Fédération des Sociétés Taurines de France - Temporada 2009

Coup d'œil sur la feria du riz

Le résultat de cette Feria n'est pas mal du tout.

Pour la corrida concours du vendredi, les éleveurs ont honoré l'événement dans la présentation, magnifique, des toros. Le Pedrajas de Pérez de Vargas a « crevé l'écran ». Après une sortie incertaine de type corralero, il a pris possession d'un secteur de la piste, à droite du toril, auquel ilretournait spontanément en sortant de la pique : curieux. 5 piques monumentales et poussées avec puissance ; malgré ce, il a gardé de l'allant aux banderilles, et sur un tiers de faena dans laquelle il mettait la tête avec douceur. mais avec ce « peligro sordo » des guardiola. Ah ! si l'onavait utilisé la pique de tienta pour les 4e et 5e piques, comme convenu en commission taurine. De son côté, l'impressionnant jabonero de Prieto de la Cal a offert des attaques formidables du picador ; mais ensuite il n'a pas poussé : comme il n'a pas poussé dans la muleta. C'est égal : voilà 2 picadors qui se souviendront de cette concours et du sable qu'ils ont mangé, sans parler de leurs bleus. C'est le Conde de la Corte qui a offert le plus de « toréabilité ». López Chaves a toréé avec plus d'application que de génie, mais très honnêtement. Fernando Cruz s'est montré au-dessous de ses qualités habituelles ; pourtant, avec le la Corte, il aurait pu.

La goyesque du samedi a réservé plus d'une surprise. Les Jandilla, d'abord :certes minuscules les 1er (bien moins de 400 kg, sans doute) et dernier (400kg. ?), mais de bonne caste et de forces honnêtes. Matías Tejela ensuite,qui s'est donné à fond et non sans qualité avec 2 toros excellents : 4 oreilles (2 et 1 auraient été plus justes) ; du bon toreo, bien tiré et bien lié, main basse, avec du rythme, mais le torero reste trop souvent plié plutôt que droit ou cambré et cela enlève beaucoup. 2 belles estocades.
Le clou de l'après-midi a été José María Manzanares. Parfait à son premier.mais inaperçu du public et, plus encore de la présidence qui ne lui a même pas mis la musique ! Bien sûr, il a manqué du rythme par moments en raison du manque de rythme du toro dans ses attaques ; et après le rythme de la faena de Tejela. Mais la suavité et le temple des muletazos joints à une estocade impeccable auraient dû valoir l'oreille. L'enchantement, ce fut pour son second toro : une faena toute de douceur, de lenteur, de main très basse et de grande classe. Une merveille pour le souvenir. Autre impeccable estocade. et 1 oreille !!! Présidence autiste (poids de la responsabilité?). Deuxième vuelta, avec les 2/3 du public restés sur les gradins, après la sortie en triomphe de Tejela : grâce à quoi, dans 20 ans, on parlera encore.

La déception sera venue des toros de Valdefresno, pourtant des phénix à côté de ceux de Béziers ou de Bayonne mais de peu de forces et de maigre caste.
Avec les 2 meilleurs, Roman Pérez a confirmé son excellente prestation du 1 contre 6 d'Istres.  Son toreo plein d'envie et de bonne facture. sa grosse voix en sourdine !... ont fait mouche : 1 et 2 oreilles.
Sébastien  Castella a tiré tout la parti possible de ses 2 toros, avec un arrimón à son second, violent. Juan Bautista a vu l'écroulement de son second lui enlever toute chance de succès.

A la becerrada en habit de campo du samedi matin, c'est le débutant Morad Balti qui a créé la surprise. Long comme un jour sans pain devant un becerrito, tout le desservait. Eh bien, son phénoménal aguante et la profondeur de ses passes ont subjugué tout le monde : un nom à ne pas oublier. on l'espère.
Michelito avait presque rempli les 2/3 des arènes (spectacle gratuit) ; il connaît toutes les ficelles ! et donne de temps en temps d'excellentes passes : souhaitons-lui de mûrir du bon côté.
Les toros des frères Gallon ont été parfaits : bonne race et solidité.

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