Fédération des Sociétés Taurines de France - Temporada 2009

Du vendredi 19 au dimance 21 juin, feria d'Istres

UNE FERIA EN OR

C’est l’appellation autoproclamée de la ville… et c’est bien ce qui s’est passé, malgré le vent et la température automnale. D’ailleurs, pas un seul torero n’a toréé en roue libre.

Vendredi 19 juin

Certes, les Miura du vendredi soir n’étaient pas monstrueux, en dépit de leur affichage avantageux (une caractéristique générale sur les 3 corridas…), et armés « regular » ; mais ils étaient nettement au-dessus de ceux Nimes, surtout en comportement. Quatre (1, 2, 5 et 6) étaient du genre noble et de peu de forces - le 6e étant carrément un carretón - ; deux (3 et 4) étaient toréables mais bien « miuras ». José Ignacio RAMOS connaît le métier : seule l’épée l’a privé de 2 ou 3 trophées ; le grand moment a été sa faena du 4e, qui demandait beaucoup au torero et qu’il a toréé comme à Madrid.
Juan José PADILLA a eu le sorteo le plus facile ; il n’a pas trop forcé à son premier et a coupé en faisant… du Padilla à son second.
 Mehdi SAVALLI a touché un gros premier qui, sans être un diable, demandait quelque peu les papiers : il s’en est tiré très honorablement, sauf à l’épée où il n’a plus le sitio ; à son second, le carretón, il s’est régalé et nous a régalés : une somptueuse demi véronique et un derechazo templé, relâché et main basse sont restés dans tous les yeux. Public ravi.

Samedi 20 juin

Le samedi, tout le monde attendait avec crainte les Torrehandilla, dont les frères venaient de lamentablement s’écrouler à Granada.  Certes ils n’étaient pas bien gros dans l’ensemble (mais pas moins que les Zalduendo et autres lots nimois, bien au contraire) et leurs armures n’étaient pas terrorifiques. Mais ils ont eu du moteur a revendre (mystères de l’élevage ! « Une autre lignée », se disait-il du coté ganadero : peut-être…) et une noblesse confondante, sauvée de la fadeur par leur vivacité.
Luis Francisco ESPLÁ s’est régalé, tout en gardant une certaine brusquerie forgée par tant de combats épiques.
Javier CONDE est passé à côté de son premier passant plus de temps à se plaindre du vent qu’à toréer ; mais il a débouché son flacon au second, encore que le vent ait empêché plus de continuité.
Sébastien CASTELLA a confirmé l’excellent moment qu’il traverse ; même à son incommode second et en dépit du vent, il a imposé sa tauromachie classique, toute en finesse et simplicité, puis des enchaînements invraisemblables ; grand triomphe. Et public aux anges.

Dimanche 21 juin

Changement de décor avec le dimanche torista, mais resté intérêt très soutenu. Les novillos d’Hubert YONNET, astifinos et longuement armés, très bien présentés (sauf le petit premier) et sans un poil de graisse dans le style maison, toréables mais demandant les papiers, ont fait passer une matinée difficile aux trois toreros.
Marco LEAL n’est pas dans un bon moment ; il n’est plus dans le coup, il peine, et quand il réussit quelque chose, c’est plat, sans âme. Souhaitons-lui de se retrouver.
La semaine précédente, Santiago NARANJO avait fait bonne impression avec un toro facile à Vauvert mais été à la peine avec un plus difficile : confirmation, il ne pouvait pas avec les Yonnet malgré toute sa bonne volonté.
 Le jeune Raúl RIVERA, très plat à Vauvert, s’est mieux sorti d’affaire à Istres : volonté, engagement (2 estocades canon, dont la 1ère, lente et décomposée, était carrément d’anthologie) ; mais que de chemin à faire encore ! Bref, les novillos ont été au-dessus des novilleros mais pas une minute d’ennui.

Les ESCOLAR GIL avaient fait merveille l’an dernier : qu’allaient-ils donner ? Présentation magnifique, cornes asaltilladas sérieuses, comportements divers mais toujours avec du danger… et intéressants pour l’aficionado !
Rafaelillo s’est conduit en vieux briscard ; ce n’est pas toujours fin, mais c’est efficace. Son second avait une caste hors du commun ; il chargeait le museau au ras du sol avec fougue, rapidité, et en répétant, sans permettre la moindre approximation, et transmettant beaucoup. Le vieux briscard a été à sa hauteur : triomphe mérité.
Sergio Aguilar a touché le plus mauvais lot : des toros incommodes et dangereux. Selon sa conception du toreo, il les a toréés de façon classique et posée, ce que le public n’a malheureusement pas su valoriser ; c’est à son engagement qu’il a dû un accrochage spectaculaire et une petite cornada à la fin de son second toro.
On craignait pour Antonio João Ferreira, le poulain de Richard Milian. De fait, s’il était tombé sur le fameux 4e, qu’aurait-il pu faire ?... Mais il a surpris, et en bien. Certes, on voit son manque de métier, ses faenas manquent de continuité, mais il ne perd pas les papiers et fait d’excellentes choses, avec sincérité et engagement : très prometteur. On notera son estocade au dernier : un modèle. Une fois encore, corrida très soutenue, sans une minute d’ennui… même si elle fut éprouvante pour les hommes.

Une Feria… en or, quoi !

 

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