Fédération des Sociétés Taurines de France - Temporada 2010

Dimanche 16 mai, corrida d'Adolfo Martín à Alès

   Corrida d'Adolfo MARTÍN pour Fernando ROBLEÑO (grenat et or), remplaçant José CALVO, blessé, Francisco Javier SANCHEZ VARA (coq de roche et or) et Iván FANDIÑO (blanc bleuté et or).

   Lot plutôt homogène, présenté et armé correctement, âgé de 4 ans et demi à 5 ans et demi, de robes cárdeno oscuro et bien typé Albaserrada, plus spectaculaire que brave à la pique, souvent réservé et retors au 3ème tiers.

1er (N° 95, 4 ans et 5 mois, 500 kg) : il fait sauter les planches et effectue un demi-tour d'arène par le callejon. Faiblote, il pousse un peu à la 1ère pique et moins à la 2ème, mais en venant de plus loin. Robleño a au moins eu le bon goût de ne pas le placer à la 2ème raie, comme cela devient malheureusement la mode. 3ème paire de banderilles risquée, mais la poursuite reste molle. Tardo et de peu de charge, il se fige aux planches et y revient malgré l'effort du matador pour l'en sortir. Après un avertissement, et sans essai à gauche, il abrège et tue dans la querencia de deux tiers de lame basse. Applaudissements de sympathie.

2ème (N° 45, 5 ans et 4 mois, 515 kg) : le vrai "hocico de rata", qui saute dans la cape et est salement piqué en deux rencontres lourdes, appuyées, avec la 1ère vrillée en carioca. L'animal pousse, revient seul, puis se montre tardo pour la 2ème (!). Peu de réactions quand Sànchez Vara prend les palos, tout ça pour banderiller à cornes passées, mais la fraction torista du public alésien se réveille quand le matador trouve spirituel de vouloir nous brinder son toro ; il n'insiste pas … Après deux séries prudentes et en reculant à droite, il prend la main gauche ; de ce côté aussi, le toro serre et l'oblige à se replacer. La 3ème série de naturelles est constituée de demi-passes, avec un adversaire arrêté. Bajonazo quasiment au centre et 4 descabellos. Silence.

3ème (N° 116, 5 ans 2 mois, 505 kg) : armé playero et veleto, avec la corne gauche escobillée, se retourne sèchement. Avec un picador qui hésite à se placer correctement, il provoque la chute dans les planches ; 2ème rencontre en poussant moins, l'homme agrandissant soigneusement la blessure, en carioca. Fallait-ilarrêter là ? 2ème tiers sobre et rapide, sans poursuite. Fandiño se fait accrocher au 2ème derechazo, puis avertir sérieusement à la série suivante. Il subit comme il peut les retours sur place en trois séries de naturelles citées de très près et opte pour des passes de châtiment. Demi-lame en avant et entière encore plus delantera.
Salut aux tiers.

4ème (N° 5, 5 ans 1 mois, 520 kg) : Haut, bizco mais très armé, il sort calmement et se place au centre. A la1ère pique, il promène le cheval, le soulève, le renverse et s'acharne sur lui. Tardo et gratteur, il doit être rapproché pour la 2ème, dans l'épaule, prise en poussant, déséquilibrant le picador et malmenant de nouveau sa monture. Il attend les hommes aux banderilles et les poursuit aux 1ère et 3ème paires, celle-ci posée à la sauvette. Robleño se fait désarmer au 1er doblón, et son adversaire prend querencia au toril. Il doit l'en sortir à trois reprises, arrache une série à droite puis une à gauche. Le toro commence à marcher en crabe lors du retour à droite, et le torero conclut par passes de châtiment et demi-lame dans l'épaule d'effet rapide.
Salut aux tiers.

5ème (N° 105, 5 ans 3 mois, 510 kg) : très armé et très bizco lui aussi. Piqué dans l'épaule, il soulève le cheval et obtient un batacazo au centre ; en revanche, il ne fait que secouer puis s'endort à la 2ème rencontre. Suivant aux banderilles, il effectue même le "coup de la barrière" à la 1ère paire. A la muleta, il se révèle plus mobile et plus noble que les précédents, mais montre quelque faiblesse. Sànchez Vara sert deux séries de derechazos propres mais parallèles, puis verse dans le genre pueblerino, tandis que son adversaire s'éteint et finit au pas. Epée manquée, entière basse et oreille pour réchauffer l'ambiance.

6ème (N° 35, 5 ans et demi, 520 kg) : beau cárdeno, bien fait, reçu par véroniques et demie élégantes. Une pique en arrière prise en poussant, une 2ème, placé (trop) près, en secouant. 2ème tiers moyen, sans poursuite des hommes. Fandiño donne l'impression de douter, de flotter en début de faena, plaçant et replaçant son toro, prenant beaucoup de temps entre les passes. Il se fait dominer, se met lui-même en difficulté, et arrête une musique inopportune. Puis il se reprend, se centre, sert trois belles séries croisées après le changement d'épée et conclut d'une demi-lame plate suivie d'une entière basse en avant. Oreille.

   A noter un vent par moment gênant et pas chaud du tout ; demi-arène et présidence sans histoire. Les picadors ne sont pas placés au toril et face à celui-ci, mais en position médiane (?).

   A l'issue de cette course, on peut dire que, si les Victorino père et fils élèvent aujourd'hui des toros de 3ème tiers, leur neveu et cousin Adolfo produit, lui, des toros de 1er tiers. Je trouve cet équilibre assez rafraîchissant … en attendant la synthèse.

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