Samedi 12 septembre, corrida de Victoriano del Rio à Dax
En ce samedi 12 septembre, la plaza dacquoise recevait les « figuras » de l’escalafon ; Ponce, El Juli et Castella, rien que çà me diriez-vous! Inutile de vous dire que les billets étaient très recherchés avant le paseo.
Face à eux, les toros madrilènes de Victoriano del Rio, d’origine Domecq via Torealta. L’élevage avait « triomphé »… l’an dernier avec l’indulto injustifié de Desgarbado. La commission taurine avait donc tous les ingrédients pour que la sauce du succès puisse prendre.
Le public était également prêt à communier avec les toreros puisqu’il invita le chef de lidia à saluer à l’issu du paseo. Ce dernier associa ces deux compagnons de terna pour une très forte ovation.
Jarretero sort le premier du toril. Il s’intéresse vite au capote de Ponce qui le conduit à mi-ruedo. Le cornu s’éteindra vite sous la première pique carioquée où le quite tardera à venir. Il fléchira ainsi des antérieurs à la sortie de cette rencontre. Le maestro réalise une faenita correcte mais sans s’investir vraiment, restant bien en dessous de ses capacités. Composée de beaucoup de demi-passes, elle a une portée certes esthétique mais de peu de poids dans la musette du toreo de verdad. Une oreille après un avis et une épée basse.
Cabito, se présente ensuite face au « Juli ». Il porte les couleurs des « Toros de Cortes », issu de la maison mère. L’animal montre mansedumbre dès les premiers cites de cape. La première pique sera du même acabit que le premier... Le diestro propose ensuite un quite par chicuelinas mais son adversaire fuit de nouveau aux tablas dès la deuxième figure. Au dernier tiers, le manso ne permettra pas au Madrilène de s’exprimer. Salut après une estocade entière latérale.
Canario, non-plus, ne veut pas passer dans la cape du français. Il tentera même une embardée par dessus la talenquère, … en vain. Le tercio de pique est mal réalisé avec une puya basse, reprise où le Victoriano pousse peu. Le cornu se montre toutefois intéressant aux banderilles où il poursuit les peons jusqu’aux planches. A la muleta, Castella réalisera une faena essentiellement droitière, honnête. A gauche, il restera plus discret et usera du pico. Par la suite, il saura jouer avec l’émotion des spectateurs, se rapprochant du berceau des cornes, facturant des inversées séduisantes, le tout dans un terrain réduit. Le Biterrois couchera l’animal au premier envoi avec une rapière entière basse. Oreille après un avis.
Decorado est le plus lourd sur la romaine, 568 kg. Il est aussi le poison du lot. Aux dires de Christian Laborde, Président de la Commission Taurine, l’animal avait déjà fait des siennes lors de l’enlèvement des fundas puis lors de l’embarquement à la ganaderia. Il continua d’ailleurs ses caprices lors de l’enchiqueriamento du jour. Le cornu sort réfléchi puis fuit lorsqu’on l’appelle avec les capotes. Ponce s’en méfie et le laisse filer sans mise en suerte à la cavalerie. Batacazo ! La mise en suerte sera également inexistante lors de la deuxième rencontre «salement » exécutée ; le maestro laissant son picador bloquer la sortie de l’astado puis user abusivement de la puya pour assassiner l’animal : pique très en arrière, vrilles et pompages… le quite ne se faisant que tardivement... Le maestro ose brinder son adversaire au public !… Le toro réduit physiquement ne sera pas propice à un travail de muleta. Ponce s’en sortira ainsi sans dommage … et sans sifflet... après une entière basse. Silence.
No hay quinto malo… Ce fût le cas aujourd’hui. Viboro, 5 ans le mois dernier, est le plus léger à la pesée, 523 kg. Peu adepte du tercio de cape, l’animal sera préservé par le maestro qui exigera le picotazo de rigueur. Le quite est un échantillonnage du répertoire du meilleur capéador du circuit : taffaleras, gaoneras, escobinas, faroles, revoleras… un vrai régal ! Le Juli s’avance d’un pas décidé au centre de la piste pour brinder son adversaire au public. Le cadeau sera exceptionnel… Le maestro débouche le flacon et nous sert une faena d’anthologie. Tout y passe. Des derechazos bien léchés, templés, main basse où l’animal s’engouffre avec délice. A gauche, le Victoriano des Rio humilie et permet au Madrilène de dessiner des naturelles profondes, des enchaînements droite-gauche associés à des faroles. La fin est très esthétique et très porteuse sur les tendidos avec des circulaires liées à des cambiadas, des inversées poursuivies de changements de main. Le public est debout et ovationne le maestro. L’attente est grande au moment de la mise à mort… Meta y seca…une demie et deux descabellos n’autoriseront qu’une oreille… alors que la grande porte était ouverte… Enorme standing ovation lors de la vuelta.
Le dernier du lot, Condor, est accueilli par des véroniques pieds joints et une chicuelina basse. La monopique est abrégée par l’ordre du maestro alors que le picador pompait avec la puya… Bonnes paires de palos de la part de Curro Molina. Castella brinde son toro au public mais la suite ne sera pas identique au précédent. Débutant assis sur l’estribo, le Français double l’animal et le conduit vers le centre. Les deux premières séries à droite sont calmes mais la suite manque cruellement d’émotion. Le quadrupède se montre vite sans force et la faena est monotone. Silence après un avis et une entière basse d’effet rapide (hémorragie).
PS :
- GROSSE OVATION à la sortie du Juli.
- Le deuxième sobrero, Despreciado, était le demi-frère de Desgarbado ; il n’a pas été retenu par les cuadrillas pour faire partie du lot de la corrida.