Fédération des Sociétés Taurines de France - Temporada 2009

Lundi 1er juin après midi, corrida de La Quinta

Six toros de La quinta (Santa Comoma-Buendia) pour Luis Francisco Esplá, Rafael Rubio "Rafaelillo", Sergio Aguilar.                                                                                                                                                               
Toros magnifiques de corpulence et de têtes.
Deux piques chacun prises avec bravoure.
C’est la dernière du cycle Vicois. Nous attendions beaucoup de ce lot et comme l’année passée avec les Escolar Gil du lundi après-midi (où ils ont obtenu le prix du meilleur élevage toréé dans le sud-ouest), nous n’avons pas été déçus.
Le 3ème était, d’après certains, boiteux. Il fut remplacé par un « Cortijoliva » qui s’avéra compliqué.

Le paséo était composé de Luis Francisco Esplá, Rafaelillo (qui remplaçait El Fundi blessé) et Sergio Aguilar, présent déjà le samedi lui aussi.
Le public remplissait entièrement les arènes ; il invita Espla à saluer en raison de sa dernière course ici ; les deux compagnons se joignirent au chef de lidia et reçurent tous une grande ovation. Nous aimons cette atmosphère, ce temps magnifique et le pressentiment que de grandes choses vont advenir.

Esplá est un matador atypique. Non seulement il va sur ses 51 ans,  c’est un artiste (il peint, il écrit) mais il y a deux ans à Céret il a failli perdre la vie devant un toro de Valverde. Depuis ce jour, il est pardonné de tout et chacun de ses gestes est considéré comme un remerciement au public. Il pose toujours les banderilles, souvent de façon remarquable ; il semble prendre beaucoup de plaisir à toréer, un éternel sourire illumine son visage, il se sort de toutes les situations grâce ici, à une tricherie, là à une pirouette ; son habileté n’a d’égale que sa ruse. Il saluera au premier et écoutera une ovation au deuxième, au milieu de l’arène. Nous n’oublierons jamais Luis Francisco Espla !

Rafaelillo ne nous a pas entièrement convaincu ; il est souvent éloigné de son adversaire, ne se « croise » pas assez. Il n’obtiendra rien au premier et l’oreille coupée attribuée au second semble un peu généreuse si l’on tient compte de la qualité de l’épée. Toutefois il a réussi quelques séries des deux côtés qui montrèrent qu’on peut compter sur lui avec de tels élevages.

Sergio Aguilar est madrilène. Il a pris son alternative en 2004 à Madrid et il connut quelques difficultés pour s’imposer. L’année dernière il avait enflammé l’arène avec les « Escolar Gil » remarquables. Il a beaucoup de style et manie la cape avec élégance et facilité : on lui doit d’ailleurs le seul véritable « quite » du cycle vicois. Il eut la malchance de subir le seul changement de toros des trois jours. Le « Cortijoliva » ne lui permit pas de montrer son talent.
En revanche le dernier de la course paraissait noble, mais il s’avéra par deux fois dangereux et la moindre erreur pouvait être fatale. Sergio connut des moments difficiles, notamment lors de séries très serrées à gauche : il se retrouva sur la tête de l’animal qui le projeta au sol où il resta quelque peu « sonné » ; le banderillero voulut l’aider mais il fut touché à son tour notamment à la hanche. Fort heureusement les  blessures ne s’avèreront pas graves. Les manoletinas de la fin ne s’imposaient peut-être pas. Mais un matador courageux qui ne recule pas est une « denrée » rare qu’il faudrait conserver. Un « pinchazo » et une entière ont achevé son travail ; l’émotion traversait les gradins et il reçut une grande ovation à sa sortie. Le mayoral aurait pu être invité à saluer.


Bilan :

La course de novillos, la corrida de lundi sont les grands moments des trois jours. Le public en général a beaucoup à apprendre notamment lors du tercio de piques : on n’applaudit pas un piquero lorsqu’il met sa lance à cinquante centimètres derrière le morrillo !

Notons enfin le comportement pénible de la famille Victorino. A quand la présidence de la corrida concours au propriétaire de cet élevage ? Le résultat ne ferait aucun doute, mais là au moins nous saurions pourquoi !

Toutefois Vic  reste une étape incontournable si l’on veut voir des toros !

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