Dimanche 30 août, novillada de Saint-Perdon dans les arènes du Plumaçon
Les arènes de Saint-Perdon ayant brûlé au mois de juin, la traditionnelle novillada organisée par la peña La Muleta s’est déroulée cette année dans les arènes du Plumaçon de Mont de Marsan. Une grosse affluence à la taquilla a entraîné le report du paseo de quinze minutes. De plus, Monsieur le Maire de Saint-Perdon ainsi que Monsieur le Président de la peña la Muleta se succédèrent à l’issue du paseo pour remercier toutes les personnalités ou autres marques de sympathie reçues depuis deux mois. La novillada entra donc dans le vif du sujet à 17h50.
Pour cette course, les organisateurs avaient retenu un lot de « Baltasar Ibán » origine … Baltasar Ibán Valdes, autrement dit du Contreras. Provenant de la région de Madrid, ce fer se présentait pour la seconde fois cette année dans le sud-ouest après la corrida des fêtes d’Aire sur l’Adour le 20 juin, où le lot avait déçu par sa faiblesse latente.
Du côté des diestros, nous retrouvions sur le sable montois un cartel international avec le mexicain Angelino de Arriaga, le français local Thomas Dufau et l’espagnol Juan del Alamo. Les trois novilleros défilent tête nue. Bien que Dufau ait défilé dans ces arènes lors de la feria de la Madeleine, il se découvrit comme s’il faisait son premier paseo à Saint-Perdon.
Le premier de l’envoi, negro numéro 55, s’intéresse vite au capote d’Angelino mais jette ses antérieurs. Sans avoir été correctement mis en suerte, il recevra une première pique durant laquelle il poussera et ne sortira pas seul. La présidence suivra la demande du mexicain et l’on passera au tercio suivant où le novillero posera quatre paires de palos pas toujours bien faites.
Au dernier tiers, le bicho faible s’éteint vite et après deux séries droitières, il ne supporte que des demi-passes. L’américain cloue l’animal d’une belle entière légèrement contraire.
Petite pétition et … oreille.
Le 37, sortit en deuxième position, est negro comme le précédent. Il saute puis tourne vite dans la cape du landais.
Jacques Monnier recevra une première fois l’animal pour une pique salement exécutée avec carioca, vrille, pompage et tutti quanti… le maestro restant loin de l’action, regardant tranquillement le travail de son picador qui est à ses ordres !!… A la seconde sans mise en suerte, le cornu part au cheval alors que le picador se replace à son sitio ; le Baltasar poussera alors le groupe équestre sur un quart d’arène !
Avec les banderilles, le bicho tend à rester près des tablas, ce qui n’empêchera pas le protégé de Milian de poser trois paires toutes sur la corne droite, la dernière « Al violin ».
Dufau double le novillo pour le conduire vers les medios. La série suivante est brouillonne, et à la troisième il se fait désarmer ! Il se reprend et temple un bon enchaînement sur la passage. Le negro baisse de ton. Le novillero lui arrachera toutefois un brelan de redondos inversés. Après cette faena exclusivement droitière, il confectionnera un petit chapelet d’ayudas hautes répondant certainement à la sollicitation d’un spectateur déçu de ne rien voir à bâbord ! ? Le quadrupède sera occis à la deuxième tentative par une vilaine épée entière basse.
Pétition majoritaire pour la première oreille ( !!!) et minoritaire pour la seconde. Le français n’en récoltera qu’une.
Juan del Alamo, très attendu après ses succès dans le sud-ouest à Garlin et Mugron, se présenta face au toril pour recevoir son premier adversaire. Le 51 sortit et reçut une larga afarolada de rodilla mais se retournant vite, il corrigea le salmantin, le reprenant plusieurs fois au sol. Craignant le pire, le novillero est amené à l’infirmerie… pour revenir quelques secondes plus tard « frais comme un gardon » ou presque...
L’astado recevra alors une première puya carioquée. Il poussera longtemps sous le fer alors que le quite tarde à être fait. La deuxième rencontre sera de moindre intensité, avec un picotazo, mais la sortie avec une vuelta de campana sera fatale à l’animal.
Il se montrera peu mobile au deuxième tiers. Avec la flanelle, Del Alamo sera désarmé quatre fois au cours d’une nouvelle faena où la izquierda restera inédite ! Le bicho donne beaucoup trop de derotes pour facturer une faena esthétique… Ce n’est pas avec des piques trasera que le port de tête de ce novillo a pu être réglé ; une puya bien placée dans le morrillo (utopie !) aurait certainement réduit ce défaut… L’espagnol terminera par un brelan de manoletinas bien serrées mais éprouvera des difficultés à la morts ; deux essais avec l’épée et … une quinte de puntillas.
Salut au tiers.
Le joli quatrième Baltasar, negro par l’avant, plus castaño par l’arrière, passe correctement dans la cape à droite, mais freine un peu à gauche. Lors du tercio de pique, il fera chuter le cavalier mais pas le cheval ! puis restera collé à ce dernier pour le pousser. Cette chute est-elle dû à la vara qui s’est cassée au niveau de la hampe ? La deuxième puya sera plus conforme, l’animal se montrant brave en poussant par le bas. Il ne sort pas seul de cette rencontre, mais ne sera pas autorisé à revenir goûter le fer une troisième fois.
Angelino conduit par le bas son adversaire vers le centre. La suite est quelconque, les derechazos et naturelles sont essentiellement profilés, les passes ne sont que des demi-passes. Au final, il se fait débordé par le cornu mais s’en sortira très bien avec la rapière pour une bonne estoque entière un peu contraire au premier essai.
Salut au tiers.
Le quinto, numéro 66, est très bien reçu par Dufau qui facture de belles véroniques rematées par une revolera. Le landais conduit joliment l’animal au cheval par des chicuelinas. Le quadrupède pousse sous la première pique mais Bertoli use de la formule mathématique bien connue des picadors : carioca + (vrille + pompage) x 5 = novillo assassiné. Applaudissements car le piquero lève la puya !!
L’utrero viendra cependant une deuxième fois au groupe équestre en partant de loin et avec alegria. Il poussera peu et s’éteindra sous le fer.
Avec les bâtons, le français répond à son tour à l’invitation du mexicain en lui proposant une pose. Le novillo près des tablas ne permet pas grand chose.
Brindis public… après avoir laissé assassiner l’animal à la pique !! Le landais veut débuter au centre mais l’animal ne répond ni aux sollicitations de sa voix, ni au jet de sa montera. Changeant de terrain, le cornu accepte alors le tour de passes-passes du novillero. Sans domination sur son adversaire vite aplomado, le français s’entête à prolonger sa faena par des inversés et des passes hautes inutiles. Une triplette d’épées, la dernière presque entière mais un peu de travers et perpendiculaire auront raison de l’animal qui terminera sa vie au toril.
Salut au tiers après un avis sonné à l’heure.
Le dernier est un très beau castaño capirote negro bragado. Peu propice au toreo de cape car assez distrait, il poussera de la corne gauche puis donnera des coups de tête contre le peto lors de la monopique. Le quite de Del Alamo est techniquement bien fait avec trois véroniques et une media.
L’espagnol réalisera ensuite une faena « moderne » bien huilée, le novillo embistant bien lors de quatre séries droitières bien templées. Sur la corne gauche, le maestro conduit bien l’animal mais use du pico. La fin est de moins bonne qualité. Il remet le bleu de chauffe avec un carré de bernardinas bien serrées. Une demie atravesada et un échec avec le descabello lui feront perdre le deuxième trophée.
Oreille après avis et mouchoir bleu pour le cornu qui certes fut noble mais qui n’a pas montré de grande qualité au cheval.
Prix de la meilleure estocade à Angelino de Arriega mais on ne sait pas pour quelle estocade.
Salut de la ganadera Dña. Cristina Moratiel Llarena depuis le tabloncillo ombre.
Très bonne entrée.
Durée : 2h45 de course
Présidence : M. Godin
Suite à un appel d’offre, de nouvelle arène devrait voir le jour à Saint-Perdon. Retour prévu dans le village en 2011.