Fédération des Sociétés Taurines de France - Temporada 2009

Finale de Graine de toreros à Saint-Gilles, le samedi 10 octobre

Les photos sont de Jacques Sevenier "Jiès", voir son site.

Quel diable de petit bonhomme !
Alejandro Rubio, pourtant le moins expérimenté du trio final de l’école de tauromachie de Nimes et haut comme trois pommes, a enthousiasmé le public et remporté le trophée 2009 de Graine de toreros devant Mateo Julián (vainqueur l’an dernier) et Víctor Álvarez.
Il a tué son 1er becerro d’une vilaine épée basse (involontaire), mais le public enchanté de sa prestation a fini par lui obtenir l’oreille. A son 2e,difficile, après une belle entière magnifiquement portée, légèrement trasera, le toro finit par se coucher… et voilà que le puntillero le relève ; le toro se « couvre », en plus il est trop vif pour être descabellé.
Crânement, Alexandre reprend l’épée. " Il ne va pas t’aider, ce sera à toi de tout faire " lui lance Richard cœur de lion présent dans le callejón. Et notre Alexandre qui se jette comme un mort de faim : il sort bousculé mais en laissant en excellente place une entière, cette fois fulgurante.
Arènes debout, autre oreille et trophée en poche.

Derechazo d'Alejandro Rubrio
Pecho d'Alejandro Rubio
Alejandro Rubio (1 mètre 50) ouvre le compas et charge la suerte

Ce « diable de petit bonhomme » a tous les culots, tant au capote qu’à lamuleta. En dépit de son peu d’expérience, il comprend les toros à la vitesse grand ‘V’ et progresse de sortie en sortie. Il s’engage avec un cœur « gros comme ça », sans rien concéder au toro. Et n’allez pas le croire pueblerino : son geste a de la qualité, de la personnalité, de l’expression. C’est par sa qualité qu’il porte sur le public, même s’il n’est pas sur le registre d’un Thomas Joubert. Suerte à Alejandro. Il n’en est qu’à ses débuts…

Mateo Julián, lui,  (1 or. à son second) n’est pas verni au sorteo. Il est maintenant mûr et tout près de passer

Afarolada des rodillas de Mateo Julian

L'afarolada de rodillas de Mateo Julian manqua de se terminer fort mal.
Bienheureusement le novillo n'exploita pas son avantage

Pecho de Mateo Julian
Ici c'est plus serein et beaucoup mieux !

en piquée. Il a acquis une telle aisance technique qu’il masque les difficultés au public ; du coup, celui-ci n’a plus le sentiment du danger et n’apprécie pas à sa juste valeur l’excellent travail qu’il accomplit. Cependant, si Mathieu a beaucoup de capacités, son toreo est un peu froid ; on l’a bien vu à son second, quand le succès de ses compañeros l’a stimulé et qu’il s’est un peu fâché : là, il a tout de suite eu le public avec lui. L’épée n’est pas son point fort, mais d’autres sont passés par là et ont surmonté l’obstacle. Avec quelques petits « réglages », Mathieu devrait arriver à quelque chose…

Víctor Álvarez (1 or. à son 1er) est accrocheur, volontaire et en progrès. Il a fait pour la finale l’une de ses meilleures prestations, arrivant par moments à de la belle qualité. Il serait étonnant qu’il parvienne à faire une carrière : son toreo manque de personnalité. Mais son parcours est d’ores et déjà plus que respectable : chapeau, et suerte !

Victor Alvarez dans ses œuvres : de l'inévitable cambio de espalda au toreo al natural

Ah ! les 3 novilleros ont rivalisé aux quites avec conviction.

Les novillos étaient d’Olivier Fernay (un peu plus difficiles) et de Virgen María (de meilleure caste). Tous toréables. Tous sans un seul fléchissement.
Ils ont largement contribué au succès de cette finale : arènes combles !

A l’an qué ven….

Triomphe d'Alejandro Rubio

Triomphe incontesté d'Alejandro Rubio

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