Vendredi 11 septembre corrida concours
17h30 : temps chaud et ensoleillé, un tiers d’arène.
Corrida concours avec dans l’ordre de l’ancienneté des élevages :
un Partido de Resina, un Prieto de la Cal, un Conde de La Corte, un María Luisa Perez de Vargas, un Celestiono Cuadri, un Hubert Yonnet.
pour
Domingo López Cháves, Francisco Javier Sánchez Vara, Fernando Cruz
Les trois matadors ont fait le paseo mais immédiatement après l’arrastre du premier taureau, nous apprenons que Sánchez Vara souffrant (bras paralysé à la suite d’une infiltration pratiquée avant la course) est obligé de déclarer forfait.
Nous allons donc assister à un mano a mano.
Á la demande des toreros, avec l’accord de la présidence, l’ordre de sortie des taureau est modifié et la course se déroule comme suit :
1) Partido de Resina, n°30, né en novembre 04. 580Kg.Trop gras. Pelage cárdeno claro courant dans l’encaste. Exemplaire faible qui s’affale avant la première pique.
Il prend trois piques sans poussée franche, bouche ouverte.
Domingo López Cháves est désarmé à la cape et met en suerte difficilement au premier tiers.
Après un brindis au public, il amène le taureau au centre et prend la gauche. Mais l’animal s’avère court de charge et, épuisé, ne répète pas. Domingo l’expédie d’un bajonazo. Salut au tiers
2) Conde de la Corte, n°101, né en novembre 04. 590Kg. Bien présenté, puissant, poil luisant.
Il prend trois piques en partant bien, pousse bien à la première, plus réservé aux deux autres.
Présent aux deuxième tiers, il permettra le salut d’un banderillero.
Fernando Cruz qui l’a accueilli par de bonnes véroniques s’en sort moins bien à la muleta après l’avoir « brindé » au public. Le Conde « humilie » parfaitement et s’avère relativement noble. Il reste un peu court de charge, peut être parce que Fernando ne trouve ni l’emplacement ni la distance. Pinchazo suivi d’une demi lame en bonne place, efficace. Salut au tiers.
3) Maria Luisa Perez de Vargas, n°38, né en septembre 2004. 610Kg. Bien proportionné, belles armures. Sortie lente, type cabestro, vers le centre de l’arène…le calme avant la tempête : cinq grands coups de tonnerre, cinq grandes piques prises allégrement, avec puissance et envie, occasionnant deux chutes de la cavalerie. Systématiquement piqué au milieu du dos mais sans pomper et sans carioca.
Il suit bien aux banderilles. Bonne embestida au dernier tiers: longue, profonde, en baissant bien la tête et en répétant. Très noble. Mort au centre après une entière un peu tombée.
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Clavel Blanco lors de la 3ème pique sous l'oeil atten- tif du couple Yonnet - Photo de Jacques Sévenier "Jiès" |
Domingo López Cháves n’a pas tout de suite compris, comme nombre de spectateurs, la qualité de son opposant et n’ouvre pas généreusement sa cape. L’animal semblait d’ailleurs la refuser. Manifestait-il des signes de mansedumbre ? Enfin une véronique courte en forme de recorte permit d’apprécier sa force et la solidité de ses pattes.
De sa bravoure et de sa force, le tercio de varas administra une formidable preuve par cinq. Dommage que les mises en suerte aux piques n’aient pas été mieux conduites et que le Maria Luisa impatient d’en découdre soit parti de trop loin lors du premier assaut balayant tout sur son passage. Dommage que les autres piques aient été trop longues puisque l’institution du caparaçon a depuis longtemps désappris aux toreros, à cheval trop statiques et à pied trop passifs, la façon de détacher un toro, même brave, du groupe équestre. Avec une lidia à l’ancienne, ça aurait pu aller jusqu’à dix à quinze piques.
A la muleta le brave et noble animal surclassa le pauvre López Chaves quelconque à droite et incapable d’entrer dans le tempo à gauche. Une estocade entière et desprendida portée au tiers de la piste dans la suerte naturelle laissa un répit suffisant à l’animal pour qu’il gagne lentement la centre de la piste et consente enfin à s’y abattre, à l’endroit même qu’il avait choisi depuis le début pour point d’appui. Quelle caste !
Le torero est gratifié d’une oreille et le toro d’une vuelta al ruedo qui se déroule sous les acclamations du public debout.
4) Hubert Yonnet, n°567, né en novembre 04. 540Kg. Ce salpicado capirote (rare chez Yonnet) sort haut et fin, bien présenté.
Il n’éprouve pas grand intérêt pour le cheval et s’emploie peu lors de quatre piques où il gardera la bouche fermée. Il charge tête basse en répétant mais sans profondeur..
Fernando Cruz se laisse enfermer contre les planches à la cape et ne doit son salut qu’au proche burladero. López Cháves, en bon chef de lidia, accourt au quite et réconforte son compagnon.
Le Yonnet n’est pas facile aux banderille et Morenito d’Arles les cloue une par une.
Il développe du genio à la muleta. Fernando ne trouve pas la solution, égrène des passes incertaines et se fait désarmer.
Un tiers de lame tombée et une entière contraire. Silence
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5) Prieto de la Cal, n°44, né en février 04. 605Kg. Un jabonero bien dans le type, cornes fines et hautes, bas et charpenté, superbe.
Il prendra ses trois piques et une rencontre dans un excellent style en partant de plus en plus loin et en allant « a mas », grand tercio de pique.
Quelconque aux banderilles. Hélas totalement éteint pour la faena.
Ce taureau aurait pu facilement prendre deux piques de plus et n’aurait pas été plus mauvais à la muleta.
Il s’y décomposa complètement et refusa d’avancer. Sans conviction López Cháves arracha quelques moitiés de passes et en finit rapidement par un pinchazo, trois fois un quart de lame et un descabello à taureau vif. Silence.
6) Celestino Cuadri, n°48, né en novembre 04. 620Kg. Bien présenté. 3 piques dans un mauvais style, sans intérêt, mal exécutées.
Complètement décasté à la muleta, il « derrote » tête haute se retourne vite, finit par se figer. Fernando Cruz l’expédie d’une demi tendue, d’un tiers de lame et d’un descabello. Silence.
Cette corrida concours restera dans nos souvenirs surtout par le formidable « Clavel-Blanco », c’était son nom, de María Luisa Perez de Vargas.
Mais il eut aussi l’excellent premiers tiers du Prieto de la Cal, le bon comportement de l’assez complet Conde de La corte, un Yonnet difficile mais intéressant. Tous ces toros furent en général supérieurs à leurs opposants et auraient certainement été mieux mis en valeur pas des lidiadores plus conséquents..
Le prix au meilleur toro a été décerné au María Luisa, celui au meilleur lidiador à López Cháves et celui au meilleur picador à José Luis Rivas qui, monté sur le cheval Quinze (cavalerie Bonijol), a piqué le Maria Luisa.
Président : Marcel Garzelli. Assesseurs : Evelyne Lanfranchi, Remy Varbédian.
Jury : Président Yannick Jaoul de la CTEM assisté des éleveurs Patrick Laugier et Bruno Blohorn.