Les bonheurs de Céret de toros 2010
Quel bonheur constant fut ce Céret de Toros 2010 !
Chacun des quatre festejos entretint l'intérêt au plus haut point.
Il y eut l'éclat des novillos de Javier Gallego, la superbe mansada de Coimbra, la beauté farouche des Fidel San Roman avec en point d'orgue ce sixième novillo primé d'une vuelta, probablement le novillo de l'année, l'ardeur des cinqueños d' Escolar Gil...
Enfin des toros différents de l'affadi modèle standard, des acteurs de premiers tiers comme on en rêve...
Quand aux hommes, même si leurs mérites peuvent être nuancés, ils sont tous à respecter pour leur seule présence devant de si dignes adversaires, ils en sortent grandis.
Se sont grandis, en particulier, ces picadors trop souvent considérés ailleurs comme des exécuteurs de basses œuvres et qui ici, à Céret, viennent raviver l'or de leurs costumes. Il convient de citer les José Bernal, Juan José Esquiviel, Antonio Prieto, Carlos Prieto, Placido Sandoval et Sebastian Garrido qui reçurent les ovations d'un public enthousiaste et furent très justement primés. Ceux-là surent piquer dans les terrains qu'il fallait et il est apparu que les arcs de cercles concentriques tracés sur la piste, parce qu'ils donnent un repère d'apparence immuable et de fausses certitudes, étaient plus nuisibles qu'utiles.
Le public n'oublia pas de louer aussi Alain Bonijol, ses chevaux assurèrent une grande partie du triomphe de leurs cavaliers.
Pour le reste, à Céret, le combat est intense et ne connaît pas de temps mort, il commence avec le premier coup de cape et s'achève avec le coup d'épée. Les meilleurs sont ceux qui savent saisir le moment où les toros demandent la mort, ceux qui ont compris que « cadrer » et tuer en temps utile vaut mieux que de prolonger le tercio de matar en tirant d'ennuyeuses circulaires inversées à des taureaux exténués.
Vive les faenas justes et courtes !
Quant aux mal enchaînés du dimanche après midi, ils sont bien pitoyables ! Ils ne connaîtront jamais notre Dieu-Toro et resteront aveugles et sourds à notre éclatant drame solaire. Tant pis pour eux !
Mais, puisqu'ils ont la faiblesse de se considérer comme socialement et politiquement corrects, qu'ils imaginent, peut-être, éveiller en nous des sentiments de remord, nous leur opposons l'exergue du livret de "Céret de toros 2010". Son auteur, guide, prophète et barde des aficionados de l'ADAC, manie la provocation comme une muleta impérieuse et conserve le mérite, devenu bien top rare, de se moquer complètement du politiquement correct.
Pour faire court, nous n'avons rien contre les végétariens tant qu'ils tolèrent la variété des cultures gastronomiques et ne nous interdisent pas de nous régaler de viandes bovines tendres et saignantes, de criadillas délicatement poêlées...
Et que vivent nos grands-messes cérétanes !
Final triomphal de la corrida d'Escolar Gil
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