Samedi 24 juillet, novillada du Conde de Mayalde à Garlin
Novillada du Sr CONDE DE MAYALDE pour Arturo SALDIVAR (rose et or), Mario GUIRAO (rose à parements noirs et or) et Juan DEL ALAMO (blanc et or).
Lot bien présenté, armé correctement, de robes variées, noble et mobile, mais presque tous faibles (le1er a dû être changé pour boîterie) ; du coup, le 4ème, très mobile et le seul à tenir à peu près debout, a failli avoir les honneurs du mouchoir bleu ! Quant à la bravoure, on ne saura pas, puis qu'une présidence complice des novilleros nous a infligé 6 mono-piques. Nonobstant ces menus détails, tous ont été applaudis à l'arrastre.
1er : negro, s'affale dès son entrée, puis après la pique, et est changé pour un beau castaño au chanfrein busqué, bien armé quoique légèrement bizco, qui remate violemment et fait une vuelta de campana. Il se défend sous une pique carioquée, sort seul, puis suit aux banderilles, posées à cornes passées.
Saldivar cite muleta en avant mais reste marginal. Le novillo a une charge plus pesante à gauche, et l'homme se fait dominer, puis carrément mettre en difficulté sur ses tentatives de circulaires.
Après un tiers de lame en avant, il attend avant de loger une demi-lame basse suivie de 4 descabellos. L'animal se relève et sa longue agonie amène l'avis. Légère division pour le novillero, qui n'a jamais vraiment toréé et qui, logiquement, a mal tué.
2e : negro ; réception soignée pour un novillo qui pousse lors d'une pique rectifiée ; le picador (MarcRaynaud) fait ou laisse tourner son cheval, qui s'effondre quand l'animal sort. Poursuite des hommes aux banderilles (dans l'ordre : lamentables, correctes, à peine moins lamentables). Guirao cite de loin et se croise peu à peu devant un animal noble et faiblote, qui s'éteint quand il prend la main gauche. La faena a été appliquée, mais entrecoupée de maints agenouillements.
Un pinchazo et une entière très basse n'empêchent pas l'octroi d'une oreille, disons d'encouragement. (Guirao torée très peu, et les organisateurs garlinois lui ont donné une opportunité de revenir).
3e : castaño colorado, faible lui aussi, bien reçu et mis en suerte par chicuelinas marchées et revolera. Il pousse un peu à la pique, mais tombe en sortant et retombe sur le quite.
Banderilles limitées à deux paires,sans poursuite.
L'entame de faena par aidées amène une nouvelle chute. Del Alamo torée avec temple mais compose un peu trop la figure à mon goût, usant et abusant des ornements au détriment des fondamentaux.
Il conclut par pinchazo profond en s'engageant et entière penchée et en avant. Avis tardif, protesté (!), et oreille sur pétition minoritaire.
4e : negro bragado, beau novillo au galop comme déréglé (un spectateur sans doute mécanicien parle d'un défaut de parallélisme). Saldivar, peut-être sermonné par son entourage, se montre plus décidé sur des véroniques genou ployé. A la pique, carioquée, le novillo malmène sérieusement le cheval ; il suit les hommes lors d'un 2ème tiers bien moyen.
Lui au moins tient debout et, encore plus que ses congénères, fait preuve d'une noblesse sans faille et restera très mobile jusqu'à la fin. Saldivar débute sa faena par trois passes cambiadas au centre, mais se montre ensuite un peu trop pécipité et marginal face à cet adversaire qui permettait autre chose.
Final laborieux : deux pinchazos, quart de lame bas, entière en place et 4 descabellos. Silence.
La pétition (légère) de vuelta au toro est heureusement sans effet.
5e : castaño, remate aux planches, fend la cape de Guirao et sort seul d'une pique appuyée.
Il se montre tout sauf innocent aux banderilles, attendant les hommes puis suivant en accélérant après la pose.
Une vuelta de campana en début de faena est suivie de plusieurs agenouillements ; Guirao fait touner le novillo autour de lui et, à l'occasion, tourne avec lui, ce qu'apprécie une bonne partie du public. L'animal pardonne gentiment deux hésitations de l'homme, puis le ramène, toujours aussi gentiment, au toril.
Une longue attente après pinchazo et entière verticale et en avant, mais portée avec décision, qui rend le descabello impossible.
Avis et vuelta tiède car exagérée.
6e : negro armé playero et astifino, secoue sous une pique rectifiée et serre sur le quite. L'animal n'est guère solide lui non plus, les boulets donnant la curieuse de partir dans tous les sens …
Arrêt du 2ème tiers avec trois banderilles posées.
La faena est froide et tellement marginale que le novillo, tout en ployant de l'avant-train, met Del Alamo en difficulté : muleta accrochée à gauche, obligation récurrente de se replacer, circulaires mal venues et heurtées, … L'animal était paraît-il "compliqué" : c'était une raison de plus pour le toréer lui, plutôt que le public.
Mise à mort longue par 1/5ème de lame, pinchazo très bas, quasi-entière en avant et descabello.
Le 3ème tiers aura duré 13 minutes, sans avis. Silence.
Présidence : Christian Hayet.
Quand on dit que la corrida coûte cher (pour le spectateur), c'est vrai ; mais si l'on divise le prix du billet par le nombre de génuflexions, cela devient beaucoup moins vrai. Je sais que, au milieu d'un public globalement ravi, j'ai surpris plusieurs amis et relations en disant que l'éleveur avait de sérieux problèmes de faiblesse à régler. J'ai entendu des choses surprenantes, du style "Ah mais si vous regardez aussi cela [la faiblesse]" !!!
Question pour moi fondamentale (et réponse non négociable !) : un "toro de combat" qui ne tient pas debout mérite-t-il son nom ?
N.D.L.R. :
L'auteur de cet excellente chronique est un aficionado objectif mais scrupuleux. Il s'est interrogé pour savoir s'il avait été le seul à trouver les novillos du Conde bien faibles et il nous a invité à trouver une autre reseña émanant d'un autre aficionado fédéré. Nous n'en disposons pas. Pourtant nous l'invitons à lire en cliquant ici la petit chronique qu'André Viard a consacré à cette novillada. Il sera heureux de constater qu'à le lire attentivement , même si c'est en termes beaucoup plus diplomatiques, André Viard dit à peu près la même chose : novillos "flojitos", et remarque à propos de Juan del Alamo : " toreo accessoire après avoir écourté l'essentiel ".