Fédération des Sociétés Taurines de France - Temporada 2010

Dimanche de Pâques 4 avril, corrida de Rehuelga à Aignan

N.D.L.R. : Trois de nos aficionados-revisteros nous ont envoyé leur reseña. Nous les reproduisons avec un certain retard dont nous prions nos lecteurs de bien vouloir nous excuser.
Nous nous sommes autorisés à souligner par des caractères de couleur rouge, dans chacune des reseñas, des notations pratiquement convergentes - cornes indécentes - que l'on ne retrouve pas, pourtant, dans les comptes-rendus complaisants de la presse taurine plus ou moins spécialisée.

Reseña n° 1
(parce qu'elle nous est parvenue la première)

Dimanche 4 avril
Corrida de REHUELGA        Encaste Santa Coloma – Buendia

4/5 d’arène. Temps changeant puis plus stable ensuite.

La présentation a été inégale ; les cornes bizarres laissaient penser que les toros avaient été « arrangés » (après des incidents dans les corrales ?).
Nous avons noté 11 piques, la bravoure n’a pas toujours  été au rendez-vous. Cependant le 4e, proche des « patas blancas » eut un comportement très intéressant notamment au premier contact.

Les matadors se présentant au paseo sont connus pour leur courage et leur apparition, dans les après-midi de combat véritable, est attendue. Ils n’ont pas failli à la règle malgré quelques faiblesses que nous nous efforcerons de relater.

Les giboulées de la journée ont eu le bon goût de s’éloigner quelques minutes avant le paseo ; au début le vent gêne les matadors, puis tout rentre dans l’ordre à partir du 4e adversaire. Comme nous le constatons souvent, la deuxième partie de la course fut plus intense que la première.

Le chef de lidia, Xavier Valverde, hérita du meilleur lot.
Le premier, correct, bien dans le type des Santa Coloma, permit des séries à droite et à gauche pas toujours très croisées mais honorables. L’épée un peu tombée incita le président à accorder l’oreille, récompense un peu exagérée, la demande du public n’étant pas majoritaire !

Le deuxième attribué à Xavier, fut de loin le meilleur de l’après-midi. Sa robe magnifique nous rappelait les Barcial. Les deux piques données correctement ont permis au matador d’exécuter une faena variée et sérieuse conclue par une bonne épée ; l’oreille était totalement méritée.

Sergio Aguilar ne fut pas favorisé par le sort. Non seulement le vent se leva lorsqu’il prit sa cape, mais son premier adversaire n’a permis que partiellement de mettre en valeur ses qualités intrinsèques.
Ce matador est calme, classique, il n’a pas les gestes superflus que le public réclame. L’épée plantée aux ¾ suscita quelques applaudissements.

Le 5e accepta quatre rencontres mais son comportement très contrariant, distrait, peu concerné et la mise à mort longue mirent les spectateurs en colère ; notons que la plupart n’ont rien compris et notamment qu’un toro  de combat  peut supporter plus d’une pique !

Luis Bolivar au 3e se montra fidèle à sa réputation ; au départ il avait un doute sur la qualité de vision du fauve et hésita à entamer le combat. Pourtant l’animal alla deux fois au cheval et son comportement s’avéra alors normal. Quelques séries à droite de Luis et une épée moyenne lui permirent de saluer.

Le 6e fut très noble. La seule rencontre au cheval (habitude trop fréquente à notre goût) et le fait qu’il dédia au public sa future victime, laissaient présager un triomphe. La faena longue et redondante, parsemée de gestes authentiques ainsi que  l’épée efficace, amenèrent la présidence à accorder les deux trophées. Rappelons que l’inflation doit être condamnée en période de crise ! Messieurs les présidents, évitez de regarder le public avant d’accorder la 2e oreille, cette dernière est de votre ressort. Ressaisissez-vous, pas de démagogie. Il n’est rien de pire pour les aficionados que le désenchantement.

Nous reviendrons à Aignan à Pâques néanmoins. Les vallons nous ferons pour un temps oublier les faiblesses de l’homme.

Reseña n° 2
(parce qu'elle nous est parvenue la seconde)

Corrida de la ganaderia de Rehuelga, Aignan, le 4 Avril 2010

L’événement de la journée était la présentation en France des toros de la « Ganadería de Rehuelga » d’origine Santa Coloma par le branche Buendía. Pour une première, on peut dire que le bilan toriste est assez décevant. Le lot, hétérogène, plus lourds les 1, 2 et 4, présentait des armures plus que suspectes se rapprochant plus de celles rencontrées en rejon ! Seul le 5, applaudi lors de son entrée en piste, sortait du lot par son trapío harmonieux.

Face à ce bétail, les trois toreros de la tarde n’ont fait que peu d’efforts pour fournir de bonnes lidias et le bilan comptable de quatre oreilles à la fin de la course est assez élogieux par rapport au travail présenté.

Vendaval portant le 19 est le premier opposant de Valverde. Le cardeno ne se livre guère à la cape et se montre défensif sous le fer. A la muleta, Javier effectue une faena peu sincère, n’avançant jamais la jambe pour peser sur son adversaire. Usant  du pico, il réalise somme toute quelques passes qui plaisent aux spectateurs festifs mais pas à l’aficionado de verdad. Une entière latérale et caida au premier envoi permet à quelques-uns de réclamer le pavillon qu’accorde la présidence.

Marisquero, n°27 sort du toril en deuxième position. Aguilar se fait vite déborder au capote puis ne fait aucun effort lors des deux mises en suerte du tercio de pique où l’animal est inexistant. Lors du quite, le torero fait une voltereta mais réussit par la suite à servir quelques chicuelinas serrées. Au dernier tiers, le madrilène est toujours sur le reculoir, se méfiant de son adversaire comme de la peste ; il ne montre pas l’envie d’améliorer son adversaire. Le toro est couché d’une demie lame. Silence.

Almendrito, n°3 trouve sur son chemin … le peon de Bolivar qui commence le travail à la cape puis le fait taper violemment contre les planches alors que son maestro reste derrière le burladero. Le Santa Coloma se réfugie alors au toril. Le Colombien le sort de sa querencia et le conduit au cheval où le piquero loupe sa cible…essayant tant bien que mal à planter sa vara, …en vain ! Non piqué, le toro revient au cheval le long des planches d’où il sort vacillant. Le public demande son changement alors qu’il n’avait pas de défaut physique à sa sortie en piste! Finalement l’astado se requinque mais reste distrait dans l’ultime tiers cherchant souvent le toril. Le Colombien se contente de toréer en reculant… ! Epée entière, delantera, trasera, atravesada, et tendida, … Silence après avis.

Le second toro de Valverde, Mata Blanca est costaud mais présente une corne droite « très laide ». Il va deux fois au cheval sans aucune lidia appropriée. Le salmantin débute à gauche mais le Rehuelga se montre meilleur à tribord. Valverde réveille alors le public en profitant de la mobilité du bicho. Il reste cependant très « pueblerino » ce qui ne l’empêche pas de récolter un deuxième pavillon après une entière delantera.

Luciano, n’inspire pas plus Aguilar que Marisquero. Le cornu pousse peu sous le fer lors des deux rencontres. Le maestro est de nouveau défaillant lors du dernier tiers où le toro distrait n’est jamais intéressé ni dominé. Sergio le tue « au passage » d’une entière contraire trasera. Sifflets.

L’ultime toro, Fandanguero donne plus confiance à Bolivar. Petite pique, deuxième tiers écourté, le Colombien arrive motivé à la muleta. Offrant l’animal au public, il veut se racheter de sa première prestation. Les passes se succèdent, s’enchaînent, à droite beaucoup, à gauche un peu mais avec une muleta immense et pas forcement planchada…et usant du pico… Il termine par une série de pseudo-manoletinas. Le succès avec l’acier lors de la première tentative, entière delantera en se mouillant les doigts, lui permet de couper les deux appendices.

Présidence : Ch. Hayet aux ordres des matadors (Pourquoi arrêter systématiquement les banderilles à deux paires (et même deux banderilles seulement au 3ème toro)? Le règlement andalou serait-il en vigueur à Aignan?
Durée 2h30
Sergio Aguilar et Luis Bolivar se présentaient dans cette arène.

Reseña n°3
(parce qu'elle nous est parvenue la troisième)

AIGNAN 4 Avril

Le sud ouest célèbre aussi sa feria pascale qui a certes moins d’envergure que celle du sud est mais pas moins d’intérêt. AIGNAN y TOROS proposait une novillada sans picadors en matinée et une corrida l’après midi, toutes les deux épargnées par la pluie, le reste de la journée ayant subi une alternance d’averses parfois fortes et de soleil.

Le matin, novillada sans picador avec des novillos du LARTET (Paul et Jérôme Bonnet).

Eduardo PEREIRA (mauve et or) n’a pas beaucoup convaincu. Son premier, un castano de trapio convenable coupe le terrain à gauche et se montre querencioso aux planches. Il débute sa faena au centre par un cambio mais se fait ramener dans la querencia. Il se fera désarmer deux fois et ne trouvera pas de solutions. Estocade contraire et silence.

Son second, est un novillo noir qui manque de noblesse et donne des coups de tête. Malgré des passes bien menées et de bonnes séries, le madrilène restera en dessous. Silence

Juan LEAL (blanc et or) élèves de la fondation d’EL JULI donnera un bon début de faena lui aussi au centre, à un toro noble suivant bien la muleta mais finira sans grande transmission avec un toreo superficiel. Il mettra deux coups d’épée et obtiendra une oreille.

Il reçoit son deuxième par une larga de rodillas et se montre un peu répétitif par un début de faena au centre encore une fois. Malgré un temple approximatif et des cafouillages il donnera de bonnes séries à droite et à gauche coude plié. Malheureusement le novillero gère mal le retour de passes et reçoit le mufle à plusieurs reprises en guise d’avertissement, il se fera ensuite accrocher à trois reprises. Estocade atravesada. Une oreille.

La corrida de l’après midi présentait pour la première fois en France
les toros de REHUELGA d’origine BUENDIA.

Bien que certains toros aient donné de l’émotion, presque tous ont déçu par leurs armures (selon l’éleveur, la propriété de Rehuelga contient des pâturages dont l’herbe ne favorise pas le développement des cornes !), manquant de forces dans l’ensemble mais pas toujours faciles.

Le premier toro pour Javier VALVERDE (parme et or) s’est montré fuyard, de bravoure irrégulière  attaquant aux planches. Il est noble et passe bien avec des charges suaves. Le torero en profite pour se mettre à bonne distance mais la mollesse du toro fera tout perdre à la fin de la faena. Une bonne estocade lui permettra toutefois d’avoir l’oreille.

Son deuxième, immobile et aux charges brusques, prendra une pique avec une petite bravoure et une deuxième plus courte. Le toro charge tête haute, une partie de la faena se fera sans réelle domination avec des séries à droite où le toro répète bien les passes. Javier VALVERDE arrive peu à peu à s’imposer et conclura par une estocade basse et obtiendra une oreille.

Sergio AGUILAR (vert et or) n’a pas réussi sa journée peut être par manque de solution ou d’un mauvais tirage au sort et du vent en prime. Son premier, un cárdeno lourd aux cornes épaisses prend deux piques sans bravoure, coupe à gauche, le renverse sur un quitte, ne donne aucune transmission en raison des ses charges lentes. Sergio AGUILAR profite des quelques passes à donner mais le toro déborde à gauche raccourcit les charges et devient dangereux. Silence.

Son deuxième bien présenté et peu brave prendra trois piques sans beaucoup de bravoure. C’est un toro qui est difficile à fixer, déstabilisant les cuadrillas et peu coopérant. Le torero sans beaucoup d’options n’insiste pas ou n’en cherche pas. Les charges brusques du toro le mettent à nouveau en difficultés pour tuer. Sifflets.

Les premiers coups de cape du toro de Luis BOLIVAR (bleu turquoise et noir) sont donnés par son peon. Il est mieux armé que les autres, querencioso, et, malgré une apparence éteinte charge brusquement et regarde l’homme. Le torero s’ en méfiera jusqu’au bout en donnant des passe sur le voyage sans s’imposer. Silence.

Le meilleur toro de l’après midi fut le sixième. Malgré une difficulté à placer au cheval et des attaques sans cesse sur les planches, il ne prit qu’une pique sans bravoure mais donna des charges avec noblesse bien exploitées par le torero colombien qui sut donner de la distance notamment par des  cites rappelant ceux de César RINCON. Il profitera de la bonne corne droite et obtint deux oreilles.

La public s’est montré un peu laxiste avec Javier VALVERDE et Luis BOLIVAR (présents à Arles le samedi) et sévère avec Sergio AGUILAR : bien qu’ayant peu insisté face à ses toros n’avait pas une grande marge de manœuvre.

On notera que la banda LES ARMAGNACS a parfaitement bien animé les deux courses de la journée.
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Voir le reportage-vidéo d'Alain Garres sur Corrida-Tv

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