Vendredi 1er mai, novillada de Montalvo à Aire sur l'Adour
Deux reseñas émanant de deux sexes opposés mais tout à fait consensuelles
1 ) D'une aficionada :
Très beau lot de novillos de Montalvo, costauds, bien présentés, aux comportements divers, mais toujours intéressants pour l’aficionado.
Dámaso González Tarruella (vert bouteille et or) reçoit assez bien à la cape le premier animal, plus léger que ceux qui suivront et discrètement armé.
Papa Dámaso suit l’affaire du callejón.
Première pique dans l’épaule, deuxième pique mieux placée relativement forte.
Brindis au public.
L’animal s’agenouille en début de faena et Dámaso torée à mi-hauteur. Les derechazos déclenchent la musique. Les naturelles qui suivent sont plus hachées et le jeune homme reprend la main droite.
Il conclue par une très bonne estocade al encuentro.
Une oreille, demandée surtout pour l’estocade.
| Alejandro Esplá Cliquer sur l'image pour découvrir son origine, El Toril |
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Le second novillo est un superbe tostado, lourd et bien armé ; qui serre à gauche dans la cape d’Alejandro Esplá Tarruella (bleu profond et or).
Pas grand chose percale en main si ce n’est quelques attitudes qui rappellent papa, retenu du côté de Séville ce jour-là. Mais l’oncle Dámaso joue le rôle de double chaperon. Nous sommes en famille, en effet, puisque nos deux jeunes espagnols sont cousins germains par leurs mamans, deux sœurs Tarruella.
Première pique longue, longue, longue … Le cheval est soulevé, plaqué contre la barrière puis poussé vers le centre de la piste… Cette première pique était franchement excessive, la seconde ne fut qu’un picotazo.
Quand verrons-nous des piques multiples parce que bien portées et bien dosées ?
C’est dans un français impeccable que le jeune Alejandro s’adresse à la présidence : « Avec votre permission ? »
Il s’approche du novillo calmement et avec allure mais ce sera le meilleur de sa prestation. Il tombe sur un os et est encore bien vert pour résoudre le problème. Le taureau ne passe pas à droite et se retourne très vite. Le novillero est averti, reste sans solution. Ce qui devait arriver arrive, il subit un forte voltereta plus spectaculaire que grave, si ce n’est que la taleguilla est ouverte le long de la cuisse droite. El Fakir de Albacete a été remarqué sautant la barrière, courant en jeans au cœur de la ruée salvatrice de los de plata o de oro pour secourir et réconforter son neveu.
Le novillo est de plus en plus réservé et raccourcit ses charges. Alejandro essaye la gauche sans succès et prend encore une petit tampon.
1/5ème de lame qui sort seule, deuxième tentative pour un même résultat, troisième tentative idem, quatrième et cinquième idem. Ouf ! la sixième sera la bonne. L’animal s’écroule après un avis. Silence
| Matthieu Guillon Cliquer sur l'image pour découvrir son origine, C.T. Joseph Peyré |
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Matthieu Guillon (gris souris et or) tombe sur un joli berrendo bien présenté. Cape quasi inexistante et pas de mise en suerte. Le novillo fonce spontanément sur le cheval avec violence et pousse avec force. Bonne pique bien qu’un peu trop en arrière, excellent travail du cheval. Deuxième pique relativement brève mais qui révèle la bravoure du novillo.
Matthieu banderille avec détermination et aisance sous l’œil attentif de son mentor, Richard Milian
Beau travail à la muleta, très bons derechazos, naturelles correctes, naturelles aidées dans un joli style. Le tout livré à un novillo qui n’est pas un bonbon et qui a tendance à s’éteindre. Terminaison par statuaires allurées.
Tout se gâte à l’estocade. L’épée glisse malencontreusement sur une banderille. Suit un moment difficile ponctué de deux pinchazos, nécessitant l’utilisation de trois épées pour finir par une profonde contraire légèrement desprendida. Un avis et le taureau tombe. Silence.
Retour de Dámaso avec le quatrième novillo pas énorme mais très bien fait et bien cornu, playero.
Première pique sur le dos, très en arrière, assez brève. Vuelta de campana à la sortie. Capote déchiré. Deuxième courte pique aussi mal placée que la précédente.
L’animal déborde la cuadrilla aux banderilles et renverse un banderillero, dont je ne connais pas le nom. Il sera évacué vers l’infirmerie.
Entame d’abord courageuse à la muleta mais le novillo gazapón réfléchit beaucoup et Dámaso, qui réfléchit lui aussi, se met à « citer » prudemment avec le pico. Ce n’est pas simple mais il y a, ci et là, quelques petits éclairs au cours d’une faena trop effilochée.
Vilaine estocade basse. Silence.
Alejando Esplá reçoit assez bien un autre burraco par véroniques et revolera.
L’animal exécute une figure de gymnastique assez peu commune qui débute comme une vuelta de campana, cornes fichées en terre, mais qui se termine par une roulade latérale.
Deux piques encore alternées par des exercices acrobatiques du novillo. De la gymnastique au patinage, l'acrobate quadrupède n'évite pas par la suite quelques chutes, tel un Philippe Candeloro ou un Brian Joubert des mauvais jours.
Il n’en reste pas moins un adversaire redoutable qui regarde plus Alejandro que sa muleta. Il s’ensuit encore une volterata. Mâché et déchiré, le novillero courageux reprend ses trastos. Multiples pinchazos, je préfère ne pas les avoir comptés, avis, une épée basse. Silence.
Le fort sympathique garçon tomba certes sur deux novillos bien difficiles, mais est-il mûr pour une proche alternative ?
Pour le français, notre Matthieu, - dont ce n’était, il faut le rappeler, que la deuxième novillada piquée - un joli dernier novillo, grand, développé, à la sortie spectaculaire et vive.
Excellente réception à la cape, con arte y sentimiento.
Le bicho prend une bonne pique de Bartoli mais trop longue.
Raccourcissons la durée des piques si nous voulons en voir davantage !
Bartoli s’avance entre les deux cercles, sous les protestations d’une partie du public, pour solliciter une deuxième pique plus brève.
Banderilles du jeune novillero, un ton au dessous des précédentes.
Il entreprend une faena qui plaira mais avec le défaut de trop toréer sur le passage et de ne pas se croiser assez. Le toro mal dominé en profite pour s'aviser. D’où une suite un peu décousue. Bien heureusement, du callejón partent les conseils de Richard. Matthieu poursuit sous la musique.
L’estocade est superbe, mort quasi instantanée.
Il n’en fallait pas plus pour que tombent deux oreilles.
Sans doute une de trop, mais il y a eu pire !
Dans tous les cas, des novillos loin d’être anodins, des novilleros un peu tendres mais symphas, un très bon après midi !
2 ) D'un aficionado :
Novillada difficile de Montalvo et triomphe de Matthieu GUILLON
La novillada prévue pour le 1er mai ne laissait rien présager de bien intéressant : un ciel nuageux (ce qui n’était pas sans rappeler l’annulation de la corrida du dimanche de Pâques à Aignan), des fils de vedettes au cartel, et des toros de l’élevage de Montalvo réputés pour leur noblesse et leur facilité.
Or ce fut le contraire. Les novillos furent, sauf le premier, bien présentés et armés et posèrent des problèmes aux novilleros. Tous prirent deux piques avec plus ou moins de bravoure.
Damaso GONZALEZ (vert bouteille et or) n’a pas montré le meilleur de lui-même à son premier novillo de présentation juste acceptable, petit et de cornes faciles. Il débuta la lidia par une bonne réception de cape continua par une mise en suerte approximative et termina par une faena sans grande émotion que permit un novillo très noble mais qui se décomposa. Une estocade efficace fit tomber l’oreille à la demande du public.
Il montra davantage de technique à son deuxième novillo. Léger, bien armé et plus compliqué que le premier, il alla deux fois au cheval pour deux piques assez courtes. Aux banderilles il coupa le terrain à droite en infligeant une voltereta au premier banderillero qui dut se rendre à l’infirmerie. Le novillero dut faire face à un toro aux charges lentes et peu franches qui le regardait avant de s’engager dans la muleta. Il arriva à le toréer par des séries main basses et dominatrices mais perdit l’oreille en laissant le toro se décomposer en prolongeant la faena.
Alejandro ESPLA, (bleu nuit et or), fut le plus malchanceux et le plus mal servi de tous. Son premier novillo gros et bien armé contrairement au précédent, pousse longuement lors de la première pique et colle le picador contre les planches pour l’amener ensuite au centre de la piste. La deuxième pique fut plus courte. Le toro ne permit quasiment rien : très vite avisé à droite et après avoir prévenu deux fois attrapa le novillero le projetant en l’air. Le toro aux charges courtes ne se montra pas meilleur à gauche, il avertit même à nouveau une troisième fois sur la corne droite. Cinq tentatives d’estocade silence.
Son deuxième novillo ne lui permit pas davantage ; avisé à droite et à gauche en cherchant l’homme, chargea spontanément et sans prévenir le novillero sur la gauche ; le souleva et le jeta au sol. Il se montra tout aussi dangereux lors de l’estocade. Le torero finit pas s’en sortir avec une épée basse.
Matthieu GUILLON (gris et or) seul torero français de l’après midi avec pour compañeros des fils de toreros connus, n’a pas eu la tâche facile. Son premier toro bien présenté et bien armé, qui charge le picador et le percute très violemment sur la première pique, se montre difficile à être placé pour la seconde. Il assura le tercio de banderilles et entrepris une faena avec bonne volonté à un novillo noble mais lent et sans force qui perd en intérêt. Après un coup d’épée raté et deux pinchazos, le quatrième coup est bas et contraire. Silence.
Le dernier toro sort en piste accompagné par une « jota » jouée par la banda. Il prit deux piques comme tous les autres. La première longue la deuxième plus courte. Le torero pose les banderilles, et muleta en main arrive à faire passer un toro sans grande noblesse qui relève la tête à la fin de chaque passe, sur les deux côtés. Accompagné par la musique, Matthieu GUILLON ne peut prolonger puisque le toro se décompose brusquement. Une belle estocade efficace lui permettra d’obtenir deux oreilles sur insistance du public.
Matthieu GUILLON sortit des arènes en triomphe, après avoir obtenu les deux oreilles à un un toro difficile dont il a su tirer parti.
Photos : Benoit Rozes

Damaso Gonzalez a obtenu l'oreille de son premier novillo

Damaso Gonzalez à son deuxième novillo
Alejandro Espla en difficulté face à un novillo malcommode...

... subira une voltereta

Triomphe de Matthieu Guillon