Dimanche 2 août, Román Pérez seul contre six (sept !) à Istres
Épatant Román Pérez !
Ce dimanche 2 aout à Istres, devant presque 2/3 d'entrées, Román Pérez faisait sa despedida du Sud-Est comme novillero en s'enfermant avec 6 novillos de 6 ganaderías.
Dans l'ordre : Garcigrande (un bonbon au miel, plus que brocho : cubeto), Cebada Gago (avec des qualités cachées), Robert Margé (idem), Miranda de Pericalvo (bon), García Jiménez (excellent), et Miura (pesant, hargneux. tout de suite dégonflé : nul) + le sobrero de Miranda de Pericalvo (pas mal).
Quel excellent après-midi ! D'abord, Román a enfin mis une sourdine à sa voix. Ensuite, il était dans le coup, présent à 100%, prenant plaisir à toréer et détendu d'un bout à l'autre ; que des faenas complètes, et même longues, sauf au nullissime Miura occis d'un espadazo al encuentro foudroyant. Mais surtout, il a su s'adapter à la perfection à des novillos des plus différents, trouvant tout de suite le sitio et le gardant, effectuant immédiatement les petites corrections nécessaires pour commander au toro, toréant avec beaucoup de justesse, templant et ne se faisant jamais toucher les leurres (sauf au dernier. mais c'était le 7e !). Avec aisance, il a très bien tiré parti du faible 1er, encore que son manque de personnalité l'ait desservi. Le Cebada et le Margé étaient de sérieux clients qui l'ont mis en valeur : il a su les améliorer, les dominer totalement et leur faire donner le meilleur d'eux-mêmes avec une « facilité » déconcertante. Bien avec le Miranda, mal tué. Supérieur avec le G. Jiménez qu'il a su allonger et améliorer considérablement. Si son épée était passée, ce n'est pas 8 oreilles mais au moins 10 qu'il aurait coupées légitimement (sauf au 7e, où la seconde était de trop ; mais c'était l'oreille de la gratitude !).
Tout le monde est sorti enchanté, et beaucoup. heureusement surpris.
Enhorabuena !
P.S. - La presse locale fait état des polémiques très agressives entre les deux candidats aux arènes de Nîmes. Le ton ne grandit personne.
Mais tout compte fait et quel que soit le gagnant, l’aficion pourrait y gagner si, finalement, Nîmes sortait de l’ère du mépris et retrouvait :
- un toro digne de sa ( 1ère ) catégorie ;
- un travail avec l’aficion locale, c’est-à-dire avec les clubs taurins, y compris ceux qui ne sont pas des cire-pompes : on ne peut pas servir la corrida sans les aficionados (sans parler de l’expérience qui a montré combien ils étaient un rempart contre des dérives indignes) ;
- sa place à l’UVTF pour œuvrer ensemble, plutôt que de se retirer dans un splendide isolement et de profiter de sa puissance à son seul profit.
Que peut-on construire de durable sur la base du mépris.