Fédération des Sociétés Taurines de France - Temporada 2010

Du 2 au 5 avril, feria pascale d'Arles

Des toros ?

En ce début de temporada, les toros posent à nouveau question. Partout. On ne voit plus guère de limaces : dont acte ! Il y a certainement beaucoup de travail derrière. Mais la faiblesse revient dare-dare. Intempéries ?
Probablement. Mais l'aficion aimera savoir que les deux lots de la Feria de Pâques, en Arles, qui ont eu à la fois mobilité et force dans l'ensemble avaient été scrupuleusement nourris d'après les résultats de l'étude del'INRA sur les fibres musculaires et l'alimentation des toros. Ajoutons que les Laugier de la NSP étaient du même tabac et qu'ils ont régalé les spectateurs.

Vendredi 2 avril, matin

Passionnante novillada sans picador de Piedras Rojas (Patrick Laugier), aux comportements divers, mais toujours intéressants pour l'aficionado.
Verónica Rodriguez a surpris par son aplomb, sa finesse et sa toreria, même si elle a été un peu débordée à la fin.
Mateo Julián, plus expressif que d'habitude, a montré tout son métier ; il est sans doute temps pour lui de passer en catégorie supérieure.
Borja Giménez a de l'abattage, et une ceinture qui a rappelé à certains celle du. Cordobés ! 
Le mexicains José Mari a payé de deux volteretas son manque d'oficio et sa tauromachie exigeante : il torée avec la pansa de la muleta, la difficile liaison n'en est que plus difficile ; en fin de faena, il a régalé le public : de la personnalité, de l'art.
L'Arlésien El Tolosa a déçu : grosse progressiontechnique, mais son toreo semble avoir perdu son âme ; espérons qu'il la retrouvera rapidement.
L'autre Arlésien, Mojales Balti, s'est montré encore bien vert devant un novillo exigeant ; mais il a gardé tout son aguante et sa générosité : laissons-lui le temps nécessaire pour mûrir ses grosses qualités.

Vendredi 2 avril, après-midi

Arènes combles pour la luxueuse alternative de l'Arlésien Marco Leal.
Favorisé par le sorteo qui lui a attribué les deux toros très nobles et de peu de forces, Marco a montré ses limites : bien fait, mais si peu d'âme et de personnalité.

Juli est en super forme : on le savait, on l'a vu ! Son premier posait des problèmes d'un côté ; en 4 ou 5 muletazos de prise en mains, il lui a fait oublier ses mauvaises manières. Estocade « maison ». Un régal.
Son second a perdu un ongle : il lui a fait oublier son handicap et le toro a fini comme si de rien n'était. Autre régal. 2 + 1 oreilles.

Dès le paseillo, Castella n'avait pas son rayonnement naturel : la faute à une grosse « rouste » prise la veille dans un élevage voisin ; il était sous infiltration. Son premier ne permettait rien ; il en a quand même fait quelque chose.
Son second, astifino, présentait un « péril sourd » que le public n'a pas bien mesuré : hésitant à charger, il réfléchissait et cherchait l'ouverture pour attraper le torero plutôt que la muleta. Il le trouvera 2 fois, Castella n'échappant à la cornada que par chance. Merci maestro.

Dans l'ensemble, les Domingo Hernandez/Garcigrande étaient ennuyeux au possible.

Samedi 3 avril, matin

Très correcte (sauf le petit premier) bien  que déségale, la novillada de Bohorn avait de la qualité, dans l'ensemble.

Patrick Oliver n'a pas pu s'exprimer pleinement (un premier très faible : le seul) ; mais sa technique s'étoffe, et il est sans cesse en recherche de temple et de qualité. Quelques beaux gestes templés, tant à la cape qu'à la muleta.

Thomas Joubert place dès qu'il le peut son temple et son cachet artistique : superbe ! Mais torée-t-il assez, tel qu'il est, le toro qu'il a devant lui ?

Juan del Álamo s'est montré plus brouillon que l'an dernier, mais il commande.

Samedi 3 avril, après midi

La corrida concours , de présentation remarquable, a grandement déçu. Pas de prix possible à un  toro.

Grand tercio du piquero au 3e toro, 1er de Bolívar, non récompensé. Seul Bolívar et sa cuadrilla ont vraiment joué le jeu des mises en suerte de concours : pourquoi ne pas lui avoir attribué le prix du lidiador pour marquer la différence ?

 Compliqué, le Flor de Jara, 6e, aura été le seul toro vraiment intéressant de la course.

Dimanche 4 avril, matin

Les Ana Romero étaient splendides de type, de présentation et de race. Las ! Ils ne tenaient pas debout, sauf le 3e, qui avait en plus une charge douce et noble, pleine de temple.

Roman Pérez s'en est régalé, le toréant avec temple et lenteur, par le bas : 2 oreilles malgré une épée trop basse (sans être assassine) ; par contre, le Gibaja (nunez/juan-pedro) noble et mobile, sorti en sobrero, a montré ses limites : le torero a été en-dessous, peut-être pour n'avoir pas su canaliser la
charge généreuse en rématant ses passes par le bas.

Ferrera avec métier (dont 2 paires de banderilles plantées en face, ce qui est rare chez lui !), et Adame avec envie ont fait ce qu'ils ont pu avec des toros faibles mais pas naïfs : quadrature du cercle pour les dominer !

 Dimanche 4 avril, après midi

Bien Miura ! 6 toros, 6 comportements différents, allant du chat intoréable (2e) au toro miura de longue charge noble sansnaïveté (6e).

Padilla a été correct, mais sans plus.

Rafaelillo a exécuté le « chat » au mieux, dans l'incompréhension du public (« Il n'a rien fait ! ») ; puis il est allé à la guerre au 5e avec le courage et le savoir faire qu'on lui connaît ; un méchant derrote l'a touche en haut du nez ; une entière, plusieurs descabellos. mais pas d'oreille : le public n'a pas bien mesuré son effort.

Mehdi Savalli a été bien avec son premier ; une bonne épée lui aurait certainement fait obtenir une oreille. Par contre, il a été mauvais avec son second. Le miura n'est pas un toro qui se prête aux fantaisies ; si, en plus, on les cafouille, on ne fait que l'aviser prématurément : son miura s'avisant très vite, Mehdi n'a pas su ou pas pu s'en accommoder. Dommage.

 Lundi 5 avril, après midi

Les Puerto de San Lorenzo du lundi après-midi n'ont, hélas, pas relevé la Feria.

Juli a commencé avec un sobrero de Garcigrande/Domingo Hernandez qui remplaçait un toro abîmé au débarquement ; il a poursuivi avec un autre sobrero du fer du jour dont il n'avait pas voulu. Peu de toro, peu de Juli.

Juan Bautista a montré une envie bien agréable à voir quand elle s'allie au bon toreo, ce qui était le cas ; son second tenant à peu près debout et ayant de la qualité, il a coupé 2 oreilles. arlésiennes (1 belle aurait suffi ; elle aurait évité les sifflets d'une part du public et le dépôt des oreilles avant la vuelta).

 Il fallait que la Feria finisse sur une bonne note :  le 6e aurait été un grand toro s'il n'était pas parti au trot vers un burladero à l'issue de chaque série. ce qui ne l'empêchait nullement de se laisser amener facilement au centre pour la suivante et de charger avec l'allant, la longueur et la caste des meilleurs.
Matías Tejela en a fait ses choux gras, donnant de grandes séries main basse, longues, templées, parfaitement liées, dans le style de ce qu'il avait fait à Nimes il y a un an. Deux vraies oreilles pour de la belle ouvrage, encore que Tejela manque de coulé et de charisme dans son toreo.

Tout a donc fini sur une excellente note. Ouf !

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