Fédération des Sociétés Taurines de France - Temporada 2009

Vendredi 7 août, corrida de El Pilar à Bayonne

De par mes choix de corridas l’on me classe volontiers chez les toristes mais comme me le disais il y a quelques années un ami aficionado à Céret « tout aficionado est romériste à ses heures ».

Le 7 août j’étais donc à Bayonne : Fundi, Tomas, Castella face à six toros d’El Pilar.

Première surprise : un lot intéressant, bien présenté dans l’ensemble pour une moyenne de 530kg. Trois de tête correcte, trois autres pour vedettes mais cornes limpias  avec des réserves sur le quatrième dont les cornes explosent. Douze piques avec bravoure, une chute sur poussée. Le troisième, changé à tort à mon avis (bonne poussée avec les reins et poursuites banderilles). Enfin quatre terminent bouche fermée après des faenas où ils furent énormément sollicités (sixième Castella).
Donc bravo Bayonne pour ces toros de vedette !

Fundi, le torero que je vois le plus souvent, m’a déçu. Certes il sortait de blessures répétitives mais nous ne payons pas pour juger de la convalescence des toreros. Impossible de trouver le sitio, hésitant entre la tauromachie de belluaire et celle de l’abandon de soi, de l’autorité et du poignet de porcelaine que nécessite ce genre de bétail de caste et charge longue, trois oreilles.

C’est justement les qualités qui émergent chez Castella. La faena de son deuxième était digne de Madrid ou de Séville mais je ne sais pourquoi je n’arrive pas à m’engouffrer dans cette tauromachie. Il y a un côté récital accentué par la demande d’indulto final qui me freine dans mon élan. Absolument d’accord pour la vuelta du sixième que j’ai applaudi, trois oreilles.

Tomas, une oreille. En 95 j’avais remarqué Tomas dans des novilladas dures : Fraile et A. Martin ; puis j’avais suivi l’ascension du phénomène jusqu’à un vedettariat inconfortable pour moi. Je me souviens d’un voyage à Salamanque, de places pour la corrida et mon refus d’aller aux arènes, quinze jours après… son retrait. Son retour quelques années après avec le pathos qui l’entourait, ses blessures, son immolation sacralisée par les médias m’interdisent de voir celui qui m’avait fait faire des kilomètres. Puis ce printemps je rencontrais Ricardo Vasquez Prada chez un ami, il me parla de la nouvelle tauromachie de Tomas à Valence.

Ce 7 août 2009 Tomas m’a ouvert les portes de cette tauromachie intimiste : le sacré devient ferveur, silence, pureté. Pour moi ce furent 13 000 aficionados qui s’accordèrent sur une volonté collective de silence, entendre le souffle du toro presque le déploiement de l’étoffe…un capote tel une aile d’hirondelle qui temple le toro, une muleta réduite à sa plus simple expression, des cuadrillas économes des capotazos, la quintessence de la pureté.

Merci Bayonne.

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