Lundi 24 mai, corrida de Victorino Martín à Vic-Fezensac
Deux reseñas :
1
Corrida de Victorino MARTIN pour José Pedro PRADOS "EL FUNDI" (violet et or), Rafael RUBIO " RAFAELILLO" (vert prairie et or) et Jean-Baptiste JALABERT "JUAN BAUTISTA" (blanc et or).
Lot allant de bien à très armé, tous avoisinant les cinq ans et demi, dans l'ensemble retors voire dangereux (sauf le 3ème), et sans doute de ce fait assez lourdement piqué, surtout à la 1ère rencontre.
Le 1er (5 ans 7 mois), armé veleto y playero, saute dans la cape. Il prend une longue pique carioquée en poussant, puis ne montre rien à la 2ème, placée très en arrière.
2ème tiers correct de la cuadrilla, sans poursuite des hommes.
Bien amené au centre par doblones, le toro plie des antérieurs. Après deux séries de derechazos, El Fundi prend la main gauche et doit céder du terrain devant son adversaire ; quelques passes de châtiment précèdent une 2ème tentative à gauche, qui se solde par le même résultat. Il n'insiste pas et tue laborieusement par mete y saca prudent, trois pinchazos et bajonazo d'effet rapide. Sifflets légers.
Confirmation au 4ème ( 5 ans et 7 mois, armé lui aussi veleto, corne gauche abîmée) que le grand matador, qui nous a fait vibrer par son sens de la lidia et du dominio, n'est pas revenu à son niveau de 2008. Le toro le domine au capote, puis s'endort en deux piques plus subies que prises. Tercio de banderilles sans histoire, mené rapidement. El Fundi double bien l'animal, puis éprouve des difficultés pour aguanter ses retours secs à gauche. Deux derechazos de la même eau et il abrège, reculant de nouveau sur les passes de châtiment.
Entière verticale en avant et deux descabellos au toril. Sifflets. i Qué làstima !
Le 2ème (5 ans 4 mois) est armé large. La 1ère pique est appuyée et prise en secouant plus qu'en poussant, et la 2ème, d'abord bien placée, est repositionnée en arrière et carioquée ! Banderilles dans la difficulté, avec un toro qui ne démarre pas : une seule clouée, plus une paire, plus une seule, font quatre. Le "grand" tercio de vara n'empêche nullement le matador de brinder au public, sans réaction notable de ce dernier … Sommes-nous bien à Vic ? Se croisant et baissant la main, Rafaelillo réussit trois séries courtes à droite, son adversaire l'avertissant à la 3ème. Une série de naturelles avec de ce côté aussi une charge courte et violente, et le torero revient à droite : le toro en profite pour lui sauter au visage. Nouveau changement de main, et l'animal se retourne sur lui. Voyant qu'il n'y a plus rien à tirer d'une telle alimaña, sauf de gros ennuis, l'homme abrège logiquement et conclut d'une demi-lame en avant. Salut au centre (que l'on ne voit plus beaucoup : peut-être pour nous rappeler Esplà ? !).
5ème (5 ans et demi), très armé, asaltillado avec ce regard caractéristique, violent, pèse dans la cape. Décidément, Rafaelillo a tiré "le gros lot !". Une pique trasera, lourde et longue, une autre du même style, le toro sortant seul et vite, une 3ème en allant le chercher à la 2ème raie, avec là encore une sortie immédiate.
L'animal se fige aux banderilles, puis serre au 2ème derechazo… Le torero réussit à lui voler quelques naturelles, mais cet autre mauvais coucheur s'arrête à sa hauteur et le regarde sans ambigüité. Passes de châtiment, trois quarts de lame très bas en avant et descabello. Division légère et sifflets à l'arrastre.
Juan Bautista amène bien au centre le 3ème (5 ans 5 mois), autre playero veleto, plus léger. Le toro pousse brièvement de la corne droite puis se contente de secouer à la 1ère rencontre, et ne montre rien à la 2ème, avec la pique replacée cette fois vers l'avant. Pas de poursuite aux banderilles, avec une 2ème paire à cornes passées et une 3ème entraînant un salut du peon. L'animal, noble et doté d'une charge lente, permet au torero de servir une faena propre, au moins à droite, en se croisant un peu, avec cependant un avertissement à la 3ème série. Belles naturelles, mais Jean-Baptiste semble plus circonspect à la 2ème série sur cette corne.
Retour à droite, mais le toro s'est éteint, finissant au pas puis à genoux. Echec à la mort, avec deux mete y saca et deux tiers de lame plate. Salut aux tiers.
Le 6ème (5 ans et demi) saute dans la cape et prend trois piques : une en poussant le cheval aux planches et en le soulevant, une autre en revenant seul, et une 3ème lourde mais sans poussée, sortant seul.
2ème tiers propre et rapide, sans poursuite. L'homme aguante une charge violente et des retours secs sur deux séries de naturelles, trébuchant sans dégât devant le toro et montrant sa volonté, mais il abrège assez vite suite à sa tentative à droite, cette corne s'avérant peu engageante. Mete y saca sans conviction et entière tombée.
Silence.
Avec des faenas courtes (donc pas d'avis) et aucun trophée, le spectacle a duré deux heures.
***
2
Les toros de Victorino Martin, de présentation superbe mais très dangereux, n’ont pas été très nobles ni très braves. Ils n’ont pas eu les qualités de grands toros mais faisaient régner de l’émotion en piste tant par leur dangerosité que par la largeur et la hauteur de leurs cornes, ce qui devient rare. En revanche, ils ne permettaient pas grand-chose aux toreros probablement en raison de leur âge, tous avaient cinq ans, voire cinq ans et demi.
El Fundi fut malchanceux, et on remarquera l’engagement de Rafaelillo et de Juan Bautista.
El Fundi (mauve et or) n’a pas pu faire grand-chose avec son premier toro. Cornes imposantes et regard avisé il coupe le terrain dès les premières passes de cape et déborde tout de suite. Le matador insiste mais le toro ne laisse aucune option. Silence.
Il ne parviendra pas à tirer davantage de son second rapide qui se retourne très vite et qui est longuement piqué la première fois et plus rapidement la deuxième. Le toro semble toutefois bien passer en début de feana mais déborde rapidement le matador sans recours. Silence.
Rafaelillo (vert et or) s’est investi face à son premier toro. Il parvint à donner une faena face à un toro dangereux qui coupait le terrain des deux côtés et regardant l’homme en réfléchissant avant de charger. Chaque passe étant arrachée une à une, le torero insista pour tirer des passes et l’améliorer mais en vain manquant à plusieurs reprises de se faire attraper. Sa faena de qualité, fut primée d’une vuelta.
Son second, énormément piqué (le picador a littéralement foncé sur le toro en dépassant la ligne lors de la troisième pique) n’a pas été plus facile. Il dut abréger face à un adversaire tout aussi compliqué que son premier, et devenant dangereux, cherchant l’homme derrière la muleta et chargeant très brusquement. Division dopinions.
Juan Bautista (blanc et or) su tirer parti de son premier toro, le plus toréable, très bien armé par des séries bien templées et bien conduites auquel il réussit à donner un grand nombre de passes. Il sut s’affirmer en soutirant les qualités de ce toro, ce qui demandait une bonne technique. Salut.
Il fut moins convainquant à son second, plus difficile, auquel il tira des passes sans vraiment s’imposer terminant par des muletazos désordonnés et conclua par une bonne lame entière. Silence.