Fédération des Sociétés Taurines de France - Temporada 2009

Dimanche 23 août, novillada de Miura à Carcassonne

Grave blessure de l’alguacilillo et triomphe de Marco Leal

Pas de doute, c’étaient bien des Miuras qui sont sortis en piste ce dimanche dans les petites arènes démontables de Carcassonne : armés plutôt bas et assez large, noir ou gris, grande taille, charges courtes et tête haute, bravoure mitigée, compliquée, mais toréables avec de la noblesse qu’il fallait savoir exploiter.

El Califa de Aragua (bleu nuit et or), est resté en marge face à un novillo qui semblait boiter de la patte arrière droite qui prit deux piques courtes sans bravoure et manquant de force. Gêné par le vent il banderilla bien mais resta de profil genoux pliés. Le novillo sembla toréable malgré le vent et une tête mobile. Estocade foudroyante qui lui valut l’oreille. Son second grand en taille armé bas, pousse longuement sous les deux premières piques. Il en prit deux autres. Banderilles face aux cornes et faena à gauche essentiellement sans conduire le toro, en reculant. Estocade longue un avis et une lame entière. Vuelta. 

La panique a été provoquée par le deuxième toro, celui de Marco LEAL (noir et or) élément fort de la féria. Un novillo très grand, qui, dès sa sortie a manifesté un comportement atypique par des sauts brusques, des charges directes sur la barrière, et un regard suspect vers le public. Quelques secondes plus tard il sauta la barrière se retrouvant la tête et les pattes avant à quelques centimètres des spectateurs du premier rang manquant d’un rien son atterrissage dans les tendidos. Retombé, dans le callejon, il souleva l’aguacilillo Christian BAILE auquel il infligea une blessure à la jambe.

Pendant qu’on l’évacuait, le toro sauta une deuxième fois, la tête frôlant à nouveau les premiers spectateurs et chargeant dans le callejón les secours qui évacuaient l’aguazil blessé, à qui il infligea une deuxième blessure au ventre, pendant que d’autres essayaient de dégager le callejon enjambant la barrière comme ils le pouvaient, tombant au hasard dans le ruedo, ce qui ne fut pas pour apaiser la panique et l’effroi général qui avait déjà gagné les spectateurs.
Après tout ça, la lidia reprit son cours, le novillo d’une grande puissance poussa deux fois sous la pique. Marco LEAL sut composer avec ses charges peu franches et brusques. L'animal finit par se décomposer. Mise à mort approximative. Vuelta.

..Triomphe de Marco Léal .........;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;.......Photo de Benoit Rozes

Suite à la blessure de l’alguacilillo, la novillada fut interrompue pendant presque une heure et demie, le temps que le chirurgien occupé à soigner le blessé se rende disponible.
L’organisation recommanda aux spectateurs d’évacuer le premier rang.

Le deuxième toro de Marco LEAL, armé large et de grande taille prit une pique longue et appuyée et trois piques courtes. Il montra une grande présence en piste. Le picador a salué. Le novillo se montra d’une certaine noblesse à la muleta, que Marco LEAL sut plus ou moins exploiter. Il terminera par une estocade basse mais sincère.
Deux oreilles dont une généreuse.
Pétition de vuelta au toro refusée à juste titre par la présidence.   
 
Après la longue pause, la novillada reprend avec Santiago Naranjo (vermillon et or) qui a continué de faire monter le suspense en se mettant à porta gayola, il fut desarmé par par un grand toro hesitant qui le déséquilibra et jeta quelques regards en direction du public déclenchant quelques murmures inquiets.
Il prit deux piques longues et une troisième plus courte sans bravoure. Le toro doit être dominé et conduit ce qu’il ne fit que partiellement. Les séries sont sans émotion terminées par un pinchazo et une estocade efficace. Pétition d’oreille injustifiée et la présidence refuse légitimement. Vuelta.

Le sixième pousse violemment tête haute prend trois piques avec bravoure et caste. La faena débute avec des sites de loin mais le novillero ne le conduit pas assez et manque de temple. Le novillo qui était le meilleur de tous prend le dessus et devient de plus en plus difficile. Un pinchazo et une estocade sincère. Une oreille.

Trois novilleros qui banderillent dans une même course, ça devient
rare. Ici un cite de El Califa de Aragua qui a partagé les palos avec ses
com pagons de cartel
.
Photo de Benoit Rozes

Tous les novilleros ont banderillé avec envie, les toros ont étés très intéressants. Trois quart d’arène.

Marco Leal a brindé son deuxième toro à l’alguacilillo demeuré solitaire pour associer le blessé à ce brindis. Il l'invitera ensuite à faire avec lui la vuelta en l’honneur de son camarade. 

Le public s'est montré sérieux et attentif.
Il a compris la gravité de la situation après la blessure de l'alguacilillo et a supporté avec beaucoup de calme la très longue période d'interruption de la course.




N.D.L.R. :

Comme nous l'avons dénoncé à plusieurs reprises, des péons ne savent pas rester à leur place. Ils incitent de manière insupportable les spectateurs à demander des trophées pour leur torero.
A Carcassonne, à nouveau, un célèbre spécialiste de ce grossier procédé a récidivé.
Comme si deux oreilles tout à fait généreuses ne suffisaient pas, il invite le public à réclamer la queue !

Immortalisé en flagrant délit ci-contre !

Quelle honte !

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