Fédération des Sociétés Taurines de France - Temporada 2009

Dimanche 13 septembre, corrida de Valdefresno

Beau temps, trois quarts d’arène.

Six toros de Valdefresno pour « Juan Bautista »,  Sébastien Castella, Roman Perez (alternative)

Après ceux de Béziers, faiblissimes, puis ceux de Bayonne, faiblissimes et mansos, voici encore des Valdefresno décevants. Ils furent, pour au moins trois d’entre eux (seulement trois sur six, serait-ce un prometteur progrès ?), faibles au point de provoquer ce sentiment de pitié anthropomorphique qui nous rapproche quelquefois des militants anti-corrida.
Par contre, les deux attribués à Roman Perez présentèrent le minimum de force requise pour lui permettre un triomphe.
Le cinquième, trop épargné à la pique sur les ordres de Castella, fut une véritable carne vicieuse très solide sur ses pattes. Aurait-il mérité un châtiment plus appuyé ?
Dans ces conditions, tous rencontrèrent la cavalerie deux fois, selon le minimum prescrit, au moins sous forme de simulacres pour les trois faiblards.
A l’exception du cinquième, né en mai 2005, les cinq autres avaient atteint ou dépassé les 5 ans. Pas top gros, pas trop gras, tous noirs, ils étaient très convenables physiquement. Mais, car il y a un mais, il est permis de s’interroger sur l’intégrité de leurs cornes. Seul le sixième, fort brocho de naissance, paraissait présenter des pointes intactes.

« Juan Bautista » serait-il condamné à ne jamais rencontrer à Arles des toros dignes de son tempérament et de ses qualités ?
Il dut respecter la piété d’un premier adversaire aux génuflexions multiples en le toréant brièvement à mi-hauteur. Ensuite, il suffit de trois bonnes naturelles pour épuiser les dernière réserves.
Conclusion par un tiers de lame en bonne place et un descabello.
Salut au tiers.

Il reçoit le quatrième de l’après midi en « véroniquant » à genoux et en poursuivant par parones.
Le bicho choit sous la première pique et est effleuré par la seconde.
Brindis au public (pourquoi ?). L’animalcule (le plus petit du lot) malencontreusement nommé Caraalegre  (voir : Béziers 15 août 2006, « Apothéose d’un Valdefresno ») s’effondre dès le début de la faena. Triste fin par une épée atravesada.
Taureau hué.

Sébastien Castella instrumente le troisième sorti par véroniques et chicuelinas applaudies.
Une pique convenable la seconde fort brève.
L’excellente cuadrilla banderille vite et bien.
Brindis au public.
Le toro est trop faible pour humilier et manque de charge tête haute. Sébastien s’en sort en se plaçant dans les cornes et en se livrant longuement à l’un des ses numéros « encimistes » qui portent sur le public mais qui m’horripilent un peu. J’aurais préféré une prestation plus brève car l’animal ne méritait pas mieux.
Terminaison par une bonne estocade suivie d’un avis.
Une oreille incontestablement majoritaire.

Pas grand chose à tirer du Fraile Mazas cinquième, au vilain style mais bravito, ménagé lors de ses deux rencontres avec le varilarguero.
Aux bandrilles, l'animal aux charges violentes et irrégulières donne du fil à retordre à l’excellente cuadrilla. C’est ici que je me suis interrogé sur les conséquences du manque d’une éventuelle troisième pique.
Sébastien s’entête à se bagarrer longuement en prenant beaucoup de risques et sans résultat. Il en termine piteusement par estocade laidement atravesada suivie d’un descabello.
Le toro est copieusement sifflé.

Roman Perez, en costume blanc comme le veut la tradition des alternativeseut la chance de tomber sur les deux propices au toreo moderne, des taureaux pas trop forts mais assez pour supporter deux petites piques bien dosées, des taureaux qui répètent au troisième tiers en « faisant l’avion », comme on dit, parce qu’il est imaginé que leurs cornes s’inscrivent dans le plan d’une aile élégamment inclinée pour virer sans le moindre décrochage.
Il les a torée sans fioritures, de manière électrique, mais avec un enthousiasme communicatif et, appréciable progrès de sa part, sans trop gueuler. Comme il sait terminer par les inévitables mais populaires circulaires inversées et que ses estocades passèrent du premier coup, il récolta une, puis deux oreilles. Peu d’alternatives sont aussi réussies ! 
Puisse-t-il s’améliorer encore et poursuivre avec succès une carrière si heureusement entamée !

Président : Gérald Mas - Assesseurs : Jacky Boyer, Robert Chay

Voir le reportage vidéo de Corrida Tv

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