Novillada de Flor de Jara pour Patrick Oliver, Thomas Joubert, Esaú Fernández.
11 h, beau soleil, deux tiers d'arènes.
Les novillos de Flor de Jara, jolis, bien armés, illustrèrent avec bonheur différentes nuances du cárdeno. Aux piques, 15 rencontres au total, leurs mérites furent divers, le premier étant le seul réellement brave.
Patrick Oliver, vert et or, reçut ce premier, cárdeno tout court, par des véroniques de bonne facture. Excellente prestation de Gabin Rehabi lors de trois rencontres bien dosées qui permirent au bicho d'exprimer sa bravoure sans anéantir ses forces. Bonne entame du travail de muleta par naturelles qui déclenchent la musique. Mais le novillo s'éteint rapidement et le novillero - qui ne se croise pas beaucoup – l'imite. Deux pinchazos suivi d'une épée contraire entière. Palmas pour le novillo, palmitas pour le jeune homme.
Le deuxième utrero, cárdeno mulato, fera preuve de mansedumbre au cours de quatre rencontres avec la cavalerie. Muleta en main, Thomas Joubert, lilas et or, subira une voltereta heureusement sans conséquence. L'animal est difficile, en particulier à gauche. Thomas instrumente par derechazos et se bat courageusement mais sans parvenir à s'imposer. Conclusion laborieuse par une épée atravesada, un avis, un pinchazo, une épée delantera. Palmitas.
Le dénommé Molestito, negro entrepelado, titube à la sortie d'un première pique longue, « pompée », sévère. Il en prendra une seconde toujours appuyée mais brève. Ayant bien récupéré de ce double assaut, il se révèle noble et mobile, le meilleur novillo de la matinée. Par chance, il échoit à Esaú Fernández, chocolat et or, le meilleur novillero de la matinée. Le trasteo débute par un cambio de espalda et se poursuit par des redondos remarquablement « templés », suivis de naturelles du même acabit. Un pinchazo, une entière concluante, une oreille fêtée. Applaudissements au novillo.
Le numéro 4 est un cárdeno oscuro qui donne de la corne dans la cape d'un Patrick Oliver dépassé. Il prend un première pique à grands coups de tête dans le caparaçon puis un seconde copieusement pompée. Le novillero demande et obtient le changement de tercio. Une troisième pique n'aurait pas été, peut-être, superflue. L'animal s'avère difficile, bronco, « cornéant » tous azimuts. Patrick s'en tire par deux pinchazos, suivis d'une estocade entière superbe.
Suit un autre cárdeno oscuro costaud, très applaudi à son apparition en piste. Thomas Joubert dessine de jolies véroniques, Le bicho pousse fort sur un pique trop en arrière. Après une longue sollicitation, il en accepte une seconde sur laquelle il pousse brièvement puis s'endort, s'écarte pour recharger dans un mauvais style. Ce novillo se révèle tardo à la muleta. Efforts méritoires mais peu productifs de Thomas pour l'animer. L'ensemble est fort décousu. Un pinchazo, une épée delantera. Silence.
Le sixième, encore applaudi à son apparition, présente une superbe robe cárdeno, girón, calzado, lucero, coletero (reportez-vous à vos dictionnaires spécialisés habitules). Esaú Fernández le reçoit avec beaucoup de détermination à la cape. Première pique dans l'épaule, deuxième "pompée". Le changement de tercio demandé par le novillero est accordé. Esaú a « brindé » au Fundi. Il débute à gauche avec un novillo trop compliqué qu'il parvient à canaliser mais sans pouvoir construire une véritable faena. Bajonazo mortel. Applaudissements.
En résumé, novillos très intéressants, Esaú Fernández à peu près au niveau, le deux français, bien trop verts.