Samedi 11 juillet, corrida de Coimbra à Céret
Six toros de Manuel Assunçao Coimbra pour Carlos Escolar Martín« Frascuelo », Fernando Cruz Calvo, Jesús Martínez Barríos « Morenito de Aranda »
Voilà bien des toros pour Céret !
Des cornes impressionnantes, un trapío de bon aloi (520 à 560 kg selon le panneau d’affichage), une grande présence au premier tiers ( A cinq, le cinquième sorti ayant été renvoyé au corral, il prirent 15 piques, peut-être trop car fort mal administrées ), très difficiles à canaliser au dernier tiers mais mobiles et solides jusqu’au bout, deux d’entre eux, ceux dévolus à Morenito de Aranda, détenteurs d’une rude mais très exploitable noblesse.
Le premier, un negro listón apparaît en piste avec la corne droite éclatée. Ce sera le seul à présenter un accident de ce genre. N’étant ni fixé, ni mis en suerte, il va seul au cheval monté par Alvaro Ateinza. La première pique sera brève, mais sur la seconde, il poussera longuement jusqu’à amener le cheval et sa monture au centre de l’arène, la troisième fois il subira une forte carioca sous les protestations du public
Bonnes banderilles de Luis Carlos Aranda qui salue.
« Frascuelo », rose fané et or, discret jusque là, débute par de magnifiques doblones genou en terre étincelants de classe et de dominio. Olé ! Ce sera tout. L’animal ne passe pas à gauche et derrote à droite.
Le maestro, prudent, emprunte les grands boulevards pour porter un tiers d’épée atravesada et un descabello à toro vif.
Palmitas aux deux protagonistes.
Le vétéran s’illustre à la cape en recevant le quatrième, negro, par des véroniques vibrantes. Encore olé !
Le toro secoue le groupe équestre de manière spectaculaire, prend une deuxième pique en poussant par à coups, une troisième très mauvaise, le piquero, José Quinta, s’ingéniant sous la bronca à agrandir le trou précédent.
Banderilles fort approximatives.
A la muleta la tête du toro pose problème et, sur un essai de naturelle, Frascuelo reçoit un méchant coup de plat de corne dans la poitrine, reste un instant le souffle coupé. Il va choisir de tuer sans risque en usant encore de plusieurs parcours périphériques et circulaires.
Le toro est applaudi.
Le deuxième Coimbra est pour Fernando Cruz, fraise écrasé et or, qui le reçoit par bonne cape. Ce toro negro, mal mis en suerte, donne quelques signes de mansedumbre à la pique. Par trois fois il pousse très brièvement sur le cheval monté par Pedro Iturralde, et sort seul. Il part allègrement vers une quatrième pique dont il sort toujours aussi prestement. Quatre piques certes, mais a-t-il été assez piqué ? Autrement dit, doit-on évaluer les effets des piques à leur nombre ou à leur intensité ?
L’animal ne vient pas aux banderilles s’arrêtant brusquement avant juridicción, ce qui provoque l’ire d’un de mes voisins de gauche dont je parviens à extraire, d’un flot saturé de décibels, qu’il traite paradoxalement les banderilleros de « grands fainéants ».
Fernando double de belle manière et poursuit par de bons derechazos. Mais le toro cherche de la tête et se retourne vite. D’où un travail courageux mais heurté.
Avis sonné à 9mn 18s. Un tiers de lame en bonne place. L’animal se relève sur la deuxième tentative de puntilla. Conclusion par un descabello.
Palmitas aux deux protagonistes.
Le cinquième pensionnaire de Coimbra, n°46, né en avril 2005, appelé Nobre, affiché à 520 kg, est un colorado superbement encorné, aux pointes fines fièrement cabrées vers le ciel. Il est accueilli par les applaudissements unanimes d’un public gourmand qui augure de la suite. Hélas ! L’animal dérape et chute deux fois sur deux recortes consécutifs de Fernando. Dans la seconde qui suit, il ne semble prendre appui que sur l’un de ses postérieurs. « Lombalgie aiguë » souffle le vétérinaire de service à l’oreille du président qui exhibe immédiatement le mouchoir vert. La sagesse eut été d’attendre que l’animal prenne au moins une pique pour voir comment il s’en sortait ? D’autant plus, qu’après le temps de récupération imposé par le désencombrement du chemin de retour vers le corral, il traversa l’arène vers la porte du toril en usant d’un galop parfaitement vif, franc, assuré et souple.
Sort pour le remplacer un sobrero de Fidel San Roman, noir, bien encorné lui aussi, reçu médiocrement à la cape.
Piques lamentablement appliquées par Nicolas Bertoli, carioca et 18 coups de « pompe » comptés à haute et claire voix par ma jeune voisine. C'est un procédé que nous devrions entraîner le public à égrener en chœur : " Un, deux, trois, quatre, cinq, etc". Peut-être les picadors seraient-il ainsi amenés à réfréner leurs ardeurs dévastatrices...
Doblones applaudis, bonne entame, naturelles rageuses puis ça va a menos. L’animal se décompose.
Un pinchazo hondo. Un tiers d’épée en avant. Avis à 8mn 57sec. Un descabello.
Le taureau est applaudi à l’arrastre.
C’est par des véroniques de bonne facture que Morenito de Aranda, parme et argent, reçoit le troisième taureau, castaño capirote.
Le picador est Manuel Jesus Bernal. Le malheureux animal s’emploie sans compter sur une énorme pique « carioquée » et agrémentée des 19 coups de pompe que ma voisine, elle, ne manque pas de compter. Deuxième pique encore très forte et sonnerie du changement de tiers.
Banderilles rapides.
Entame classique par doblones. Le taureau se prête au jeu jusqu’au bout avec vivacité, bonnes naturelles et faena allègre. Conclusion par une demie épée caidita.
Le péonage qui ne sait probablement pas qu’il est à Céret demande l’oreille, l’un deux faisant même mine de la couper. L’effet inverse est obtenu, protestations virulentes dans les gradins.
Le public invite néanmoins Morenita à faire la vuelta.
L’arrastre est très applaudi.
L’ultime toro est un burraco, bragado, meano, affiché à 560 kg. Bonnes véroniques de Morenito. Première pique de Gonzalo Piña Varas dans l’épaule. L’animal mansote pousse par à coups et s’endort.
Il s’élance spontanément pour une deuxième rencontre qui sera fort longue, l’animal ne s’employant pas mais ne parvenant pas à se détacher. Troisième rencontre dans le même style.
Bon tercio de banderilles.
Morenito « brinde » à Frascuelo.
Le taureau est noble. Les passes s’enchaînent ave temple sur les deux côtés. Musique.
La finition est moins heureuse par un tiers d’épées en avant. Un avis est sonné à 8mn 53 sec. Le président qui a déclenché tous les avis avant l’échéance devait être pressé ce soir. Descabello.
La vuelta al ruedo est accordée au Coimbra à l’issue d’une demande non majoritaire. C’est sans doute pour récompenser l’ensemble du lot.
Morenito de Aranda fera lui aussi la vuelta accompagné du mayoral.
En résumé, une tarde fort intéressante pour l’aficionado. Ces Coimbra sont à revoir. Par contraste, ils ont rendu inexistants les ternes toros du lendemain.