Fédération des Sociétés Taurines de France - Temporada 2009

Dimanche 6 septembre, corrida de Valdefresno à Bayonne

Et la non piquée du Camino de Santiago

Valdefresno ou la corrida en marche arrière !

Pour cette dernière course de la temporada bayonnaise, l’empresa Lartigue-Commission taurine avait confectionné un cartel de luxe avec les deux figuras Ponce et Castella auquel s’ajoutait le français Juan Bautista.

Du côté du bétail, les vedettes avaient sélectionnés chez l’éleveur six ectoplasmes clonés de la ganaderia de Valdefresno. Les pensionnaires de Nicolas Fraile d’origine Atanasio Fernandez, tous negro de robe et bien présentés de couvre-chef, ont eu un comportement globalement identique qui fait plus de mal à la corrida que certaines attaques des anti-corrida.

Pratiquement tous fuirent le capote dès leur entrée, pour aller se placer au soleil, reculant même parfois au cite des maestros !
Au tercio de pique, souvent lancés au cheval sans aucune lidia de la part des figuras, ils reçurent un pique et …un picotazo… c’est à dire les deux rencontres que prévoit le règlement taurin pour un arène de première catégorie française. Nous vîmes des cariocas, en veux-tu en voilà, accompagnées ou non de vrilles et de pompages ! Le comble fut atteint quand les deux picadors des deux toreros français furent applaudis alors qu’ils relevaient puis enlevaient leur pique après le picotazo de la deuxième rencontre, le toro n’étant même pas piqué !!!! A quand la corrida sans picador… On va bientôt y venir…
Finalement, seul le 5 poussa correctement sous sa première puya.
Au dernier tiers, les toros furent manso cherchant toujours la fuite vers les tablas. Dans ces conditions, il n’y a pas grand chose à retenir de cette course.

Rien ou presque… A si, un bon descabello de Ponce à son premier, deux bonnes paires de banderilles au dernier bicho puis…
Ajoutons que Bautista coupa à son premier une gentille petite oreille digne d’un pueblo; oreillette qu’aurait du refuser le Président Amestoy pour rappeler le sérieux d’une arène de première catégorie. Le deuxième toro s’écroula après un vilain meta y seca de Ponce, c'est-à-dire sans véritable estocade… Castella fut dépassé par son second adversaire qui lui empêcha de réaliser son toreo intimiste…

Pendant la course, je repensais au papier écris par Antonio Lorca, critique taurin du quotidien El Païs, à Seville ;
« Le toreo d’aujourd’hui est – à de rares exceptions près qui ne justifient pas son existence- ennuyeux et insupportable à cause d’un toro auquel ils ont modifié son comportement à tel point qu’il s’avère incompatible avec l’émotion nécessaire. Ce toro moderne est la pierre du scandale, et, si rien n’est fait, il mettra un point final à la fiesta . »

NADA TIENE IMPORTANCIA SI NO HAY TORO.

***

Il eut quand-même un bon moment dans les arènes de Bayonne ce dimanche avec la novillada non piquée du matin.
Quatre erales du Camino de Santiago (Jean-Louis Darré) pour Javier Jiménez (École taurine d'Espartinas) et Juan Leal (École taurine d'Arles).

Excellents novillos de Jean-Louis Darré, des bonbons fondants de noblesse qui ne demandaient qu'à laisser leur oreilles aux jeunes apprentis et qui répétaient vaillamment malgré, pour deux d'entre eux, de petits signes de faiblesse.

Javier Jiménez, élève de l'école d'Espartinas, a montré qu'il n'était pas tout à fait débutant puisque le directeur de l'école qui n'est autre qu'Antonio Ruiz Rodríguez "Espartaco" padre, s'intéresse à lui et lui procure des occasions de toréer. Il a été néanmoins débordé par l'infatigable noblesse du premier eral à qui il n'arracha qu'un oreille. Ce becerro fut gratifié de la vuelta al ruedo puisqu'il devient d'un usage discutable que de jeunes veaux qui n'ont pas subi l'épreuve des piques soient récompensés d'un tour d'honneur posthume. Son deuxième vis à vis lui abandonna ses deux oreilles.

Juan Leal est encore bien vert et montra ses présentes limites avec son premier novillo qui était, peut-être, un peu moins pastueño que les trois autres.
Le dernier chargeait en parfaite rectitude mais si vivement qu'il infligea une coupure à la tempe de Javier Jiménez lors d'un quite et un puntazo dans le genoux de Leal à l'estocade.
De cette charge franche et noble, Juan Leal profita pour prendre confiance et dessiner quelques jolies passes à droite et à gauche. Musique et deux oreilles.

Les deux novilleros sortirent en triomphe accompagnés de Jean-Louis Darré, le ganadero.

Javier Jiménez rafla tous les prix mis en jeu à l'occasion de cette course.

A l'issue de la novillada, sous un chapiteau dressé dans l'enceinte des arènes par la Ville de Bayonne, en présence de Jean Grenet, maire, le " Prix Paul Barrière "(ex Prix de Biarritz), récompensant annuellement le meilleur torero de la San Isidro, décerné par un jury franco-espagnol au sein duquel siègent les maestros Gregorio Sánchez et Antonio Chenel "Antoñete", présents à Bayonne pour cette circonstance, a été remis à Sébastien Castella, meilleur torero de la San Isidro 2008.
Voir ici des images de cet événement.

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