « le » toro du jour, sorti en 6e.
Un Mehdi
courageux et possédant déjà de la technique : on savait. Mais un Mehdi. sans
bedaine, posé, marchant en torero, sans un geste forcé, sans la moindre
vulgarité racoleuse : on ne connaissait pas ! Un Mehdi alluré et profond,
artiste même, donnant, main basse, des derechazos et des naturelles longs,
templés, dominateurs, que sa majesté El Cid lui-même n'aurait pas reniés :
qui osait l'espérer à ce point ? et, plus encore, si vite ?
Merci à Denis et merci à Mehdi : ils (nous) ont beaucoup donné. Suerte !