Dimanche 11 juillet, corrida d'Escolar Gil à Céret
Amuse-gueule.
Les anti-corrida se présentent devant les portes des arènes et ne respectent pas la distance exigée par l’arrêté municipal indiquant que la manifestation peut avoir lieu mais à 150 mètres de l’enceinte taurine. Petites échauffourées, intervention de deux gendarmes auxiliaires, les « titulaires » préférant sans doute récupérer les bouteilles d’alcool (qui profiteront à certains !) dans les voitures des jeunes… c’est plus facile à gérer ? !
Avant le paseo, des « anti-espontaneos » déboulent sur la piste afin de s’y enchaîner et de perturber le déroulement de la course. Intervention illico presto militari des « forcado-areneros » qui nettoient rapidement le sable de ces parasites.
Remise en piste par M. Colléoni du prix des Critiques Taurins du Sud-Est au meilleur lot de toros de la temporada 2009 pour les Coimbra lidiés l’an dernier dans ce ruedo.
Dommage que cela ne se soit pas fait la veille pour la corrida du même fer et non ce jour avant les Escolar.
Au menu de cette tarde, l’ADAC avait préparé un lot de « cinqueños » d’Escolar Gil. Le n°31 initialement prévu était annoncé remplacé par le 44 au niveau des corrales.
Le chef (de lidia), Fernando Robeño vêtu au couleur de la « Roja » est actuellement en confiance.
Son premier Caralegre, un negro entrepelado de 540kg, est un cuatreño arrivé la veille en remplacement du sobrero. Le Madrilène le conduit avec calme vers le centre de la piste par des véroniques bien facturées.
Le tercio de varas n’est pas la spécialité du maestro. Deux fois mal mis en suerte, le bicho reçoit deux rations de fer assaisonnées façon traseras-carioca.
Le Santa Coloma a toutefois encore du moteur et poursuit les piétons aux banderilles.
Robleño entame avec élégance sa faena en amenant l’animal al centro. Les séries droitières sont bien léchées mais non dépourvues de défauts : muleta non planchada, utilisation du pico. Il en est de même à bâbord, où le diestro reste lointain. Il couche l’animal au deuxième essai en se mouillant les doigts avec une entière basse. Pétition d’oreille minoritaire, suffisante pour le palco qui octroie le pavillon.
Le quatrième Confitero portant le 44 se casse la corne dès son entrée et se fait remplacer par le sobrero du même fer le n°27, Cantinero dont le poids n’est pas indiqué. Léger, ce « Cantinier » pousse peu lors des deux rencontres et s’agenouille lors du quite.
Le deuxième tiers est écourté à la demande du maestro qui offre son toro au public.
Sereinement, Robleño amène l’Escolar au milieu de la piste. Avec la main droite, il dessine une bonne première série mais se fait accroché sur la suivante. A gauche, l’ensemble est correct. De nouveau à tribord, l’animal se montre soso et manque de piquant. Le maestro en profite pour tirer des passes. Belle seconde estocade. Oreille après une pétition encore une fois minoritaire.
Le marmiton de la journée se prénomme Alberto Aguilar. Habillé crème anglaise et noir, le jeune bouillonne d’envie. Curioso affichant 570 sur la romaine, se fait applaudir lors de son entrée malgré un piton gauche abîmé. Le protégé de Meca prend le dessus sur l’animal avec la cape. Le cardeño va trois fois à la cavalerie s’employant sur la première où le cheval fléchit des postérieurs et ne se relève pas, moins sur les deux suivantes.
A la muleta, le torero double l’animal puis essaie d’enchaîner par des derechazos mais le cornu coupe le terrain et désarme l’espada. Le quadripède n’accepte que deux passes pas plus pour chaque série. Les deux estocades sont à revoirs. Petite pétition pour …une vuelta.
Cuidadoso, né en octobre 2005, est le plus âgé du lot. Il reçoit des palmitas à sa sortie. Le jeune maestro l’accueille par une larga afarolada de rodillas mais ne peut ensuite enchaîner avec le capote.
La lidia du tercio de pique et la réalisation des piques sont loin d’être parfaites. Placé toujours au niveau des traits et non éloigné progressivement, l’animal reçoit quatre puyas traseras, carioquées dont une troisième où il ne pousse pas vraiment. La présidence refusant le changement après cette troisième pique, le piquero dépassera les lignes pour venir chercher le toro.
Au dernier tiers, Aguilar fait une bonne entame au milieu de la piste. La deuxième série est un peu plus brouillonne. La suite est honnête, sincère sur les deux bords mais rematée par trop de pechos, deux voire trois à chaque fois !
Le matador cloue deux estocades très laides, la deuxième une entière créant une grosse ouverture latérale. Quelques mouchoirs apparaissent sur les étagères. C’est le moment choisi par les deux péons, los señores Alvarez Pedrote y Lopez Benitez, pour rentrer en scène. Ces derniers mettent leur main devant la bouche se mettent à siffler puis lèvent le bras pour que le public demande l’oreille. L’effet est surprenant et en deux temps trois mouvements, l’arène se blanchit ! La présidence reste de marbre, l’alguazil demande à l’arrastre d’attendre… puis laisse les hommes attacher le toro pour le sortir ! Résultat : vuelta fêtée du maestro qui théâtralement s’en octroie une seconde ! puis bronca à la présidence ! sauvée que par quelques applaudissements mérités.
Bien que méritant, il faudrait reconnaître que donner un pavillon après deux estocades aussi laides à un MATADOR de toro ne peut être acceptable !
José Miguel Pérez Prudencio « Joselillo », bleu turquoise et or, manque d’assurance et de technique dans le métier et d’autant plus face à ce type de bétail.
Son premier opposant, Matajacas est le plus léger du lot, 480kg. Né en novembre 2004, c’est un cinqueño bien avancé dont se méfie au capote le Madrilène.
L’Escolar reçoit 4 piques avec des suertes plus ou moins correctes.
L’astado donne de l’émotion aux palos où on retient une énorme troisième paire de Manuel Sanchez Valverde qui salue.
Le matador est bruyant avec la flanelle et restant très distant, il ne compose rien de bon. Mort de l’animal au troisième essai. Silence.
L’ultime de la course, Callejero n°28 n’affiche pas son poids. Ce negro entrepelado liston capirote de septembre 2005, met au sol le groupe équestre lors de la première rencontre quand ce dernier se retrouve coincé contre les tablas. La deuxième pique est appuyée mais le cornu donne des coups de tête. A la dernière, le toro avance au pas du centre jusqu’au trait puis pousse de nouveau par a-coups. Placido Sandoval lève la pique et reçoit une ovation.
Avec la muleta, José Miguel montre ses limites des deux côtés, s’en prenant par fois à tord au quadupède. Il occit son adversaire sur une estocade engagée où il évide de peu le coup de corne. Silence.
Sortie à hombros du chef de lidia.
Grosse ovation au marmiton.
Le mayoral d'Escolar Gil a salué en piste.
Le prix Bernard Bertagne, du nom d'un célèbre Président de "La Muleta" d'Arles qui a beaucoup oeuvré aux côtés des organisateurs cérétans, a été remis par le Président actuel du club Arlésien, Yannick Jaoul, au picador Placido Sandoval, de la cuadrilla de Joselillo, pour sa lidia au dernier toro.
Le prix de l'ADAC a été remis à Sebastian Garrido, de la cuadrilla d'Alberto Aguilar, pour le tercio de varas au deuxième toro de la course.
A la demande du publc Alain Bonijol est venu saluer en piste et a reçu une forte ovation
2H45 de courses.
Bonne présidence du bordealais Bernard Siset.
Remarque : certaines pointes de cornes semblent plus « tendre » après certains remates aux planches. Est-ce une conséquence des fundas ?