Feria des Vendanges à Nîmes, 17,18,19 et 20 septembre
Le programme était pléthorique avec un début dès le jeudi après-midi et deux courses par jour du vendredi au dimanche.
Les aficionados ont noté avec plaisir l’amélioration de la présentation des lots de toros (la concurrence a du bon.), cornes et « gabarit ». De là à chanter Victoire, il reste un grand pas ! En dépit d’un affichage « avantageux », il y a eu des lots fort « déségaux » ; ou bien curieusement nés en juillet et août (grande période de naissances, comme chacun sait) 2005 ; ou encore, la novillada de La Quinta qui pesait certainement davantage que telle et telle corrida pour vedettes ; et puis certaines cornes fort suspectes. bien que beaucoup moins.
Bref, il reste du chemin pour en arriver à la 1ère catégorie proclamée.
Ces réserves étant posées, les Vendanges ont apporté bien des satisfactions.
Jeudi 17 septembre : (Corrida de Yonnet – Juan José Padilla, Antonio Barrera, Mehdi Savalli
Elles ne sont pas venues des toros de Yonnet. Après un apport de qualité spectaculaire, il y a quelques années, l’introduction du Sepúlveda semble avoir été finalement catastrophique : ni caste ni force.
Les toreros ont fait ce qu’ils ont pu et ont joué le jeu, chacun avec ses moyens. On notera que Mehdi Savalli s’est montré en forme et déterminé, à la satisfaction du public, donnant même les seuls muletazos parfaitement templés de l’après-midi.
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Vendredi 18, matin : Novillada de La Quinta – Pablo Lechuga, Patrick Oliver, Thomas Dufau
Les novillos de La Quinta, toréables à divers degrés et âgés, ont manqué de la caste vive que l’on attend de ces santacolomas.
Pablo Lechuga a eu de beaux gestes, onctueux. A son premier, plus facile,
Patrick Oliver s’est très honnêtement tiré d’affaire. sauf à l’épée ; son second demandait davantage et, là, il s’est montré « déconfié » : il lui faudra un peu de temps pour digérer cette cornada « de espejo ».
Quant à Thomas Dufau, il a très légitimement triomphé ; en pleine bourre, il survole tout et régale le public aux trois tiers.
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Vendredi 18, après midi : Corrida de Garcigrande –El Juli, Sébastien Castella, Roman Perez
Les Garcigrande du vendredi, loin de leurs frère de Pentecôte, ont néanmoins fourni à Juli l’occasion d’un triomphe éclatant.
Son premier avait un cabeceo désagréable : oublié dès le 3e muletazo, et symphonie de pouvoir à suivre. Rythmé, formidable, enchanteur, même si Juli n’est pas de la catégorie des inspirés.
Son second était certainement le plus compliqué du lot, dangereux même ; mais rien n’arrête le Juli : même démonstration de cet immense maestro.
Roman Perez a été très bien avec son toro de confirmation, sur le même registre qu’à Arles ; son second, compliqué, a marqué ses limites actuelles. par rapport à Maître Juli !
Quant à Sébastien Castella, il est sorti dépité : rien à faire avec un toro décasté qui s’est couché de lui-même 2 fois en cours de faena, puis avec un toro faiblard et tout aussi décasté.
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Samedi 19, matin : Corida de Juan Pedro Domecq : L. F. Esplá, Enrique Ponce, Julio Aparicio
Les Juan Pedro Domecq du samedi matin étaient ceux de Pentecôte qui, malgré quatre mois de plus, n’étaient pas des monstres. Leurs forces étaient limitées, et ils duraient peu. L’élevage ne remonte que lentement la pente.
Le public a montré une belle sensibilité taurine avec l’ovation à Luis Francisco Esplá au début et la vuelta triomphale de Ponce malgré une série de 6 bons pinchazos clôturée par un splendide bajonazo.
Esplá bien à son second.
Julio Aparicio a essayé, sans grand succès : une fameuse série de véroniques, quelques beaux muletazos isolés, dont 2 naturelles magnifiques, et voilà.
Enrique Ponce s’est surpassé avec son second, très désagréable pour le torero et de peu de fond : la précision de sa muleta a fait de tels miracles que le toro a fini par se rendre et par suivre docilement la muleta sans à-coups, sur des trajectoires d’une incroyable longueur enchaînées les unes aux autres. Et Don Enrique sait, comme nul autre, prendre des attitudes et faire des gestes ciselés. Prodigieux. Mais voilà qui donne envie de voir ce grand maestro devant du toro plus sérieux.
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Samedi 19, après midi : Corrida de El Pilar - Matías Tejela, Alejandro Talavante et Rubén Pinar
Les Pilar étaient en-dessous des années précédentes. On retiendra le toreo puissant et de qualité de Matías Tejela ; toutefois, ce buste trop souvent penché en avant enlève beaucoup de classe à son travail.
Alejandro Talavante peine à retrouver son grand niveau ; mais, de temps en temps, un éclair rappelle qu’il est toujours là, sous la cendre : un quite, une série.
Rubén Pinar a été appliqué et pas mal du tout, mais il lui manque un « quelque chose » pour éclater.
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Dimanche 20, matin : Corrida de Victoriano des Rio – Sébastine Castella, mano a mano
Les Victoriano del Río ont permis à Morante de la Puebla et à Sébastien Castella de faire étalage de leurs qualités.
Morante ne s’est pas entendu avec son premier, mais il a débouché le flacon au deuxième ; suite à l’époustouflante démonstration de Castella à son premier, le public n’est entré qu’à moitié dans l’art délicat de Morante, d’autant plus que le toro permettait peu la continuité que le torero cherchait.
Quelques beaux gestes au 3e. Bref, des images pour le souvenir.
Le premier de Castella était certainement « le » toro de la feria : petit, mais vif, inlassable, batailleur, il est même parvenu à gêner le torero sur 2 ou 3 retours fulgurants en début de faena. Mais il trouvé son maître, qui lui a fait faire tout ce qu’il voulait. Étincelant.
Son second n’avait pas grand-chose ? Eh bien il a eu droit au final à un époustouflant « numéro » dans les «cercanías » qui a dressé les arènes. Le 3e ne jouait pas le jeu du combat.
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Dimanche 20, après midi : Corrida de Valdefresno – Juan Bautista, Miguel Angel Perera, Daniel Luque
Les Valdefresno ont été bien au-dessus de ceux de Béziers, Bayonne et Arles ; mais de là à dire qu’ils ont été très bons !
Juan Bautista, qui avait retrouvé son envie, a été très bien ; il est passé de peu à côté d’un succès notable : si son recibir était passé.
Miguel Ángel Perera s’est taillé un grand triomphe ; il compense son manque de charisme par un courage hors du commun au service d’un toreo dominateur.
Mais le plus grand moment est venu au dernier toro par Daniel Luque. Il a une classe naturelle énorme qui transmet beaucoup. Mais, en fin de faena, il a piqué son épée dans le sable pour faire en « naturelles » les plus invraisemblables enchaînements des deux mains que l’on ait jamais vus ! Et sans bouger les pieds. Incroyable. Arènes « boca arriba ».