Dimanche 14 février, ouverture de la temporada : Novillada de López Jibaja à Samadet
Novillada de D. Antonio LÓPEZ GIBAJA (Nuñez / Marqués de Domecq / Jandilla) pour Patrick OLIVER (mauve et or), Angelino de ARRIAGA (turquoise et or) et Miguel de PABLO (blanc et argent).
Lot très bien présenté, assez lourd, de robes variées, bien armé, âgé de 3 ans à 3 ans et 4 mois, dans l'ensemble encasté et de comportement intéressant … mais, que l'on se rassure : le passage d'une temporada à l'autre a laissé intacts les manquements, mauvaises habitudes et autres sujets d'irritation, à savoir : mises en suerte bâclées, lidias inexistantes, piques assassines, présidence transparente, trophées exagérés jusqu'au ridicule, le tout bien sûr avec la complicité active de la majorité du public. On peut dire que les novillos ont dominé les novilleros, et il y a du souci à se faire pour la relève.
1er (3 ans 3 mois) : castaño bragado meano ; jette les pattes et freine dans la cape, puis pousse sans plus sous une pique en plusieurs trous, carioquée ; 2ème pique levée de suite, avec mise en suerte à la 2ème raie. Le novillo suit mollement aux banderilles, avec deux paires correctes de Cañada. La faena, débutée par statuaires au centre, montre un animal noble à droite, mais pas idiot, (avec des) derechazos propres mais marginaux, ponctués d'un désarmé. La corne gauche se révèle moins commode et Oliver, après une série heurtée, s'en tient là de ce côté. Entière basse d'effet rapide avec mort au centre ; oreille généreuse.
2e (3 ans 3 mois) : castaño lourd et un peu fermé d'armures, qui remate plusieurs fois aux planches. La réception est volontaire, en gagnant le centre, le novillo pousse sous une vilaine pique dans l'épaule, sort et revient seul de suite, puis ne montre rien à la 2ème (ou 3ème si l'on veut). Arriaga banderille son adversaire promptement mais moyennement, avec bien sûr une paire al violin … au milieu du dos. Face à un adversaire de charge franche il réussit à se mettre en difficulté de par son placement marginal puis, après deux séries de naturelles en se faisant accrocher le leurre, se fait promener, tout en masquant avec un certain métier son absence de dominio. Il conclut par des doblones et loge une demi-lame en place suivie de trois descabellos avec démarrage du novillo. Silence.
3e (3 ans) : beau castaño bien armé, qui domine de Pablo à la cape et fait à peu près ce qu'il veut. La mono- pique est trop longue, trop appuyée, carioquée et bien sûr le novillo en sort à genoux. Il suit pourtant au 2ème tiers, limité à deux paires, pour arriver vidé au 3ème. Le novillero le double avec élégance, puis sert trois derechazos en baissant la main. Après des naturelles bien lointaines, l'animal se reprend et finit par poursuivre l'homme à la suite d'une séquence de toreo à genoux mal venue. Mise à mort pénible avec pinchazo profond, entière penchée avec poursuite et descabello. Le novillo vient mourir au toril et tombe du ciel une oreille hors de propos.
4e (3 ans 2 mois) : castaño bragado meano, lourd et armé. Avec un cheval qui semble mal dressé (jeune ? qui a peur ?), encore une vilaine pique, en arrière, appuyée et carioquée, cheval au milieu de la piste, comme pour la deuxième qui sera courte. Et pourquoi limiter à deux paires le tercio de banderilles, avec un novillo qui suit ? Après trois passes cambiadas au centre, nous avons droit à un festival de demi-passes marginales, avec le leurre accroché à chaque fois, sous les "bièèèèn !" particulièrement pénibles du callejon en délire ; mais que voient donc ces gens, qu'ont-ils bu, fumé … ? Ayant soigneusement étouffé un adversaire qui venait bien, Oliver exécute pour la galerie deux circulaires inversées et fait durer plus que de raison. Deux pinchazos, plus un autre porté sans conviction, suivis d'une épée quasiment dans l'épaule contraire n'empêchent en rien l'octroi d'une oreille, réclamée avec une insistance proche de l'indécence par un peon que je préfère ne pas qualifier pour rester correct (pourtant, d'autant que je sache, Samadet n'a pas de plage) ; au passage, "on" a oublié de faire sonner l'avis.
5e (3 ans 4 mois) : lourd colorado ojo de perdiz, brochito, qui fait sonner les étriers en deux piques soigneusement vrillées et traseras, la 2ème largement après les clarines. Arriaga laisse les banderilles aux soins de sa cuadrilla et, une fois de plus, le président arrête, ou laisse arrêter (? !) à deux paires, sans raison apparente. Le novillo est faible mais mobile et la faena est marginale, froide et enganchée. Un quart de lame bas et un bajonazo (prémédité ?) précèdent un silence poli. L'engagement novilleril sera pour demain.
6e (3 ans 3 mois) : castaño bragado, lui aussi lourd et armé, mais avec la corne droite abîmée. Mis en suerte sous le cheval, le novillo pousse en secouant, sort et est re-piqué directement en carioca. Après une vuelta de campana, il attend les hommes puis les poursuit ; le banderillero Luis Mariscal salue pour deux paires risquées, la 1ère limite de la cogida, la 2ème en citant avec énergie son adversaire à trois mètres : ce sera le geste taurin de la tarde. L'animal arrive figé dans la muleta de Miguel de Pablo qui, ayant arraché quelques passes isolées, abrège et conclut par deux fois 1/5ème de lame, demi-lame en place et descabello. Silence.
A noter les points suivants :
Paseo en retard de 10 minutes ;
Une bonne idée : l'affichage du sorteo aux guichets ;
Les tercios de pique, avec la présentation de la cavalerie du picador Luis Antonio Vallejo "El Pimpi" se sont déroulés dans un terrain surprenant, à mi-distance du toril et de son côté opposé. D'ailleurs, le tracé des raies - pour une fois distantes de trois mètres ! - s'arrête avant cet endroit …
Banda de la Peña Al Violin toujours aussi magnifique : ses interprétations d'airs d'origine mexicaine ont même réussi à nous faire oublier le froid glacial et les courants d'air assassins. C'est la grande qualité de Samadet : en plus d'ouvrir la temporada et de nous permettre de retrouver les ami(e)s, cette placita nous offre chaque année un concert de musique taurine. Bravo !