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Dimanche 23 mai, corrida de Palha à Vic-Fezensac

Deux reseñas :

1

Six toros de Palha pour Mornito de Aranda, Alberto Aguilar, Mehdi Savalli . Plusieurs sangs :    Pinto Barreios ;    Isais T. Vasquez ;    Olivera Immaos ;    Baltazar Iban. Quasi-plein. Temps merveilleux. Toros bien présentés, sans poids excessif. Le cinquième fut remarquable : 14 piques prises avec une bravoure plus ou moins avérée. Le ciel uniformément  bleu et le public très nombreux, laissaient présager des moments inoubliables. Ce fut le cas.

Morenito de Aranda  effectua à son premier une vuelta après un travail sérieux, appliqué, sans perdre de vue les fondamentaux de la tauromachie Le quatrième animal ne permit pas au matador de réitérer ses bonnes aptitudes. Une épée entière et un descabello suscitèrent un silence poli.

Cette course nous permit entre autre de comparer deux types de comportements diamétralement opposés.  D’un côté Mehdi Savalli, courageux certes mais très mal conseillé par son entourage. Ses débuts prometteurs en novillada n’ont pas connu les lendemains escomptés. Il végète et rejette souvent sur le toro ses insuffisances en matière de lidia. Ce fut le cas notamment au cours du combat contre son premier animal. Il ne sut jamais le cadrer, se croiser. Les séries désordonnées finirent par lasser son adversaire ; le descabello mit fin à une faena gâchée. Le sixième permit la pose de trois paires de banderilles dans les règles de l’art, là où Mehdi excelle. Comme précédemment, le troisième tiers montra les limites du matador. Le public n’apprécia que très modestement et certains le firent savoir bruyamment.

De l’autre côté, Alberto Aguilar, souriant, à l’entrain communicatif, très bien conseillé, mit l’arène dans un état rarement atteint à Vic. Le courage du maestro ne fait aucun doute, mais son sens de la lidia, sa connaissance des terrains, du sitio, lui permettent d’amener l’animal là où il le désire.

Le deuxième nous a donné le plaisir d’apprécier un travail des deux mains, sans fioriture, sans gestes superflus. L’épée entière et l’oreille accordée ont mis fin à un travail remarquable.

Le cinquième Palha, magnifiquement armé, bien proportionné, accepta trois piques. Alberto posa trois paires de banderilles dans l’enthousiasme général. Mais le meilleur était à venir. Placé au centre, la muleta dans la main gauche, le matador cita le toro qui se tenait près des planches. Ce dernier s’élança sans hésiter et le ballet entre les deux adversaires se déroula sans à coups ni fausses notes, à droite comme à gauche. Le public communia pendant dix minutes, dans une atmosphère de fête et de joie,  toristes et toreristes ne faisant qu’une seule et même entité, avec un même dénominateur commun : le bonheur d’être là. L’épée foudroyante ne fit qu’ajouter à la liesse générale. Le président accorda les deux oreilles et la vuelta au magnifique toro. Les gens s’embrassaient dans le callejon et le public debout ne voulait pas que le maestro s’en aille. Ils l’accompagnèrent néanmoins jusqu’à sa fourgonnette, sur les épaules des areneros. Alberto Aguilar, 24 ans, de Madrid, le sourire en permanence aux lèvres, la joie de vivre et de toréer !

***

2

La corrida de PALHA du dimanche après midi, bien présentée, était difficile mais toréable. Les toros n’ont pas fait preuve de beaucoup de bravoure dans l’ensemble. Le quatrième bien que dangereux fut très bon et a été primé d’une vuelta. Le lot de Palha présentait des qualités de mobilité et la plupart pouvait offrir un succès à condition d’aller le chercher. Seul Alberto AGUILAR, en acceptant « de prendre le risque » et de s’exposer a su en tirer parti. La récompense a été de taille : une oreille et deux oreilles, meilleur palmarès de la féria 2010.

Le chef de lidia Morenito de ARANDA (rouge et noir) n’aura eu qu’un début d’après midi en demi-teinte : son premier toro bien présenté et passant bien à la cape s’est affaibli sous deux longues piques. Sa faena commença plutôt bien avec un toro mobile et assez noble ce qui laissait entrevoir le succès. Malgré une faena méritoire les séries s’enchaînent avec longueur voire ennui. Estocade de deux tiers de lame pétition d’oreille et vuelta. Il ne tirera pas profit de son deuxième toro faible. D’une bravoure discrète sous la pique il ne permettra qu’une faena sans relief qu’il conclura par une estocade longue d’effet. Silence.

Alberto AGUILAR (blanc cassé et noir) a probablement été le plus chanceux mais aussi le plus volontaire : pour commencer, il offrit une véritable « faena de cape » à son premier en ne cédant pas un pouce de terrain face aux charges brusques, laissant passer la corne à quelques centimètre des jambes. Pour continuer : chicuelinas marchées pour placer le toro face au picador. Les banderilles sont partagées avec Mehdi Savalli. Début de faena au centre avec une bonne mobilité. Le torero comprend vite et enchaîne les passes avec profondeur et bonne distance, garde aussi le bon goût de ne pas trop prolonger les séries. Fin avec un peu de cafouillage et estocade superbe. Une oreille.              Il profitera encore mieux de son deuxième toro. De belle présentation, il sera le meilleur de l’après midi et même de la feria, mais difficile : coureur aux charges brusques qui coupe le terrain et met les cuadrillas en difficulté. Débutant la faena au centre de la main gauche enchaînant avec profondeur et détermination, il a su trouver et exploiter les qualités de ce toro en prenant des risques et s’imposant. Estocade portée avec sincérité et d’effet radical. Les deux oreilles tombent de la présidence.

Mehdi SAVALLI (chocolat et or) a eu lui aussi un bon premier toro qu’il reçoit par deux largas des rodillas le long des planches. La lidia commence bien mais il se fait déborder assez rapidement : muleta touchée à chaque passe et charges spontanées du toro qui peu à peu commande. Mehdi ne parvient pas à en tirer toutes les qualités. Quelques sifflets le poussent à essayer de trouver une solution mais trop tard le toro n’a plus de forces. Silence.  Le public lui laisse une seconde chance à son deuxième. Gros investissement du torero: véroniques lentes, bon tercio de piques, bonnes banderilles et séries suaves. La grande faiblesse du toro ne lui permettra pas d’obtenir le succès.

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