Fédération des Sociétés Taurines de France - Temporada 2009

Jeudi 13 août, pitoyable corrida de Santiago Domecq

Deux reseñas

1

Six toros de Santiago Domecq pour Enrique Ponce, Julián López "El Juli", Sébastien Castella

Beau temps chaud, pleine arènes.

Depuis une dizaine d’années, les taureaux de Santiago Domecq ne sont plus combattus en Espagne que dans des arènes de deuxième ou troisième catégorie.
"El Fandi", spécialiste de ce genre d’évènement, parvint même à en « indulter » un à Los Barrios (Cádiz) le 18 mai 2008. Nous savons bien que désormais la grâce ne dépend plus des mérites du toro mais de ceux du torero.

Il y avait à espérer ou à craindre que Don Santiago Domecq Bohórquez soit capable de présenter à Béziers six toros suffisamment bien choisis pour laisser une impression favorable et amorcer un retour de ses pupilles vers d’autres arènes françaises en 2010. Mais non ! Cette défaillance a, au moins, évité le pire qui eut été de voir l’incontestable champion, toute catégories, des indultos, Enrique Ponce, aggraver son cas à Béziers.
Non ! Six toros, aux armures médiocres, infirmes, incapables de supporter plus d’une petite pique et plus de deux paires de banderilles, même pas clouées (présidence misérablement aux ordres), sans charges, sans race…

Enrique Ponce hérita des deux les plus invalides et ne parvint même pas à justifier sa réputation d’infirmier. Il fut plus (em…t) ennuyeux que jamais. Il eut cependant le grand mérite d’abréger sa seconde faena qui menaçait de s’éterniser lugubrement en euthanasiant un animal  — qui à plusieurs reprises menaça de s’asseoir, comme s’il souhaitait contempler à loisir le Maître toréer de salón — au moyen d’un doux, léger, suave, muletazo qui le coucha, basculement mou et « templé » dans le parfait respect du rythme observé, définitivement de flanc sur le sable, paisiblement allongé, comme s'offrant à la libératrice puntilla.
Sans doute l’événement de la tarde, l'apparition d'une suerte inédite, « la muleta que mata » !

"El Juli" obtint un premier toro, le moins mauvais des six, le seul qui ne se couchait pas et qui aurait pu être piqué deux fois. Après le tiers de banderilles, lui aussi écourté à sa demande, le maestro, réussit une faena méritoire, en imposant sa domination sur deux cornes plus ou moins chercheuses. Une bonne estocade et une oreille.
Rien à tirer du cinquième qui prit deux passes de muleta en donnant de dangereux coups de tête puis se figea définitivement.

Les deux adversaires, sans fond ni race, de Sébastien Castella s’éteignirent très vite en cours de faena. Le Biterrois fit ce qu’il put pour entretenir le spectacle et assez pour obtenir une oreille à son premier,

Son second travail n’était pas plus mauvais mais le public, écœuré par l’ensemble du spectacle et abruti de chaleur, resta insensible aux nouvelles prouesses castelliennes et choisit de s’égailler rapidement pour aller tremper des glaçons dans des apéritifs plus ou moins anisés.

2

Constat accablant mais logique : sans toros, la corrida ne peut exister.

Le cartel était prometteur, non seulement par la présence de trois réelles figuras, mais surtout parce que ces immenses toreros sont actuellement et au même moment au sommet de leur art.

Tous ceux qui connaissent les toros savaient que l’élevage de SANTIAGO DOMECQ n’était pas la meilleure garantie pour allumer le feu attendu, mais il y avait eu en nous la lueur de l’espoir qui pouvait nous donner la chance d’avoir dans ce lot de DOMECQ et BOHORQUEZ, un ou deux exemplaires qui auraient pu puiser l’un de ses gênes  dans le plus profond de cette lignée qui eut ses moments de gloire.
Hélas, ce ne fut pas le cas. Les 6 se sont avérés infirmes à des degrés différents, certes, mais tous furent inaptes au combat, le sommet ayant pris la forme du superbe camouflet infligé aux organisateurs avec Aperador, le jabonrero, mort en piste, certes, mais de mort lente puisque c’est d’épuisement que le mastodonte blanc s’est effondré au pied d’Enrique PONCE, désabusé de devoir le puntiller, sous les huées du public... 

Il n’y a donc rien à dire de cette première corrida de feria, si ce n’est  l’application de Sébastien CASTELLA, le seul à avoir voulu utiliser les quelques grammes d’énergie de ces deux exemplaires pour nous donner des séries d’une grande pureté où émergeait la profondeur de son toreo. Merci Sébastien !
EL JULI et PONCE  ont été neutres sans plus.
A ce sujet, il est honteux que l’aficion biterroise n’est pas ovationné Sébastien CASTELLA comme il se doit, au paseo ou à sa sortie, pour lui signifier l’immense reconnaissance de son talent qui lui a valu à trois reprises tout récemment de triompher dans les plazzas les plus importantes de la planète taurine.

Heureusement, Sébastien, que d’autres publics plus connaisseurs que les tiens, savent te manifester leur bonheur.

 

 

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